Le quatre-heures américain Du 4 au 25 juillet, le samedi de 16h à 17h par Antoine Baglin

Alors que l'affaire Floyd ravive les tensions raciales aux États-Unis, Le quatre-heures américain vous propose une grande traversée, aux fondements du roman national ! À la recherche de cet American Dream qui nourrit le monde et les conquérants à l’investiture…

Le quatre-heures américain Du 4 au 25 juillet, le samedi de 16h à 17h par Antoine Baglin
Sam Cooke, © Jess Rand Michael Ochs Archives

Cet été sur France Musique, Antoine Baglin prend le large outre-Atlantique pour donner la voix à cette terre venue d’ailleurs… Max Roach, Irving Berlin, Lily Pons, Franz Waxman ou Hugh Masekela, en incarnent le récit, de façon iconique ou singulière. Une arme décisive chez tout exilé soucieux de transmettre histoires et espoirs. Au rythme des soubresauts qui secouèrent le monde, éclectisme musical, ramifications et archives historiques, permettent d’approcher le mythe américain avec un supplément d’intimité.

  • Épisode 1 (4 juillet) : La forme des jours 

En 1963, Sam Cooke compose A Change is Gonna Come. Il vient de se faire interdire l'entrée d'un hôtel de Louisiane, en raison de sa couleur de peau. Il dit que les paroles lui sont venues dans un « rêve »… Pas sûr que ce soit le rêve américain ! En 1620 comme en 2020, ce Strange Fruit ou mauvais rêve, se transcende en musique. Gottschalk, Julius Eastman, Scott Joplin ou Marguerite Duras esquissent cette forme des jours américains.

  • Épisode 2 (11 juillet) : Les quatre coins du coeur 

Après la guerre d’indépendance, les Américains font rêver le vieux monde. Pour toute une légion d’européens rongée par la maladie ou la xénophobie, il s’agit d’un pays de cocagne à conquérir ! Une terre prétendument généreuse où, aux tumultes de la rue et du théâtre yiddish, se mêlent le ragtime jailli des bordels de la Nouvelle-Orléans. Emmenée par Ambroise Thomas, Xavier Cugat ou Meredith Monk, la symphonie des taudis résonne dans toutes les langues. 

  • Épisode 3 (18 juillet) : Des canyons aux étoiles 

Tandis que Duke Ellington fait swinguer le Cotton Club, le musical relaie Paul Robeson à des rôles subalternes. Il milite pour la Harlem Renaissance. De l’autre côté de la vague, les paramilitaires communistes et hitlériens s'affrontent. Le nazisme et ses alliés précipiteront au nouveau monde Stravinsky, Paul Dessau, Kurt Weill ou Fritz Lang. Forts de leurs désespoirs et de leurs rêves, ils ont légué au monde ce film américain. Charles Foster Kane incarne cette constellation de valeurs et d’images. 

  • Épisode 4 (25 juillet) : Retour dans l’œil du cyclone 

Dans la lutte pour l'égalité, une minorité se rassemble et affirme un retentissant « We Insist ! ». Max Roach en signe un manifeste qui résonne aujourd’hui jusqu’au Black Lives Matter et MeToo. Comme si la partition lui appartenait, Aretha Franklin demeure inextricablement liée à ces mouvements. Hormis quelques différences, femmes et noirs ont longtemps partagé, et partagent encore, la commune condition de se voir réduits au statut de propriété. Rosetta Tharpe, Harry Partch, Marian Anderson, Jorge Ben Jor et Marlene Rosenberg portent les lumières des marches pour nos vies.