Hendrika Entzian - Marble

En décembre 2018, l’orchestre de la contrebassiste Hendrika Entzian, composé de 17 musiciens, s'est réuni au Loft-Studio de Cologne pour enregistrer “Marble”. En sept morceaux d'une durée totale de 54 minutes, Hendrika Entzian présente une définition personnelle du big band contemporain.

Hendrika Entzian - Marble
Hendrika Entzian, © Stefanie Marcus

En 2018, Hendrika Entzian a reçu le prix de jazz de la WDR dans la catégorie composition. Avant cela, la contrebassiste, née en 1984, avait sorti deux albums remarqués (“Turnus” en 2015 et “Pivot” en 2017). Ils ont tous deux été enregistrés avec le quartet qui porte son nom, fondé en 2012, et sont sortis sur le label Traumton. Dans le magazine Jazz Thing, Ralf Dombrowski a souligné les qualités d'Hendrika Entzian en tant que cheffe d'orchestre : "En fait l’orchestre sonne avec un grand sentiment de confiance sans effort. Cela est dû aux compositions qui maintiennent un équilibre entre l'ouverture à l'improvisation et la structure de cadrage". Le magazine musical autrichien Concerto a écrit : "L'élégance des nuances peut rester inaperçue si on se limite à une écoute superficielle. Le CD est chaudement recommandé à ceux qui apprécient une intelligence musicale raffinée, proche de la chanson, concise et condensée, avec un jeu apaisé et magnifique". 

Parallèlement à son travail en quartet, Hendrika Entzian a commencé à intensifier les contacts avec de grandes formations connues. Elle a composé plusieurs œuvres pour le WDR Big Band et le Dutch Metropole Orkest (qui comprend non seulement une section de vent étendue, mais aussi une section de cordes). Stefan Hentz, lauréat du festival de jazz de la WDR en 2018, a écrit dans Jazz Podium : "Avec ses compositions aux multiples facettes, [Entzian] démontre à quel point un énorme potentiel sonore et structurel se cache encore dans le format big band.

La même année, en prévision de ce CD, elle a créé son propre ensemble Hendrika Entzian+. Ses partenaires du quartet, Matt Halpin (saxophone), Simon Seidl (p) et Fabian Arends (dr), sont son épine dorsale et sa force motrice. L'ouverture de huit minutes, Weekdays, montre déjà comment le voyage va prendre forme. La pièce comporte un leitmotiv mélodique et des séquences presque cinématographiques, des ruptures et des insertions surprenantes, des cuivres brillants et acérés, des changements dynamiques et un jeu de tambour agile. Cette polyvalence culmine dans deux solos expressifs de Sebastian Gille (saxophone ténor) et Bastian Stein (trompette). Bien que Weekdays, comme certains autres titres de “Marble”, vienne à l'origine du répertoire du quartet, il sonne naturellement tout à fait différent ici. Le titre de l'album est cependant totalement nouveau, tout comme Stapel et Limona ; ce dernier a été écrit par Hendrika Entzian spécialement pour l'ensemble. 

Hendrika Entzian apprécie que les approches de ses compositions soient complètement différentes, selon la taille du groupe, avec bien sûr la possibilité d'ajouter de nouvelles facettes à des pièces familières. "Les versions en grand format racontent des histoires entièrement différentes. Dans un quartet, tous les participants trouvent intuitivement leur chemin à travers une composition, pour le big band, la structure dramaturgique doit être réfléchie beaucoup plus à l'avance ; par exemple, comment les introductions ou les intermèdes sont arrangés, quels timbres peuvent être créés par la variété des instruments, où se situe le point culminant et qui délivre un solo". 

À première vue, il semble y avoir un monde entre un quartet, souple et spontané, et un big band au son puissant, qui ne change que lentement de direction. Hendrika Entzian a sa méthode : "Il est important que l'ensemble, malgré sa taille et la musique qu'il compose, reste agile et spontané et puisse mettre en valeur ses grands improvisateurs. C'est pourquoi je n'ai pas demandé à un orchestre déjà existant, mais j'ai formé ce groupe à la place. La musique ne prend vie que lorsque les participants y ajoutent leur son personnel". 

"Un thème central de la musique actuelle des big bands est : comment les solos sont-ils intégrés dans un si grand groupe et quel rôle joue l'improvisation", explique Hendrika. Entzian. Outre les solistes précités Sebastian Gille, Bastian Stein et Matthew Halpin, la virtuose australienne du trombone Shannon Barnett (dans Pivot), arrivée à Cologne via New York, et la guitariste hambourgeoise Sandra Hempel (dans 3/4 Rück) ajoutent des accents d'improvisation à son ensemble. Pas de hasard : Shannon Barnett recevra le prix de jazz de la WDR en 2020. 

Le titre de l'album joue avec les deux sens du mot, billes et marbre (Marbles et Marble), rond et ferme, explique Hendrika Entzian. "J'aime les structures fluides que l'on trouve dans le marbre et les changements de perspective qu'elles permettent."
(extait du communiqué de presse en anglais - traduction E. Lacaze / A. Dutilh)

Hendrika Entzian (composition, arrangements, direction)
Julian Bossert (saxophone alto, flûte)
Theresia Philipp (saxophone alto, clarinette)
Matthew Halpin (saxophone ténor, soprano)
Sebastian Gille (saxophone ténor, clarinette)
Heiko Bidmon (saxophone baryton, clarinette basse)
Andy Haderer, Felix Meyer, Bastian Stein, Heidi Bayer (trompette, bugle)
Klaus Heidenreich, Shannon Barnett, Janning Trumann (trombone)
Jan Schreiner (trombone basse)
Simon Seidl (piano, Fender Rhodes)
Sandra Hempel (guitare)
Matthias Akeo Nowak (basse)
Fabian Arends (batterie)