El Comité : le jazz imparable et instinctif de sept garçons venus de Cuba

Les trentenaires virtuoses défendent l'idée d'une musique cubaine aux influences internationales. France Musique retransmettra ce samedi soir, en intégralité, leur génial concert enregistré au festival Jazz sous les Pommiers.

El Comité : le jazz imparable et instinctif de sept garçons venus de Cuba
Carlos Sarduy, trompettiste au sein d'El Comité, © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Dans les loges de la salle Marcel-Hélie, à Coutances, l'ambiance est celle d'une réunion entre vieux copains. Un peu dissipés, un peu taquins, un peu en retard ("attendez le bassiste pour commencer l'interview, il va arriver !"), les garçons d'El Comité sont enchantés de monter sur la grande scène de Jazz sous les Pommiers. "C’est un festival très prestigieux. Quand on nous a dit qu’on allait jouer ici, je me suis dit ‘wow, Jazz sous les Pommiers’... le public est très réceptif", lâche Carlos Sarduy, le trompettiste, d’autant plus heureux d’être là "qu’on mange très bien sur la côte normande ! Les moules, notamment, sont délicieuses."

Mais El Comité régale surtout les oreilles, avec son jazz fluide, ses polyrythmies et ses mélodies afro-cubaines bouillonnantes. Succès fulgurant que celui des sept Cubains, qui ont formé le groupe il y a quatre ans. "Nous avons participé à un festival, Jazz sur son 31, à Toulouse. Il y avait une nuit cubaine avec différentes formations, des duos, des trios", se souvient Irving Acao, le saxophoniste : "La dernière nuit, il y avait un concert durant lequel nous devions jouer ensemble. Nous nous sommes alors rendus compte que la formule fonctionnait très bien, et nous avons décidé de faire un enregistrement, pour pouvoir concrétiser le projet." Résultat : un premier album , Y Que!? (So What), et ses neuf morceaux à l'efficacité imparable.

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Irving Acao, saxophoniste
Irving Acao, saxophoniste, © Radio France / Louis-Valentin Lopez

"Comme une réunion de famille"

Mais c'est sur scène que l'esprit d'El Comité prend corps. Le piano, le saxophone, la contrebasse, tous les instruments s'expriment avec la même chaleur, jusqu'à former une entité qui nous embarque avec une force irrésistible dans un tourbillon d'énergie brute. Les percussionnistes se lancent dans un dialogue endiablé. Rolando Luna, pianiste, glisse sur le clavier avec une aisance insolente. Pas de leader, les membres y tiennent. Les comparses multiplient les œillades complices et rieuses, les tours de force instrumentaux, avec une dextérité peu commune et un naturel désarmant : "Ce qui est important, c’est qu’El Comité, c’est comme une réunion de famille : nous cherchons la perfection, mais encore davantage une musique organique."

"Je connais Gaston depuis qu’il a 9 ans. Carlos aussi, Rolando… Nous nous connaissons depuis longtemps, même si nous travaillions tous avant sur différents projets. Au final, la source qui nous a tous nourrie est la même : Cuba. C’est pour ça qu’on joue ensemble de façon naturelle, presque instinctive" - Rodney Barreto, batteur

Gaston Joya, bassiste et contrebassiste
Gaston Joya, bassiste et contrebassiste, © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Un jazz multiple, foisonnant, qui refuse de se laisser enfermer dans une case et de céder aux clichés que le grand public associe parfois à la musique cubaine. "Cuba est une île qui a beaucoup d’influence sur le monde, qui concentre beaucoup d'influences. Des artistes viennent de la scène internationale, jouent de la musique classique, arabe, africaine… Tout cela se mélange", explique Irving Acao de sa voix grave et posée.

Racines et "nouveau groove"

El Comité d'accord, mais le comité de quoi, exactement ? "C’est à vous d'interpréter, c'est comme vous voulez ! C’est un comité de musiciens, d’artistes, d’amis, qui ont la même idée musicale", résume le bassiste et contrebassiste Gaston Joya. "El Comité, c'est un moteur avec sept chevaux", renchérit Yaroldy Abreu, percussionniste. Les trentenaires virtuoses défendent l'idée d'une musique cubaine et internationale, en s'inspirant du "nouveau groove cubain", des "grandes figures" dont ils se sentent viscéralement héritiers, "Chucho Valdés, Gabriel Hernandez..." Et l'un des noms les plus emblématiques du jazz contemporain : "Emiliano Salvador".

Yaroldy Abreu, percussionniste
Yaroldy Abreu, percussionniste, © Radio France / Louis-Valentin Lopez
Le batteur, Rodney Barreto
Le batteur, Rodney Barreto, © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Ce soir-là, un membre d'El Comité manque à l'appel : Harold López-Nussa, claviériste. Mais un invité s'ajoute, le temps d'un concert, à la famille : le tromboniste Fidel Fourneyron, nommé artiste résident à Jazz sous les Pommiers, rejoindra les musiciens sur scène à la fin de la représentation. "Fidel avait aussi un projet, qui s'intitulait Que Vola, au sein duquel il jouait de la musique afro-cubaine. On n’a pas trop eu le temps de s’entraîner ensemble avec lui, mais nous sommes tous des professionnels, ça va bien se passer !", augure Irving Acao. Et, presque sans se concerter, les enfants de Cuba se lancent dans une improvisation débridée, qui ferait presque trembler les murs de leur petite loge. C'est sûr : le public de Jazz sous les Pommiers ne pouvait rêver meilleur Comité d'accueil. 

  • El Comité et Fidel Fourneyron, à écouter ce soir à partir de 19h sur France Musique
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Fidel Fourneyron, nouvel artiste résident à Jazz sous les Pommiers, rejoint El Comité sur scène
Fidel Fourneyron, nouvel artiste résident à Jazz sous les Pommiers, rejoint El Comité sur scène, © Radio France / Louis-Valentin Lopez