Sortie CD : Emmanuel Pahud - Solo

Sortie prévue le 4 mai chez Warner Classic.

Sortie CD : Emmanuel Pahud - Solo
Emmanuel Pahud - Solo

Le nouvel album d’Emmanuel Pahud est consacré à des pièces pour flûte seule. Il y met en résonance les douze Fantaisies de Georg Philipp Telemann avec des œuvres contemporaines mais aussi de l’ère moderne de la flûte - l’époque de son renouveau au début du siècle dernier. Les pièces choisies ne cherchent pas à réunir le maximum de « chefs-d’œuvre » mais plutôt à dessiner avec une certaine dialectique un tableau illustrant  la variété d’écriture et d’expression de la flûte d’aujourd’hui : des séquelles romantiques de Karg-Elert jusqu’à la virtuosité la plus explosive de Berio ou Pintscher. Intercaler entre chacune d’elles une Fantaisie de Telemann constitue un fil conducteur homogène permettant à l’auditeur d’apprécier les distances entre les univers musicaux autant que les liens conscients ou inconscients entre eux. Un peu à l’image d’harmoniques s’élevant sur une note originelle...

« La manière dont j’ai organisé les pièces de cet album permet de saisir comment certaines  se font écho à travers le temps tandis que d’autres se répondent simplement  l’une l’autre. Alterner la musique ancienne et la musique nouvelle permettait de les mettre chacune en valeur. L’auditeur est invité à se plonger dans ce programme afin de mieux le percevoir  » 

La flûte – comme tout instrument – plaît particulièrement aux compositeurs lorsqu’une innovation leur offre de nouveaux horizons  techniques et musicaux. Au 18e siècle, le traverso passait pour un instrument  fort et expressif. Il a inspiré des compositeurs comme Telemann, Bach, CPE Bach ou Marin Marais qui, en utilisant les rythmes de danse, ont fait de la musique polyphonique avec un instrument monodique. Le challenge pour le musicien est de contrôler son souffle et de garder un son flexible même à  travers une  grande variété des flûtes.

Les 12 petites pièces de Telemann sont un voyage à travers mes 12 clés musicales, à la manière du Clavier Bien Tempéré, ou les Caprices de Paganini. Telemann lui-même ne jouait pas la flûte et c’est un défi pour les instrumentistes car il n’a pas cherché les effets faciles  avec des notes qui conviennent aux doigts du flûtiste.

Vers la fin du 19e siècle, avec l’invention de la flûte de type Boehm en métal, les compositeurs ont découvert une toute nouvelle variété de possibilités dynamiques et expressives. La plupart des pièces de cet enregistrement explorent de nouvelles voies dans des styles musicaux différents.  Le pouvoir de cette musique  vient souvent  du contraste entre une simple ligne et les complexités les plus raffinées, entre une note à peine perceptible, presque silencieuse et la note forte la plus extrême que l’on peut exécuter sur l’instrument. Le pouvoir d’évocation  d’une musique comme celle-ci est phénoménale  et c’est toujours fascinant à jouer. 

J’essaye de jouer – autant que possible – des récitals de flûte solo pur – mais j’aime aussi inclure ces pièces lors d’un concert avec orchestre, en bis par exemple

Dates

le vendredi 4 mai 2018