Coffret CD - L'Art français du chant : le chant français dans son quotidien

Sortie coffret CD décembre 2015 chez Forlane : L'Art français du chant en 11 CD

Coffret CD - L'Art français du chant : le chant français dans son quotidien
Coffret CD - L'Art français du chant : le chant français dans son quotidien

D’autres anthologies se présentent comme plus ambitieuses, ou plus ciblées. Elles regroupent les chanteurs qui ont assuré le rayonnement de Massenet et Berlioz, ou simplement de l’Opéra de Paris. Toutes les formules sont possibles.
La nôtre n’a que l’ambition, plus humble, de montrer le chant français dans son quotidien. Musique et voix d’une part de l’autre, chose belle en soi même, un langage d’une subtilité de sonorité(s) qui semble le rendre intouchable.
L’alliage sonore est si délicat, si périlleuse la fusion ! Après une ère de splendeur un déclin s’y est mis, on nous le dit assez, mais c’est vrai de tout art, et les augures le dénonçaient dès bien avant 1914 : assez bonne raison pour que, si mal il y a, nous le relativisions. Mais à nous d’en reconnaître un tout nouveau, la mondialisation. Le monde entier chante en français aujourd’hui, mais certes sans le soin qu’y mettaient Mmes Melba et Eames, nées étrangères, quand Paris était ville lumière et Juliette ou Manon le couronnement d’une carrière. En réciproque, désormais tout chanteur né français doit faire ses preuves dans Britten ou Janacek plus souvent qu’en Massenet et Berlioz.

Fatale confusion des valeurs, et d’abord de tous les critères. Mais un témoignage demeure, palpable, incontestable : le disque. Depuis, disons, 1900, presque tout chanteur de conséquence y a inscrit comme un possible modèle la preuve vivante, individuelle, de son art. Le chant était autrement vivace à l’époque, il semblait monter du terroir même, avec des racines solides. Florissantes jusque dans nos provinces, les maisons et les saisons d’opéra avaient un goût de terroir, avec la franchise des timbres, les résonances riches, toute cette sève à la fois nationale et populaire qui se sublime dans le chant. C’est la grande Calvé qui disait avoir nourri le cristal de son timbre dans ses Causses, dans le silence de ses ancêtres paysans. Chant venu de la mémoire collective, chant monté du sol même ! Hélas. De l’art du chant le plus typiquement français et qui fut le plus pratiqué, plus naturel, plus proche du parlé, toute tradition s’est perdue. Ce chant est poésie, mais santé vocale d’abord, et simplicité surtout. Seul le disque nous le fait entendre encore. La voix s’y tient dans son arbre généalogique, sans chercher à tout prix la prouesse. Notre Opéra Comique a été longtemps l’arbre où nichaient ces oiseaux là. Beauté du timbre, soin des mots, bien dire c’était assez d’interprétation dans un théâtre qui après la Dame Blanche créait Manon, Louise, et même Pelléas !

Car le chant français c’est Gluck et c’est Iphigénie, le cothurne, le frémissement, la hauteur de vues. Mais c’est aussi bien la Basoche et son bien dire ironique et pointu, la verve, le bagou. Quel fil secret les relie l’un à l’autre ? Il n’est guère possible, ni souhaitable sans doute, de le théoriser. Mais écoutons. Beaucoup de noms inconnus, côté interprètes comme côté répertoire. Un survol du territoire un échantillonnage. A l’auditeur de se faire une doctrine, de marier les traits sonores d’un tel à ceux de tel autre. On ne se fera une idée du chant français, ce trésor inconnu, ce chef d’œuvre en péril, qu’en ayant écouté. Sésame, ouvre-toi ! La mémoire du disque, c’est la caverne d’Ali-Baba.

en pistes banniereRetrouvez l'actualité du disque dans l'émission En pistes !
présentée par Emilie Munera et Rodolphe Bruneau-Boulmier
du lundi au vendredi de 9h30 à 12h.

Dates

le mardi 1 décembre 2015