Samedi 7 février 2015
3h 50mn

Niobe de Agostino Steffani

Opéra enregistré au Théâtre des Champs-Elysées le 24 janvier.

Niobe, opéra en trois actes de Agostino Steffani (1654-1728), sur un livret du poète Luigi Orlandi.
Créé le 5 janvier 1688 au Hoftheater de Munich.

Moins chanceux que son jeune confrère Vivaldi, Agostino Steffani appartient aujourd’hui à la cohorte des grands artistes à la glorieuse carrière, ayant depuis bien longtemps sombré dans l’oubli et dont l’œuvre magistrale, à l’exception de quelques pièces éparses, n’est plus qu’un lointain souvenir. Sort injuste tant le musicien occupe une place majeure dans l’évolution de la musique baroque en général et de l’opéra baroque en particulier.

Cet italien de souche, ayant très tôt conquis les cours allemandes, fréquenté Lully et joué du clavecin devant Louis XIV à la Cour de Versailles avant de mettre le pied à l’étrier hanovrien au jeune Haendel, fut en effet avant l’heure l’un des plus brillants défenseurs des « goûts réunis », au travers d’une synthèse éblouissante entre les styles italiens et français, réputés irréductibles. Bien avant Haendel à Londres, Caldara à Vienne ou Mondonville à Paris, Steffani fut le premier à démontrer qu’en matière musicale, les Alpes ne constituaient qu’une frontière bouffonne et que de la fusion des styles rivaux pouvait naître une chimère ensorcelante… Second dramma per musica composé par le musicien pour la Cour de l’Electeur de Bavière, le prince Maximilien II Emmanuel, Niobe offre une magistrale illustration de cette démarche créatrice unique en son temps.

Niobe conte l’histoire de l’orgueilleuse reine éponyme de Thèbes, dont Ovide a rapporté le destin tragique dans ses *Métamorphoses*. Petite-fille de Zeus par son père Tantale, Niobe avait épousé le poète et musicien Amphion, fils de Zeus lui aussi, qui lui donna de nombreux enfants. De cette fertilité insolente, la cruelle Niobe tira argument pour railler Leto, qui n’avait donné à Zeus que deux enfants. Artémis et Mars, les deux enfants de la mère outragée, vengèrent cependant l’affront en massacrant les enfants de Niobe, provoquant le suicide d’Amphion. Découvrant le massacre des Niobides, la reine fut foudroyée de douleur et, dans un élan de pitié, Zeus la changea en rocher. Pausanias rapporte ainsi qu’en Lydie, coulait une source intarissable qui n’était autre que Niobe, pleurant sans fin la perte de ses enfants...

Texte de Frédéric Delamea sur le site du Théâtre des Champs-Elysées
Niobe sur le site de l’Opéra Royal de Versailles

►En ouverture de la soirée, Judith Chaine s'entretient avec la soprano Karina Gauvin et le contre-ténor Philippe Jaroussky.

Distribution :
Karina Gauvin,Niobe
Philippe Jaroussky, Anfione
Teresa Wakim, Manto
Christian Immler, Tiresia
Aaron Sheehan, Clearte
Maarten Engeltjes, Creonte
Jesse Blumberg, Poliferno
José Lemos, Nerea
Colin Balzer, Tiberino
Orchestre du Boston Early Music Festival
Paul O’Dette et Stephen Stubbs, direction

► Sites des sopranes Karina Gauvin etTeresa Wakim, des contre-ténorsPhilippe Jaroussky,Maarten Engeltjes et José Lemos, du ténorAaron Sheehan et des barytons Jesse Blumberg et Christian Immler.

► Voir la critique de Niobe sur ForumOpéra.

Qui la Dea cieca, air issu de l'acte II de Niobe, par Cecilia Bartoli accompagnée de l'Ensemble I Barocchisti sous la direction de Diego Fasolis :

Mia fiamma, mio ardore, air issu du premier acte de Niobe, par Karina Gauvin et Philippe Jaroussky sous la direction de Paul O'Dette et Stephen Stubbs en 2013 :

L'air Sfere amiche, issu du premier acte de Niobe, par Philippe Jaroussky (Anfione) au Boston Early Music Festival, le 19 juillet 2011 :

Programmation musicale :
♫ Benjamin Britten (1913-1976)
Six Metamorphoses after Ovid – III. Niobe (Andante)
Roy Carter, hautbois
Enr. 1995
EMI Classics 5 73989 2

♫ Agostino Steffani (1654-1728)
« Combatton quest’alma », air issu de l’opéra I Trionfi del Fato
Cecilia Bartoli, mezzo-soprano
Philippe Jaroussky, contre-ténor
Ensemble I Barocchisti
Diego Fasolis
, direction
Enr. 2012
Decca 478 4732

♫ Agostino Steffani (1654-1728)
Introduzione al dramma Amor Vien Dal Destino
Cecilia Bartoli, mezzo-soprano
Coro della Radiotelevisione svizzera
Ensemble I Barocchisti
Diego Fasolis
, direction
Enr. 2013
Decca 478 5741

♫ Félix Godefroid (1818-1897)
Niobé, d’après Giovanni Pacini
Sylvia Bernier, piano
Enr. 2006
Musique en Wallonie MEW 0637

♫ Jean-Joseph Mouret (1682-1738)
Rondeau pour les guerriers, issu du ballet héroïque Les Amours des Dieux
La Simphonie du Marais
Hugo Reyne
, direction
Enr. 1998
Naïve E8650

♫ Pascal Dusapin (né en 1955)
Niobé (ou le rocher de Sypile)
Christina Ascher, soprano
Ensemble 2e2m
Guy Reibel
, direction
Enr. 1988
2e2m 1008

♫ Franz Liszt (1811-1886)
Grande Fantaisie sur des thèmes de l’opéra Niobe de Giovanni Pacini
Leslie Howard, piano
Enr. 1995-1997
Hyperion CDA67231/2

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