Disparition de Tomasz Stanko, trompettiste du jazz mélodique et mélancolique

« L’esprit de la mélancolie polonaise est dans mon sang ». Tomasz Stanko, trompettiste et compositeur polonais qui incarnait la modernité dans le jazz, est mort ce dimanche 29 juillet 2018 à l’âge de 76 ans à Varsovie.

Disparition de Tomasz Stanko, trompettiste du jazz mélodique et mélancolique
Tomasz Stanko, © Getty / Andrew Lepley

Il était l'une des figures les plus emblématiques de la scène jazz polonaise :  le trompettiste Tomasz Stanko incarnait l'avant-garde pour toute une génération de musiciens.  Avec une discographie de presque 40 albums, quasiment tous produits par le label ECM, Stanko a été parmi les musiciens qui ont forgé l'identité sonore de l'Edition of Contemporary Music. Il s'est éteint ce dimanche 28 juillet à 76 ans, à Varsovie. 

Tomasz Stanko a fait ses débuts au côté du pianiste et compositeur Krzysztof Komeda et s’est rapidement hissé parmi les meilleurs trompettistes du XXe siècle. Pourtant, c'est par le piano et le violon qu'il s'est initié à la musique, et ce n'est qu'à l'écoute des enregistrements de Miles Davis, de John Coltrane et de Chet Baker, les premiers à franchir le Rideau de fer, que le musicien choisit sa voie : il sera trompettiste. 

Tomasz Stanko, voix de la mélancolie polonaise
Tomasz Stanko, voix de la mélancolie polonaise, © Getty / Stuart Nicholson

Plus tard il est influencé par l'esprit libre et créatif des musiciens comme Don Cherry et notamment Ornette Coleman, qui l'inspirent dans la perpétuelle quête à l'innovation dans le jazz.  « Tout m'inspire » disait ce musicien dont la musique se nourrissait sans cesse de nouvelles influences.

Il a été complice des plus grands : Jack DeJohnette, Dave Holland, Lester Bowie, David Murray, Gary Peacock, Jan Garbarek, et Cecil Taylor lui ont donné la réplique.    

« C’était un musicien qui avait un son particulier, mais aussi un être profondément spirituel », a déclaré le trompettiste Dave Douglas au micro d’Alex Dutilh. « Aujourd'hui il n'est plus là, mais je continuerai à porter sa musique en moi. »