Compilation We Out Here - sous la direction de Shabaka Hutchings

Sortie le 9 février, par le label Brownswood Recordings.

Compilation We Out Here - sous la direction de Shabaka Hutchings
Compilation We out here - sortie le 9 février

Largement saluée pour sa créativité et son dynamisme, la très remuante nouvelle scène jazz anglaise prend corps pour la première fois sur une compilation, "We Out Here", qui met en scène les talents les plus prometteurs, sous la direction musicale du saxophoniste Shabaka Hutchings, parrain du projet.

Enregistrée en trois longues et fructueuses journées dans un studio du nord-ouest de Londres, sous la direction du saxophoniste Shabaka Hutchings, "We Out Here" laisse entendre quelques moments d’ouverture musicale rare, où les frontières entre les genres tombent et comptent bien moins que l’énergie et l’impulsion de chacun des musiciens.

Jeter un coup d’œil au tracklisting laisse entrevoir une liste non-exhaustive des projets les plus en vue et des musiciens les plus affairés du moment. Et bien au-delà de ça, le résultat parle de lui-même : il s’agit aussi d’une fenêtre ouverte sur le futur musical d’un underground londonien plus que jamais à l’avant-garde.

"We Out Here" rassemble quelques-unes des idées les plus fortes qui ont bourgeonné ces dernières années au sein de ce “mouvement”; une matérialisation de l’impact réelle de cette musique protéiforme influencée par le jazz, la musique électronique ou le grime anglais, qui ouvre aujourd’hui de nouveaux territoires crossover à défricher et fait la part belle aux coopérations multiples et à l’esprit DIY de chacun des groupes.

Maisha - Inside The Acorn
Ouverture idéale de cette compilation, Maisha (‘vie’), ensemble mené par le batteur Jake Long, révèle un jazz spirituel captivant sur le sinueux Inside The Acorn, hommage clair aux influences majeures du groupe : Alice Coltrane, Pharoah Sanders, Idris Muhammad ainsi que plus généralement les rythmiques d’Afrique de l’Ouest de l’Afrobeat.

Ezra Collective - Pure Shade
Pépite londonienne la plus prometteuse selon Shabaka lui-même, Ezra Collective - dont le batteur et leader Femi Koleoso a joué avec le rappeur culte Pharaohe Monch - lance Pure Shade sur une rythmique d’inspiration Afrobeat; dont la dernière partie, en guise d’élévation ultime, change radicalement pour devenir une pièce mélodique entraînante et captivante.

Moses Boyd - The Balance
Sur The Balance, le batteur Moses Boyd - qui a co-produit le récent nouvel album de Zara McFarlane salué par tous, Arise, et a tourné avec des artistes comme Sampha - dévoile son morceau avec application, pas à pas, ouvrant sur une ambiance très atmosphérique puis déployant une rythmique débridée et une véritable intensité jusqu’au climax final, chargé d’énergie.

Theon Cross - Brockley
Lui aussi membre du quatuor très en vue Sons of Kemet, Theon Cross ouvre son morceau Brockley par le grondement sourd, très caractéristique, de son tuba. Sinueux et magnétique, la pièce voit les lignes de sax et de tuba emprunter des voix rythmiques et mélodiques parallèles.

Nubya Garcia - Once
En contraste avec d’autres morceaux de "We Out Here", Nubya Garcia guide avec maestria son saxophone ténor sur le très tendu Once, canalisant son énergie avant une explosion calculée en guise de conclusion d’un morceau signé par l’une des saxophonistes anglaises les plus prometteuses de sa génération.

Shabaka Hutchings - Black Skin Black Masks
Salué par tous, présent sur bon nombres de projets, le saxophoniste Shabaka Hutchings incarne à lui seul cet état d’esprit à l’ouverture maximale (Ancestors, Sons of Kemet, The Comet Is Coming…). Black Skin, Black Masks, la contribution personnelle de Shabaka Hutchings à cette compilation, est de fait difficile à définir avec précision : une rythmique mouvante, des phrases intrigantes répétées en miroir par la clarinette et la clarinette basse, tout ceci donne une couleur séduisante à ce morceau à la sensibilité hors des frontières musicales classiques, comme sait si bien le faire Shabaka.

Triforce - Walls
Walls du jeune quatuor Triforce s’articule en deux axes : le morceau s’ouvre sur la langoureuse guitare de Mansur Brown et évolue vers un groove presque G-Funk infectieux et langoureux, comme une descente de trip dans un espace cotonneux et ouaté.

Joe Armon-Jones - Go See
Joe Armon-Jones, dont la virtuosité au piano lui a permis de tourner avec le Ghanéen Ata Kak (Awesome Tapes from Africa), combine, sur Go See, un travail sur des motifs hypnotiques et une approche très ludique de l’improvisation qui laisse de la place pour les adlibs et les soli.

Kokoroko - Abusey Junction
Enfin, plus apaisé ici que la plupart des autres formations, Kokoroko (dont le guitariste Oscar Jerome brille déjà en solo) livre un Abusey Junction méditatif et lyrique en guise de finish envoûtant, emportant l’auditeur vers des cimes de quiétude et d’élévation spirituelle, loin, pour ne plus jamais revenir sur terre.

Alex Dutilh consacrera son émission du vendredi 16 février à ce disque !

Dates

le vendredi 9 février 2018