Décès du saxophoniste de jazz Phil Woods

Le saxophoniste américain Phil Woods, surnommé dans le milieu du jazz «The New Bird » s’est éteint mardi 29 septembre à l’âge de 83 ans. Il s’était produit pour la dernière fois en septembre à Pittsburg.

Décès du saxophoniste de jazz Phil Woods
Le jazzman Phil Woods, Brecon Jazz Festival, 2000 © Heritage Images/Corbis

Alors qu’il se produisait 3 semaines plus tôt à Pittsburg (Californie), le saxophoniste de jazz américain, Phil Woods est décédé mardi 29 septembre à Stroudsburg (Pennsylvanie) des suites d’une maladie pulmonaire, a confirmé son agent Joel Chriss

Le 4 septembre dernier le jazzman avait livré sa dernière performance en public au côté de l’Orchestre symphonique de Pittsburg. Une prestation hommage à l’album « Charlie Parker With Strings » (Charlie Parker avec un orchestre de cordes ) marquant officiellement la fin d’une illustre carrière de 70 ans, source d’inspiration pour d’innombrables musiciens.

{% embed youtube rH_svH2LCwY %} Né le 2 novembre 1931 à Springfield (Massachusetts), c’est après avoir hérité d’un saxophone à 12 ans, que Phil Woods débute des leçons de musique. Durant ses années de lycéen, c’est en prenant le bus pour se rendre à New-York qu’il découvre les clubs de jazz et commence à étudier la musique au côté du pianiste et compositeur de jazz Lennie Tristano. Une formation qu’il complète durant quatre annnées à la Juilliard School of Music de New York

Engagé dans un premier temps comme saxophoniste ténor en 1954 dans l’orchestre de Charlie Barnet, progressivement Phil Woods se produit avec les plus grands et côtoie Dizzy Gillespie et Quincy Jones avec lesquels il se produit en tournée de 1959 à 1961

Frustré par le paysage musical dominé par les jingles commerciaux, et sentant des débouchés en France, Phil Woods se rend dans l’hexagone au début des années 1970 où il rencontre le succès rapidement lors de tournées avec son groupe European Rhythm Machine.

Cinq années plus tard, il retourne aux Etats-Unis et s’accomplit comme artiste solo. A partir de 1974, il dirige un groupe avec le bassiste Steve Gilmore et le batteur Bill Goodwin et devient un mentor pour de jeunes musiciens, comme le saxophoniste alto Grace Kelly avec lequel il donne naissance à l’album « The Man With the Hat » (L’homme au chapeau) en 2011.

Connu des cinéphiles, pour sa participation aux bandes originales de Douze hommes en colère (1957), L’Arnaqueur (1961) et Blow Up (1967), le saxophoniste s’est également distingué pour son solo dans Just the way you are de Billy Joel, ou Still crazy after all these years de Paul Simon.

Quatre fois lauréat des Grammy Awards, et récompensé de la prestigieuse distinction de Jazz Master remise par le National Endowment for the Arts en 2007, ce dernier avait déclaré lors de la cérémonie d’hommage qui lui était consacrée :

« Le jazz ne périra jamais. Ce sera toujours de la musique, et j’aime à penser que ma musique en fait partie – peut-être pas pour toujours – mais qu’elle peut en influencer d’autres »

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