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Jeudi 18 juin 2015
5 min

Florent et la poésie

Cette semaine, Léa Minod a rencontré Florent. Son violon d'Ingres : la poésie.

A Paris, rue de Bourgogne, il y a une drôle d'échoppe. A côté d'une lourde porte en bois s'affiche le menu : salade, poulet à la basquaise ou limande. Ce qu'il ne dit pas : "poésie pour le dessert". Car c'est ici, dans ce lieu un peu caché de la capitale que se rejoignent régulièrement les amoureux de la poésie.

Fondé en 1961 par le poète Jean-Pierre Rosnay qui voulait "rendre la poésie contagieuse et inévitable", le Club des poètes aujourd'hui tenu par le fils Blaise Rosnay a gardé un parfum d'antan.

Quelques livres de poésie traînent sur un piano à l'entrée, une guitare est là aussi pour qui veut la gratter. Au fond de la salle, quelques étudiants dînent en amoureux. Ils seront rejoints par des dizaines d'autres un peu plus tard, venus humer les traces de Queneau, Aragon ou Neruda, jadis passés par là.

Oscillant de table en table, Florent s'affaire. C'est lui qui est au service depuis neuf mois. Un travail gagne-pain qui l'arrange bien. Au service de quoi ? Des verres et des vers. Grand jeune homme brun, un peu mystique, il aime la poésie parce qu'elle lui permet de dire ce qui le travaille. Elle le fait tenir, comme un trampoline, lorsque le coeur ne rebondit plus assez. Un peu taiseux, un peu pudique, il préfère à ses mots ceux des autres.

Ce soir, comme bien des mardis, vendredis et samedis soir, il dira "La Grande Beuverie" de René Demal. Tandis qu'en attendant, les verres n'en finissent pas de se remplir.

Club des poètes
30 Rue de Bourgogne, 75007 Paris
01 47 05 06 03
www.poesie.net

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