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Samedi 4 mai 2019
28 min

"Musiques dans l'Italie fasciste (1922-1943)" de Charlotte Ginot-Slacik et Michela Niccolai - Éditions Fayard

Beaucoup moins étudié que les autres régimes totalitaires, le fascisme, qui a duré plus longtemps, a eu en Italie des répercussions sur la musique dont ce livre présente un panorama

lus de vingt ans séparent la marche sur Rome (1922) de la chute de  Mussolini (1943), au cours desquels les instances politiques et  culturelles de l’Italie sont refondées. 

Dans le domaine musical, les  conséquences du fascisme s’avèrent décisives  : ambivalent à l’égard de  la modernité européenne, désireux d’exalter la nation et ses mythes, le  régime suscite d’abord l’intérêt de compositeurs en quête d’unité et de  récit national. 

Aviateurs et tyrans de la Rome antique hantent alors les  scènes d’opéra, tandis que musiques de film et chansons se font l’écho  des conquêtes coloniales.

Ni les musiques savantes ni les genres  populaires ne sont étrangers au fascisme  : sans imposer de canons  esthétiques, le régime accompagne la réforme des conservatoires et  subventionne des événements majeurs tels la Biennale de Venise ou le Mai  musical florentin. 

Si l’attitude des musiciens est dominée par une  profonde ambiguïté liée aux contraintes imposées par l’État, pour la  jeune génération, néanmoins, celle de Dallapiccola et de Petrassi,  l’adoption des lois antisémites constitue une rupture existentielle dont  des œuvres telles que Le Prisonnier portent trace.

Entre  analyse de trajectoires individuelles, mise en perspective de genres  musicaux, focus sur des œuvres emblématiques, le présent ouvrage évoque  une nation fascinée puis déchirée par le totalitarisme mussolinien.

Titulaire d’un doctorat en musicologie, Charlotte Ginot-Slacik est  actuellement professeur au Conservatoire national supérieur de Musique  et de Danse de Lyon, et collabore régulièrement avec l’Orchestre  national du Capitole de Toulouse, l’Opéra de Lyon, la Philharmonie de  Paris…

Après un double cursus de doctorat en  Musicologie à Saint-Étienne et à Crémone,  Michela Niccolai a effectué  deux post-doctorats à l’Université de Pavie et à l’Université de  Montréal. Elle enseigne à l’Université Paris 4 et à Paris 3 et est  membre associé au laboratoire IHRIM (Lyon2) et au LaM (ULB).
https://www\.fayard\.fr/musique/musiques\-dans\-litalie\-fasciste\-1922\-1943\-9782213704975

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