Kremer – Dirvanauskaite - Trifonov : Preghiera

Sortie CD le 24 février 2017 chez Deutsche Grammophon. À l’occasion de son soixante-dixième anniversaire, Gidon Kremer sort un disque Deutsche Grammophon où figurent les deux trios de Rachmaninov en compagnie du pianiste Daniil Trifonov et de la violoncelliste Giedrė Dirvanauskaitė.

Kremer – Dirvanauskaite - Trifonov : Preghiera
Kremer – Dirvanauskaite - Trifonov : Preghiera

Le dernier disque de Gidon Kremer, Preghiera (« Prière ») emprunte son titre à la paraphrase pour violon et piano de Fritz Kreisler sur des thèmes du Deuxième Concerto pour piano de Rachmaninov. Elle constitue une préface chargée d’émotion avant les deux Trios élégiaques du compositeur russe, pour piano, violon et violoncelle, le premier, concis, en sol mineur, le deuxième, turbulent, en ré mineur. Gidon Kremer a concocté un programme de chambre particulier, typique de lui, pour fêter ses soixante-dix ans en compagnie du pianiste Daniil Trifonov et de la violoncelliste Giedrė Dirvanauskaitė, deux musiciens qu’il a choisis comme partenaires pour l’occasion : un programme qui suit un concept clair et regorge d’allusions. Les brillants effets ne l’intéressent ni lui ni ses partenaires ; ce qu’ils ne cessent de rechercher, c’est la vérité cachée, le message de l’œuvre.

Dans cette œuvre, dédiée « à la mémoire d’un grand artiste », Rachmaninov laisse libre cours à une émotion débridée. L’immense tristesse dans laquelle l’a plongé la mort de Tchaïkovski se manifeste dès le premier mouvement dans la plainte en crescendo du violon et du violoncelle, qui s’épanchent sur un lamento obstiné du piano. Cette musique est une confession où s’exprime un deuil profond. Pour le deuxième mouvement, Rachmaninov a de toute évidence pris comme modèle le puissant mouvement à variations du Trio avec piano de Tchaïkovski. Chacune des huit variations présente un caractère propre, et évolue dans un univers sonore et expressif particulier. À signaler que Rachmaninov a emprunté le thème à son poème symphonique Le Rocher, que Tchaïkovski aimait particulièrement. Le bref finale met en scène une lutte où le piano, à l’attitude résolue, fait face aux plaintes des cordes, jusqu’à ce que revienne inopinément le début du lamento du premier mouvement. L’œuvre meurt dans les couleurs sombres de l’extrême grave des instruments.

Le Trio en ré mineur est unique par ses dimensions et sa profondeur d’émotion. Très différent, ne serait-ce que par sa forme et sa longueur, s’avère le premier Trio élégiaque en sol mineur. Il se compose d’un seul mouvement d’une dizaine de minutes. Si Rachmaninov l’écrivit avant même d’avoir terminé ses études de composition, la partie de piano exubérante et le ton parfois élégiaque annoncent déjà son style caractéristique de la maturité. L’attrait sonore de cette page de jeunesse ressort clairement dans le jeu raffiné de Gidon Kremer, Giedrė Dirvanauskaitė et Daniil Trifonov, qui se mettent tous les trois entièrement au service de la musique. La virtuosité s’allie à la profondeur, pourrait-on dire. Ou, pour citer Gidon Kremer : « Lorsque le brio joue un rôle bien plus grand que le message de la musique, cela menace de nous étouffer. »

► DATE DE SORTIE :
24 février 2017

► MUSICIENS :
Gidon Kremer - violon
Giedre Dirvanauskaite - violoncelle
Daniil Trifonov - piano

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Dates

le vendredi 24 février 2017

Partenaires :

  • Deutsche Grammophon