Cinq des meilleurs clubs de jazz de France

Né aux Etats-Unis, le jazz foisonne depuis près d’un siècle dans l’Hexagone. Parmi ses nombreux temples que l’on peut croiser à travers la France, voici 5 des meilleurs clubs pour découvrir et déguster le jazz sous toutes ses formes.

Cinq des meilleurs clubs de jazz de France
5 des meilleurs clubs de jazz de France, © Getty / caracterdesign

Il existe dans chaque coin de l’Hexagone un endroit où l’on peut écouter du jazz. Pays d’adoption pour de nombreux musiciens américains, la France entretient une profonde histoire d’amour avec ce genre depuis près d’un siècle, un amour qui est loin de s’essouffler. Montons à bord du « A train » de Duke Ellington et traversons l’Hexagone à la découverte de cinq temples français où le cœur du jazz bat toujours.

Le Pannonica (Nantes)

Sans surprise, ceux qui cherchent du jazz en France sont d’abord attirés par Paris et ses nombreux clubs de jazz prestigieux. Mais il ne faut pas oublier la ville de Nantes, où le lieutenant noir américain James Reese Europe et l’orchestre de jazz de son unité, les « Harlem Hellfighters », donnèrent le 12 février 1918 l’un des premiers concerts de jazz (alors nommé « ragtime ») en France.

Plus d’un siècle plus tard, la ville maintient sa relation étroite avec le jazz, grâce à ses divers clubs et notamment Le Pannonica qui attire nombre d'invités prestigieux, non seulement de l’Hexagone mais également d’Europe, d’Amérique et du Moyen-Orient. Depuis son ouverture en 1994 , Le Pannonica diffuse le jazz par ses nombreux concerts, mais également par l’accompagnement des artistes et l’engagement associatif.

Lieu de diffusion mais aussi de soutien et de conseil, ce n’est pas par hasard que le club nantais porte le nom de « Pannonica », en référence à la baronne Pannonica de Koenigswarter, née Rothschild, grande mélomane et mécène de nombreux jazzmen incontournables. Accueillant régulièrement de jeunes groupes issus du Conservatoire de Nantes, c’est au Pannonica que vous risquez de croiser les talents de demain.

New Morning (Paris)

Quand on cherche du jazz à Paris, il est difficile de savoir où donner de la tête, entre le Caveau de la Huchette, le Duc des Lombards, le Baiser Sâlé et le Sunset/Sunside dans la rue des Lombards, sans oublier le Bal Blomet. Mais c’est rue des Petites Ecuries, dans le 10e arrondissement, qu’un club en particulier semble se démarquer : le New Morning.

Le New Morning ouvre en 1977 à Genève, avant de fermer ses portes en 1980. Il renaît à Paris, sous la direction de Eglal Farhi, ancienne journaliste et enseignante franco-egyptienne.  

Ses portes ouvrent le 16 avril 1981.  Ce n’est autre qu’Art Blakey et ses Jazz Messengers qui assurent le concert d’inauguration : le ton est immédiatement donné. Suivront les plus grands noms du jazz, tels que Chet Baker, Archie Shepp, Didier Lockwood, Nina Simone, Freddie Hubbard, Dizzy Gillespie, Gil Evans, McCoy Tyner, Max Roach et même Prince.

A une époque où le jazz est plus ou moins relégué aux dernières pages de la presse musicale, loin de l'attention du grand public, le New Morning réussit à donner un nouveau souffle à cette musique. 

Jazz-Club (Dunkerque)

Élu par les musiciens «  1er club de jazz en France » dans le guide des clubs de jazz publié par Jazzman en 2001, il semblerait presque superflu de vanter les qualités du Jazz-Club de Dunkerque.

Il fait à l’origine partie des activités de la Maison des Jeunes et de la Culture de la région, mais le Jazz-Club est convoité dès son ouverture en 1983 par les artistes de jazz non seulement français mais aussi européens. Véritable « laboratoire » pour les musiciens, selon son président et journaliste Pascal Anquetil, le Jazz-Club de Dunkerque est un lieu décontracté aussi bien pour son public que pour les artistes invités. 

Au-delà de sa programmation attractive (Henri Texier, Stefano di Battista, Paolo Fresu et Tigran Hamasyan, pour ne citer que quelques exemples), dont les premières parties de concerts sont assurées par les de jeunes musiciens de la région, le Jazz-Club est le seul lieu en France à accueillir ses invités pour trois soirs consécutifs. Politique de programmation instaurée par la fondatrice et directrice de programmation Françoise Devienne, qui permet aux artistes de prendre le temps à travailler et à créer des morceaux, mais aussi à organiser des  masterclass et d’autres actions de sensibilisation et de formation.

Petit Faucheux (Tours)

Entre le « Jazz-Club de Tours » présent depuis 1966 et la série des concerts « Jazz à Tours » depuis 1982, la Touraine était déjà une terre bien fertile de diffusion du jazz. Mais c’est avec l’arrivée du Petit Faucheux que la région fut définitivement inscrite dans l’histoire hexagonale du jazz.

D’abord un café-théâtre bien enraciné dans la vie culturelle de Tours depuis 1983, le Petit Faucheux devient à partir de 1986 un club strictement dédié au jazz, sous les encouragements de Bernard Aimé, journaliste tourangeau passionné de ce genre. Le directeur à l’époque, Michel Audureau, s'y connaît peu, mais il tient à créer un espace de débats et de rencontres, afin de jouer un rôle politique de liaison. Le jazz, musique de rencontres et d’émotions dotée d'une riche histoire, sera le medium parfait.

Bernard Lubat, Marc Perrone, Michel Petrucciani, Mal Waldron : le lieu s’impose rapidement par sa programmation de qualité et le Petit Faucheux devient le premier club de jazz nommé Scène de Musiques Actuelles (SMAC) par l’Etat, label prestigieux accordé aujourd’hui à seulement six clubs de jazz en France.

Loin de vouloir se contenter de sa réputation plus que respectable, le Petit Faucheux vise toujours plus haut : établir des liens avec les Etats-Unis, lancer une production discographique avec son propre fond d’enregistrements, et se rapprocher de la communauté régionale à travers les écoles, les prisons et les quartiers populaires.

La Gare (Paris)

Après ce (petit) tour de France aux nuances « jazzy », nous voici de retour à Paris. Le hasard faisant bien les choses, notre « A train » s’arrête à La Gare, le cadet parmi les nombreux clubs de jazz légendaires qui font vibrer la capitale française.

Dans l’ancienne gare SNCF du pont de Flandre, ligne de chemin de fer du XIXe siècle fermée en 1934 comme le reste de la Petite Ceinture, La Gare est devenu l’un des endroits prometteurs pour découvrir et déguster le jazz dans toutes ses formes. 

C'est un lieu atypique aux airs décontractés, dont la page Facebook officielle annonce « des concerts gratuits de jazz pas chiant qui donnent la banane tous les soirs ».  Une promesse largement tenue jusqu’à présent à travers une programmation scintillante aussi diverse qu’il y a d’artistes de jazz. Si La Gare ne figure pas encore dans la liste des clubs légendaires de l’Hexagone, ceci ne saurait pas tarder.