Vous avez dit classique ? Chiche !
Programmation musicale
Dimanche 21 février 2021
1h 58mn

Bons baisers de Prague

Vous connaissez peut-être le dicton « Tout Tchèque naît avec un violon sous l’oreiller ». Pour les compositeurs : Zelenka, Benda, Stamitz, Dušek, Smetana, Dvořák, Janaček, Martinů… la liste est longue à travers le temps et je vous propose aujourd’hui une promenade entre XIXème et XXème siècles.

Bons baisers de Prague
La Vltava (la Moldau) à Prague, © Getty / Photo by Sylvain GRANDADAM /Gamma-Rapho via Getty Images

Partons à Prague, la ville aux cent clochers, joyau d’Europe où la musique occupe une place exceptionnelle. A partir du milieu du XIXème siècle, elle y « prend la parole » : une parole politique parfois, avec des accents nationalistes – en toile de fond, la danse tchèque, et la mélodie populaire comme trame irrésistible. Mais aussi une parole très intime, où les auteurs livrent leurs états d’âme. Antonin Dvořák a composé ses Danses slaves pour répondre à une commande de l’éditeur allemand Simrock qui n’accepta pas de faire figurer son prénom tchèque sur les partitions, malgré plusieurs demandes. L’affirmation de la langue tchèque est alors considérée comme subversive, la Bohème et la Moravie étant sous domination germanique. La reconquête de la langue maternelle tient lieu d’affirmation politique ainsi que la mise en valeur des coutumes et du patrimoine musical conservés dans les villages. Avant Dvořák, c’est son aîné Bedřich Smetana qui va oeuvrer à la constitution d’une musique nationale, notamment avec son opéra comique, La Fiancée vendue dans les années 1860. Et c’est dans sa musique de chambre qu’il confie ses pensées intimes. En 1874 suite à des troubles nerveux, Smetana est atteint d‘une surdité totale. Il continue pourtant de composer sans relâche. Ainsi naît son Premier Quatuor à cordes, en mi mineur, sous-titré « Z mého jivota » («  De ma vie »). Lors de la création en 1878, Antonín Dvořák tient la partie d’alto. Il écrit cette année-là, un Mazurek pour violon et orchestre dans la même tonalité, dédié à Sarasate.

Parmi les grandes figures de l’histoire nationale tchèque, Wenceslas, (en Tchèque Václav) est un prince du Xème siècle, saint patron de la Bohème. Il est invoqué dans un très ancien hymne qui a inspiré le compositeur Josef Suk, au début de la Première Guerre mondiale. Suk a inscrit en-tête du manuscrit de sa Méditation pour quatuor à cordes, une phrase de l’hymne : « Ne nous laissez pas périr ni notre postérité. »
Autodidacte, Leoš Janáček est quasiment resté inconnu jusqu’à la création à Prague en 1916 de son opéra Jenufa. Il a alors déjà 63 ans ! Comme Smetana, il se livre dans ses deux quatuors à cordes, qui sont en quelque sorte des opéras sans paroles, des drames psychologiques.

Programmation musicale :

Antonín Dvořák,

Danse slave en sol mineur op 46 n°8, B 83 n°8

Orchestre de Chambre d’Europe
direction : Nikolaus Harnoncourt
WARNER CLASSICS 0825646885855

Bedřich Smetana,

La Fiancée vendue :
Ouverture

Orchestre de Cleveland
direction : Christoph von Dohnanyi
DECCA 444 867-2

Bedřich Smetana,

Quatuor à cordes n°1 en mi mineur T 116, « Z mého jivota »(« De ma vie ») :
1er mouvement. Allegro vivo appassionato

Quatuor Alban Berg, quatuor à cordes :
Günter Pichler, Gerhard Schulz, violons
Thomas Kakuska, alto
Valentin Erben, violoncelle
WARNER CLASSICS 0825646090334

Antonín Dvořák,

Mazurek pour violon et orchestre en mi mineur op 49, B 90

Václav Hudeček, violon
Orchestre Philharmonique Tchèque
direction : Jiří Bĕlohlávek
SUPRAPHON SU 3187-2

Erwin Schulhoff,

Duo pour violon et violoncelle (1925) :
2ème mvt. Zingaresca

Valeriy Sokolov, violon
Jens Peter Maintz, violoncelle
NAXOS 8573525

Josef Suk,

Méditation sur l'ancien hymne tchèque « Saint Wenceslas » op 35a

Quatuor Talich, quatuor à cordes :
Peter Messiereur, Jan Kvapil, violons
Jan Talich, alto
Evzen Rattay, violoncelle
ALTO ALC 1079

Bedřich Smetana,

Ma Vlast (Ma Patrie) :
Vltava (La Moldau)

Orchestre Philharmonique Tchèque
direction : Jiří Bĕlohlávek
SUPRAPHON SU 42502/1

Leoš Janáček,

Dans les brumes, 4 Pièces pour piano :
n°1. Andante

Aldo Ciccolini, piano
SOUPIR EDITION SOUPIR S 202

Leoš Janáček,

Sur un sentier broussailleux, 1er cahier :
1. Nos soirées

Aldo Ciccolini, piano
SOUPIR EDITION SOUPIR S 202

Cécile Chaminade,

Chanson slave

Michèle Mastrani, soprano
Michèle Lougarre, piano
YOUTUBE

Antonín Dvořák,

Quatuor avec piano n°2 en mi bémol Majeur op 87, B 162 :
2ème mvt. Lento

Rudolf Firkušný, piano
membres du Quatuor Juilliard :
Robert Mann, violon
Samurel Rhodes, alto
Joel Krosnick, violoncelle
SONY CLASSICAL 1907592281210

Leoš Janáček,

Quatuor à cordes n°1 JW VII:8, « Sonate à Kreutzer » :
1er mvt. Adagio con moto

Quatuor Belcea, quatuor à cordes :
Corina Belcea, Axel Schacher, violons
Krzysztof Chorzelski, alto
Antoine Lederlin, violoncelle
ALPHA CLASSICS ALPHA 454

Josef Suk,

Quatuor avec piano en la mineur op 1 :
1er mvt. Allegro appassionato

Josef Suk Piano Quartet :

Radim Kresta, violon
Eva Krestova, alto
Václav Petr, violoncelle
Václav Macha, piano
SUPRAPHON SU 42272

Cordes sensibles :

Bedřich Smetana,

Z domoviny (De mon pays natal) T 128 :
Pièce en sol min T 128 n°2

Josef Suk, violon
Jan Panenka, piano
SUPRAPHON SU 4075-2/2

Leoš Janáček,

Sonate pour violon et piano en la bémol mineur JW VII/7 :
1er mouvement. Con moto
2ème mvt. Ballada

Josef Suk, violon
Jan Panenka, piano
SUPRAPHON SU 4075-2/2

Antonín Dvořák,

4 Pièces romantiques op 75, B 150 :
Larghetto en sol mineur op 75 n°4, B 150 n°4

Josef Suk, violon
Josef Hala, piano
SUPRAPHON SU 4075-2/1

Josef Suk,

4 Pièces op 17 :
n°4. Burleska. Allegro vivace

Josef Suk, violon
Jan Panenka, piano
SUPRAPHON SU 4075-2/1

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