GoGo Penguin - GoGo Penguin

Pour son troisième album sur Blue Note, “GoGo Penguin”, le trio de Manchester, conscient de l’enjeu à ce stade de sa carrière, a pris le temps d’expérimenter et de composer avant d’entrer en studio. Synthèse parfaite d’un son GoGo Penguin qui ne s’est jamais embarrassé des étiquettes.

GoGo Penguin - GoGo Penguin
GoGo Peguin, © Jon Shard / Nicky Rybka

Quand, au mitan de sa carrière, un groupe choisit de nommer un album avec son propre nom, cela signifie généralement que ses membres ont atteint une forme de climax personnel, qu’ils sont arrivés dans un espace musical qu’ils cherchaient depuis leurs débuts sans jamais l’avoir atteint auparavant.

Un tel choix, de la part de GoGo Penguin, à ce moment de leur carrière, est une prise de position forte : le trio de Manchester a su s’attirer les faveurs d’un public renouvelé depuis ses débuts en 2013, moment où la formation s’est cristallisée autour de Chris Illingworth (piano), Rob Turner (batterie) et Nick Blacka (basse). Fusionnant jazz, musique classique et influences électroniques, entre autres, avec un véritable appétit pour l’innovation, le trio s’est vu auréolé de succès grâce, notamment, à sa nomination au Mercury Prize en 2014 suivi de tournées mondiales d’une ampleur que peu de groupes instrumentaux ont connu ces dernières années.

“Souvent, quand vous enregistrez un disque, c’est compliqué de le réécouter et de revenir dessus une fois finalisé”, confesse Chris Illingworth, _“mais avec ce nouvel album, on a été pris d’une véritable excitation à l’idée de l’entendre dans sa forme achevée. Ce que j’ai pu réaliser au piano, c’est quelque chose que je cherchais à atteindre depuis des années, une direction dans laquelle je peux clairement m'investir physiquement, qui me permet d’exprimer qui je suis. Et je sais que c’est la même chose pour Rob et Nick, qu’ils sont tout aussi fiers de ce qu’ils ont apporté au disque. Nous avons tous trouvé notre place, nous avons aujourd’hui pleinement confiance en nous, suffisamment pour affirmer “Voilà comment je veux jouer de mon instrument et voilà comment nous voulons jouer en tant que groupe”, un but que nous avons cherché à atteindre depuis nos débuts”_.

La musique de GoGo Penguin a toujours défié l’étiquetage. Il est aisé d’y trouver des traces de récentes innovations en matière de jazz, notamment celles du Esbjörn Svensson Trio (EST), comme celles du minimalisme de compositeurs emblématiques comme Steve Reich, John Adams, ou même Erik Satie. Ces trentenaires ont toutefois connu l’âge d’or de la musique électronique , de la techno la plus ambitieuse (Aphex Twin, le Innerzone Orchestra de Carl Craig) aux mélodies et aux crescendos captivants de la house européenne, en passant par la drum’n’bass infusée de jazz d’un Roni Size.

Comme je joue de la contrebasse, je pense que j’ai toujours intégré du jazz dans notre musique” raconte Nick Blacka. “Mais d’album en album, j’ai appris petit à petit à accepter que nous ne sommes pas qu’un simple groupe de jazz. Pendant l’écriture de ce nouvel album, je me suis dit que je n’avais plus besoin de me poser ce genre de question, ça a vraiment été libérateur pour nous trois”.

Une majeure partie de l’impact laissé par un groupe comme GoGo Penguin réside dans l’utilisation des technologies numériques en phase de composition avant d’enregistrer le résultat sur des instruments acoustiques, à l’aide d’un nombre limité de pédales à effets et à delays. Comme le précise Rob Turner, “J’ai passé plus de temps sur mon ordinateur que sur ma batterie au final. Le ratio est probablement de 90 / 10”. 

Cet album éponyme est le successeur du très largement salué “A Humdrum Star”, sorti en 2018. Le Washington Post a écrit que l’album était “l’enregistrement le plus hypnotique du groupe” et la NPR - radio publique nationale aux USA - a invité le groupe à jouer trois titres de l’album pour ses fameuses sessions Tiny Desk. En France, Le Parisien a célébré “une subtile alchimie entre héritage et invention, passé et avenir, classicisme et avant-gardisme.

En 2019, le trio a sorti _“_Ocean in a Drop: Music for Film”, un EP qui fait écho à la B.O. live que le groupe a consacré au documentaire culte de Godfrey Reggio Koyaanisqatsi (1982) et qu’il a joué dans plusieurs salles à travers le monde.
(extrait du communiqué de presse)