Sortie CD : Orchestre national d’Île-de-France - direction Enrique Mazzola

Sortie prévue le 24 mai 2019 sous le label NoMadMusic.

Sortie CD : Orchestre national d’Île-de-France - direction Enrique Mazzola
Orchestre national d’Île-de-France - Enrique Mazzola, direction Markus Werba

Même si beaucoup continuent à les opposer, Gustav Mahler et Anton Bruckner ont en commun d'avoir fait naître des mondes symphoniques immenses à partir de pages intimes, comme si l'universel pouvait prendre son origine dans la touchante et l'émouvante simplicité du « moi ». Avant d'écrire ses neuf symphonies, Gustav Mahler a en effet abordé le genre de la mélodie, au piano et avec orchestre. C'est ainsi qu'il écrit les Lieder eines fahrenden Gesellen (Chants d'un compagnon errant) : un recueil de quatre chants composés en 1880, mais seulement créés en 1896 par le chanteur Anton Sistermans (accompagné par l'Orchestre philharmonique de Berlin dirigé par le compositeur). Le premier texte est emprunté au célèbre Des Knaben Wunderhorn (Cor enchanté de l'enfant, 1806-1808) : un recueil constitué par Achim von Arnim et Clemens Brentano qui reprend et adapte des textes allemands de la tradition populaire. Mahler écrit les trois autres textes du recueil, qui s'appuie sur les thèmes chers au romantisme allemand, en particulier l'errance du héros déçu par la vie et la tristesse d'être séparé de sa bien-aimée. C'est aussi dans le recueil Des Knaben Wunderhorn que Gustav Mahler puise pour écrire un autre cycle de douze lieder. Ses Lieder des Knaben Wunderhorn pour piano (1892) sont ensuite orchestrés l'année suivante, avant d'être publiés en 1899 sous le titre Humoresken (Humoresques). Mahler remanie son recueil en 1901 et change deux lieder : il retire par exemple Urlicht et intègre Revelge ainsi que Der Tamboursg'sell. Plusieurs de ces lieder seront réutilisés comme des mouvements de symphonie, ce qui montre que Mahler ne séparait jamais l'intime et le vocal du grandiose et du symphonique.

Avant d'écrire ses neuf grandes symphonies, Anton Bruckner était un organiste autrichien réputé. Il s'essaie timidement à l'écriture de l'orchestre en 1862 en composant ses Vier Orchesterstücke : une marche et trois pièces. Ces pièces furent créées par Franz Moißl le 12 octobre 1924. Ce premier essai ne restera pas sans lendemain, puisque Bruckner réutilisera l'un des motifs de la Marche dans sa Symphonie n° 8 (1887). Léger et souple, son orchestre s'inscrit donc dans la longue tradition viennoise qui prenait sa source dans l'orchestre de Mozart et de Schubert, avant d'explorer des ambitions nouvelles qui donneront à l'orchestre l'image d'un reflet de l'univers ; un univers toujours rempli de couleurs contrastées et de changements d'humeurs.

Retrouvez et gagnez ce disque dans l'émission En Pistes ! présentée par Emilie Munera et Rodolphe Bruneau-Boulmier

Dates

le vendredi 24 mai 2019