Décès de Dr. John, légende du blues de la Nouvelle-Orléans

Malcolm John McRebennack, "Dr. John", est décédé à l'âge de 77 ans des suites d'une crise cardiaque.

Décès de Dr. John, légende du blues de la Nouvelle-Orléans
L'anniversaire de Dr John en 2017, © Getty / Erika Goldring

Vers le lever du jour, le 6 juin 2019, une icône légendaire de la musique, Malcolm John Rebennack, Jr., connu professionnellement sous le nom de Dr. John, a succombé à une crise cardiaque. Membre du Rock'n'Roll Hall of Fame, 6 fois primé aux Grammy Awards, parolier, compositeur, producteur et interprète, il a créé un mélange unique de musique au sein de sa ville natale, la Nouvelle-Orléans, ville qui a toujours été chère à son coeur. Sa famille remercie tous ceux qui ont partagé son voyage musical unique, et demande de respecter une certaine intimité.        
(compte Twitter de Dr. John)

Dr. John, qui a fait vibrer les scènes américaines et les festivals de jazz internationaux aux ondes vaudou de La Nouvelle-Orléans, est mort jeudi 6 juin, a annoncé sa famille.

Le pianiste de blues légendaire a succombé à une crise cardiaque à l'âge de 77 ans, selon une notice publiée sur son compte Twitter.

Malcolm John McRebennack pour l'état civil, Dr. John a exprimé son talent dans de multiples genres musicaux, du blues à la pop, du jazz au boogie woogie en passant par le rock-and-roll. Personnage picaresque à la voix rauque très typique, ce pianiste remarquable a ouvert la musique de la ville-phare de la Louisiane au rock psychédélique dans les sixties, puis au funk dans les seventies. Avec son funk-rock vaudou, il s'est imposé parmi les musiciens majeurs de la Nouvelle-Orléans, sur les pas d'autres maîtres du clavier comme Fats Domino. Récompensé par plusieurs Grammy Awards, ce musicien qui mélangeait l'anglais au patois créole s'est produit dans les plus grands festivals de jazz internationaux. 

Sa vie a aussi été marquée par la dépendance aux stupéfiants, qui lui a valu de connaître un temps la prison.

Un coup de feu qui a changé sa vie

Malgré son renvoi de la chorale paroissiale, il a persévéré dans la musique, jouant dans des clubs locaux et travaillant dans un studio pendant son adolescence. Il a dû renoncer à son premier amour, la guitare, après avoir reçu une balle en défendant un collègue musicien en 1960. 

« Ronnie était un gamin et sa mère m'avait demandé de le protéger » témoigne-t-il sur Smithsonian.com. « Je ne pouvais penser qu'à ça. J'ai essayé de stopper le gars. J'avais ma main sur le canon du pistolet et il a tiré ».

Il est devenu plus tard membre du fameux "Wrecking Crew", un orchestre de Los Angeles constitué de musiciens de bands qui se réunissaient pour jouer les tubes d'Aretha Franklin, Van Morrison, Cher, Frank Zappa, etc.

Son personnage de Dr. John a été créé vers la fin des années 60, inspiré par un prêtre vaudou. Rebennack voulait au départ que ça soit un autre chanteur qui endosse le rôle, mais celui-ci a renoncé au dernier moment. « Je n'aurais jamais pensé être appelé à faire un deuxième album. Je n'avais jamais voulu être un leader. Tout à coup, ça m'a plu, et ça n'était pas si désagréable ».

C'est son album "Gris-Gris" en 1968 qui lui a valu une reconnaissance planétaire, grâce au mélange de jazz Nouvelle-Orléans, de blues et de psychédélique. Son hit "Right Time, Wrong Place" a été dans le Top 10 US de 1973. 

Ses concerts étaient connus pour être carnavalesques, plein de couleurs, de costumes, de plumes et de paillettes. 

Son album "Locked Down" lui a valu son dernier Grammy en 2013 dans la catégorie blues.

Sources : BBC et AFP