Tendez l'oreille
Programmation musicale
Samedi 23 mai 2020
5 min

Tendez l'oreille ! Comment composer comme Philip Glass ?

... en toute admiration et sans arrogance, bien sûr ! Comment composer comme lui ... pour mieux comprendre la technique derrière la musique répétitive. Plongée dans le "trois pour deux", l'arpège et l'enchaînement par notes communes (et en bonus : comment jouer "Au clair de la lune" comme lui...)

Tendez l'oreille ! Comment composer comme Philip Glass ?
Philip Glass en 1987 à Utrecht, © Getty / Rob Verhorst

Philip Glass, c'est le compositeur de The Hours, Akhnaten, Metamorphosis I, Einstein on the Beach, Glassworks, etc. Connue par de nombreux types de mélomanes, sa musique la plus en vue reste celle développée dès la fin des années 60 : la musique répétitive, utilisant des techniques qu'il ne remisera jamais vraiment. Comme le Boléro éclipse aux yeux du grand public toute la production de Maurice Ravel, le style "minimaliste" et le style "répétitif" de Philip Glass nous font trop facilement oublier le reste de sa production, pourtant très foisonnante !

Petit coup d'oreille sur deux de ses techniques

Dans cette chronique, nous partons d'une musique qui lui ressemble : celle de la série télévisée anglaise Downton Abbey (composée par John Lunn). Pourquoi "fait-elle" Philip Glass ? Pour deux raisons :

  • Un rythme qui mélange des unités de trois à des unités de deux
  • Une harmonie qui passe d'un accord à l'autre par notes communes : une "trouvaille" du XXe siècle pour rester dans l'univers de l'accord consonant tout en restant atonal. L'idée est d'éviter de rendre la musique "attirée" par une note principale. La tonalité, si on schématise, représente l'équivalent d'une force magnétique qui attire ou repousse toutes les notes d'un morceau. Au XXe siècle, il a fallu trouver de nouvelles façons de faire de la musique tout en s'affranchissant de l'attractivité de la tonalité. Certains compositeurs ont embrassé la dissonance, et d'autres, comme les minimalistes et les répétitifs américains, ont décidé de conserver les accords tout en les "dé-hiérarchisant" et en les "défonctionnalisant" pour échapper au champ d'attraction de la tonalité.

Pour aller plus loin...

  • Il existe de nombreuses solutions au XXe siècle pour participer à l'atonalité tout en continuant à fonctionner par accords. La théorie néo-riemannienne est sans doute celle qui correspond le plus au style de Philip Glass.
  • Cette vidéo assez drôle récapitule les clichés de l'ostinato selon Philip Glass (attention, c'est en anglais !) :
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