Hommage à Lonnie Smith

Le label Blue Note vient d'annoncer la disparition de Dr. Lonnie Smith qui s'est éteint à l'âge de 79 ans. Il était considéré comme un véritable gourou de l’orgue Hammond B-3 et a figuré sur plus de 70 albums (plus de 30 albums en tant que leader et 40 en sideman). Hommage à une légende du jazz.

Hommage à Lonnie Smith
Dr. Lonnie Smith au Festival International de Jazz de Montreal le 7 juillet 2018 à Montreal, © Getty / Roberta Parkin

Lonnie était un génie musical qui possédait un groove profond et funky et un esprit ironique et enjoué. C'était un gars magnifique et nous tous, chez Blue Note Records, l'aimions beaucoup. " (Don Was, Président de Blue Note).

Smith est né à Lackawanna, N.Y., une banlieue de Buffalo, le 3 juillet 1942. Sa mère lui fait découvrir le gospel, le blues, le jazz et les premiers rythmes et blues. 

La rencontre avec l'orgue

Après un bref passage dans l'armée de l'air, Smith rentre chez lui à Buffalo au début des années 1960. C'est alors qu'il commence à écouter attentivement l'organiste vedette de Blue Note, Jimmy Smith. L'envie de devenir musicien se fait plus forte, mais il n'a pas encore choisi d'instrument. À peu près à la même époque, il commence à fréquenter un magasin de musique appartenant à l'accordéoniste local Art Kubera, qui aura un effet catalyseur sur la carrière de Smith. C’est sa rencontre avec le vendeur d’instruments Art Kubera à la fin des années 1950 qui va déclencher sa passion pour l'orgue

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C’est ainsi que commence la carrière de Lonnie Smith. Il a enfin trouvé sa voix et son instrument qu’il considérait comme un extension de son être.

Les premiers pas

Après qu'un voisin lui ait appris à mettre l'orgue en marche et à se servir de ses jeux et tirettes, Smith a commencé à jouer et sa progression sur l'instrument a été étonnamment rapide. À peine un an plus tard, il commence à jouer dans des house bands dans le Midwest, à New York et à Buffalo, au sein d'un groupe de doo wop connu sous le nom de The Supremes. 

La plupart des groupes dans lesquels Smith se produit sont des groupes d'accompagnement pour des chanteurs de soul et des instrumentistes en tournée. 

Les débuts

En 1964, Smith fait irruption sur la scène internationale du jazz lorsque le jeune guitariste de l'organiste Jack McDuff, George Benson, démissionne de son poste et forme son propre groupe. Benson confie à Smith la place d'organiste dans son nouveau quartet. 

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Après leurs résidences au Palm Cafe de Harlem et au Minton's Playhouse la même année, Benson et Smith sont tous deux signés par ColumbiaRecords et enregistrent des albums en tant que leaders. Ils établissent un nouveau style qui allie le bebop foudroyant au nouveau rhythm and blues. La musique est dansante, mais elle contient le langage de la tradition du jazz.

Les années bleues

Après avoir enregistré son premier album "Finger Lickin' Good"  pour Columbia, le saxophoniste Lou Donaldson engage Smith et Benson pour l'album "Alligator Boogaloo", sorti en 1967 sur le label Blue Note, le résultat est un succès surprise dans les juke-boxes, dont la chanson-titre entre dans le Billboard Hot 100. 

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Une carrière en leader

Ce succès a permis à Smith d'être signé par Blue Note en tant que leader de groupe en 1968. En deux ans, l'organiste a enregistré cinq albums pour le label. Il a été élu "Top Jazz Organist" par Downbeat et ses albums "Turning Point" , "Move Your Hand" ,"Drives" et "Live At Club Mozambique" sont tous considérés comme des classiques du soul jazz.

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Les adieux à Blue Note

Smith quitte Blue Note records en 1971 et enregistre des albums pour les producteurs Creed Taylor et Sonny Lester de façon intermittente au cours des années 1970. Il commence à s'effacer des projecteurs à mesure que le son de la musique populaire change et que la musique à base d'orgue Hammond perd de sa popularité. 

À cette époque, il commence à porter ses turbans caractéristiques. Bien qu'il ne soit pas explicitement religieux, il les porte comme un symbole de spiritualité universelle, d'amour et de respect. Smith adopte également le surnom de "Dr.", non pas en tant qu'indication d'une formation formelle, mais pour souligner sa capacité à être un praticien unique de la musique. (Cela a également permis de créer une distinction entre lui et son collègue claviériste Lonnie Liston Smith).

Il a travaillé brièvement avec Marvin Gaye, a renoué avec George Benson et, au milieu des années 1980, il a ravivé sa marque unique de swing sur l'orgue Hammond avec les guitaristes Richie Hart, Jimmy Ponder et Melvin Sparks, la chanteuse Etta James et le batteur Alvin Queen.

L'émergence de l'acid-jazz

Dans les années 1990, le mouvement acid jazz basé sur le groove a éclaté à Londres, en Angleterre, et aux États-Unis, le hip-hop a rajeuni le jazz rythmé de la fin des années 1960 et du début des années 1970 par le biais de l'échantillonnage. En conséquence, Smith est à nouveau très demandé en tant qu'artiste invité et en tant que leader. Au début des années 2000, il a sorti une série de quatre albums salués par la critique pour Palmetto Records, dans lesquels il était associé aux guitaristes Peter Bernstein et Jonathan Kriesberg et aux batteurs Gregory Hutchinson, Allison Miller, Herlin Riley et Jamire Williams.

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Retrouvailles avec Blue Note

En 2021, de retour chez Blue Note, Lonnie Smith sortait "Breathe" un album qui se termine par deux collaborations captivantes en studio avec l'icône du rock Iggy Pop. Parmi ces 2 titres, la reprise de "Why Can't We Live Together" chanson écrite en 1972 par Timmy Thomas. 

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Un style unique

Sur le plan musical, Smith a façonné un style unique qui associe des lignes de basse au groove implacable à des mélodies et des harmonies émouvantes. En tant que leader de groupe et interprète, il avait un jeu fougueux et spirituel qui lui a permis d'attirer des fans dans le monde entier.

I let my body play what’s in my heart. I play life instead of notes. I play what I lived. (Dr Lonnie Smith)

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Une personnalité attachante

En dehors de la scène, Smith était affable et attachant, avec grand un sens de l'humour. Lors des concerts, toujours affublé de sa longue barbe grise et de son turban sur la tête (signes distinctifs des Sikh), l'organiste entrait sur scène avec l'une de ses cannes et ne perdait pas de temps. Presque immédiatement, les quatre membres du quartet Smith se mettaient à danser, presque par magie, au son de l'orgue Hammond
(extrait de l'article de Greg Bryant, pour le site NPR Music, Traduction M.Portier)

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