Hommage à Bobby Few

Disparition du pianiste américain Bobby Few, mercredi 6 janvier, à l'âge de 85 ans.

Hommage à Bobby Few
Bobby Few, © Christian Ducasse

Ami d’enfance d’Albert Ayler, issu d’une famille de musiciens, Bobby Few étudie le piano et l’orgue dès l’âge de sept ans, et donne cinq ans plus tard son premier récital classique. Après des études d’harmonie et de composition au Cleveland Institute of Music, il étudie le vibraphone et joue dans des orchestres de danse avec son cousin, le contrebassiste Bob Cunningham. 

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Engagé par Hiawatha Edmondson, puis par Dick Shelton, il retrouve Ayler qui l’incite à venir à New York (1958), où il rejoint le Free Jazz Workshop de Bill Dixon, et se produit avec Frank Wright (qu'il a connu en 1956 à Cleveland) et Booker Ervin. Il constitue un trio éphémère avec Wilbur Ware et Leroy Williams (batterie), travaille comme pianiste et directeur musical pour le chanteur Brook Benton (1968), puis accompagne Frank Foster et Roland Kirk. En 1969, après avoir enregistré avec Ayler, il s’installe en Europe, constituant avec Wright,  Noah Howard et Muhammad Ali, le groupe Center of the World (également compagnie de production et d’édition). Fixé à Levallois-Perret, il se consacre à l’enseignement et, après avoir collaboré au Celestrial Communication Orchestra d’Alan Silva participe aux groupes de Steve Lacy (1980-94). Dans les années 2000, il poursuit en Europe une activité exemplairement ouverte.

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Pianiste virtuose, Bobby Few aime à faire sonner l’instrument d’arpèges torrentiels, soulignés par la pédale forte. Fin connaisseur des ressources du piano jazz, d’Art Tatum à Cecil Taylor en passant par Thelonious Monk, et de l’harmonie, il construit son discours sur des modulations inattendues. Parfois chanteur, il s’exprime, d’une voix un peu frêle de ténor léger, dans une veine intimiste ?
[In Le Nouveau Dictionnaire du Jazz - Xavier Prévost]

https://next.liberation.fr/musique/2021/01/07/mort-de-bobby-few-pianiste-sans-chapelle_1810581