Vendredi 13 juillet 2018
6 min

Variations Enigma – Énigme 2 / Solution

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Variations Enigma – Énigme 2 / Solution
Gustav Holst (National Portrait Gallery), © Herbert Lambert via Wikimedia Commons

Deuxième énigme : identifier une composition célèbre d’un compositeur qui l’est un peu moins

Il fallait identifier la célèbre suite Les Planètes. Le compositeur de cette suite symphonique, Gustav Holst, est pourtant resté un peu dans l’ombre. Par exemple, je ne suis pas certain que le grand public soit familier de ses opéras Savitri ou The Perfect Fool. Quant à sa musique chorale, assez abondante, elle mérite également l’attention, notamment ses Hymnes du Rig Veda ou sa Symphonie chorale. Et si l’on souhaite se restreindre au cadre de son répertoire orchestral, quand a été jouée Beni Mora, sa suite orientale ? 

Il est donc légitime de se demander pourquoi Holst est resté l’homme d’une œuvre unique. Il est né en 1874, la même année que Schönberg. Mais, contrairement à ce dernier, il ne s’est pas lancé dans les grands bouleversements du langage du début du XXe siècle. Il a préféré pratiquer une musique souvent méditative, et influencée par l’Inde. Mais ce n’est pas suffisant pour expliquer son relatif isolement… Et si, à présent, on posait la question symétrique : pourquoi un tel succès pour Les Planètes ? Hormis la qualité même de cette musique qui n’a pas vieilli, mettre des idées imagées en musique plaît souvent au public. De Vivaldi, on connaît particulièrement ses Quatre saisons, d’Honegger, la locomotive de son Pacific 231, de Respighi, Les Pins de Rome et donc, de Holst, Les Planètes.

Revenons aux indices. Ils étaient assez simples.

Le Roi des étoiles de Stravinsky permettait de parler d’étoiles… autour desquelles peuvent tourner des planètes.    Et les pulsars du Noir de l’étoile de Grisey représentaient ce qui se passe ensuite lorsqu’une étoile s’effondre !      L’indice 3, autour de l’Angleterre, voulait simplement rappeler que Holst était un compositeur anglais, né à Cheltenham et mort à Londres. Enfin l’indice 4 était tout à fait direct. Johan de Meij explique ainsi sa propre composition : « Le titre Planet Earth fait référence aux célèbres Planètes (The Planets) de Gustav Holst […]. Planet Earth reprend précisément là où Gustav Holst s’était arrêté, au sens propre comme au sens figuré. Si Les Planètes se terminent par un chœur à 6 voix et grand orchestre, l’instrumentation du début du premier mouvement de ma composition (Lonely Planet – « La planète solitaire ») s’inscrit dans la même veine. » De Meij a donc mis en musique la planète que Holst avait négligée, la Terre !

Des sections de Jupiter, celui qui apporte la  jovialité relèvent de ce qu’on nomme la polyrythmie. C’est-à-dire qu’il s’y trouve différents rythmes superposés. Les Planètes comportent ainsi une foule de trouvailles, notamment d’orchestration et d’harmonie. Porté par son sujet, Holst s’est lancé dans une ribambelle de procédés d’écriture inventifs. Il a tenté des rythmes irréguliers, des boucles harmoniques. Il a également été inspiré par de styles musicaux plus anciens. En 1911, par exemple, il s’était attaché avec ses élèves du Morley College à faire rejouer le Fairy Queen de Purcell.  Et c’est peu après, qu’il a débuté l’écriture de son cycle Les Planètes. Cela lui a pris de 1914 à 1917, en pleine période de guerre. Il avait voulu s’enrôler mais avait été jugé inapte. Rêver à de lointaines planètes était probablement la solution possible pour tenir intellectuellement. 

Holst va mettre sept planètes en musique. Et chacune est associée à une idée forte : Mars, celui qui apporte la guerre ; Venus, celle qui apporte la paix ; Mercure, le messager ailé ; Jupiter, celui qui apporte la  jovialité ; Saturne, celui qui apporte la vieillesse ; Uranus, le magicien et Neptune, le mystique.

Extraits musicaux diffusés : 

♫ Gustav Holst
Les Planètes op. 32 : 1, Mars le belliqueux
Orchestre Symphonique de Boston
Direction : William Steinberg
DGG (DEUTSCHE GRAMOPHON) 

♫ Gustav Holst
Les Planètes op. 32 : 4, Jupiter le jovial
Philharmonia Orchestra
Direction : John Eliot Gardiner
DGG (DEUTSCHE GRAMOPHON) 

♫ Gustav Holst
Les Planètes op. 32 : 7, Neptune le mystique
Philharmonia Orchestra
Direction : John Eliot Gardiner
DGG (DEUTSCHE GRAMOPHON)