Samedi 26 septembre 2015
3h 50mn

"Fantasio" de Jacques Offenbach

Ce soir, direction le Festival Radio France de Montpellier où l'Opéra-comique en 3 actes de Jacques Offenbach est dirigé par Friedemann Layer. Un enregistrement en version de concert réalisé sur le vif le 18 juillet dernier à l'Opéra Berlioz dans le cadre du festival de Radio France.

"Fantasio" est un opéra-comique en 3 actes et 4 tableaux de Jacques Offenbach. D'après un livret de Paul de Musset basé sur la pièce-éponyme de son frère, Alfred de Musset, cet opéra a été créé le 18 janvier 1872 à l'Opéra-Comique.

Omo Bello, Marianne Crebassa et Friedemann Layer. Photographie © Marc Ginot.
Omo Bello, Marianne Crebassa et Friedemann Layer. Photographie © Marc Ginot.

Argument

Acte I
L’action se situe à Munich, sur une place publique. D’un côté de la scène, lesportes du palais royal et sa terrasse ; de l’autre, une taverne et une boutique de tailleur. C’est le crépuscule. La ville est en liesse. La foule rassemblée célèbre la paix bientôt scellée par le mariage imminent du prince de Mantoue et de la princesse de Bavière. Quelques étudiants, Sparck, Hartmann et Facio viennent profiter de la fête, tout en méprisant les bourgeois. Le roi et ses gardes sortent du palais afin d’annoncer au peuple l’arrivée du prince de Mantoue et le mariage de sa fille Elsbeth. Rutten, le secrétaire du roi explique à son souverain que sa fille Elsbeth pleure la mort de Saint-Jean, le bouffon de la Cour qu’elle adorait. Passe par là un curieux personnage, Marinoni, aide de camp du prince de Mantoue. Il est venu discrètement surveiller les préparatifs de la fête et sonder l’opinion publique. Il s’éloigne lorsque paraît Fantasio perdu dans ses pensées. Loin de vouloir participer à la fête et dévoré par le spleen, il improvise une ballade à la lune. Le page Flamel vient demander aux joyeux potaches de parler plus bas afin de ne pas déranger la méditation de la princesse qui paraît sur la terrasse. Elsbeth chante son trouble face aux nouveaux sentiments qui gagnent peu à peu son coeur de jeune femme. Fantasio tombe sous le charme de cette voix angélique et répond à cette cantilène par une romance que les deux jeunes gens vont reprendre en duo sans même se voir. Une suivante vient chercher la princesse. De son côté, l’étudiant Sparck tente toujours d’entraîner Fantasio dans la ronde folle.
Mais soudain débouche sur la place le cortège funèbre et lugubre du bouffon Saint-Jean. Fantasio a alors l’idée de prendre l’apparence et la place vacante du bouffon défunt, afin de pouvoir accéder aux genoux de la princesse. Avec Sparck, il entre dans la boutique du tailleur à proximité pour obtenir son nouveau costume. Voilà par la même occasion un bon moyen d’échapper à ses créanciers et à la prison. Survient le prince de Mantoue en compagnie de Marinoni. Désireux de découvrir les véritables sentiments de sa future épouse, il décide de se présenter à elle sous les habits de son aide de 16 camp ; ce dernier étant sommé de revêtir à son tour le costume princier. Les étudiants reviennent et Sparck
de chanter un dernier hommage à Saint-Jean et aux fous en général. Tous attendent Fantasio mais sont saisis de stupeur à son arrivée, croyant voir le bouffon Saint-Jean ressuscité. La joyeuse bande s’éloigne. Fantasio resté seul frappe à la porte du palais. Bientôt, son destin à Elsbeth sera scellé.

Acte II
Au lever du rideau, Elsbeth, son page Flamel et quelques dames de la Cour se promènent dans les jardins du palais. La princesse préfère évoquer la dépouille du bouffon tant aimé que son futur mariage. On annonce l’arrivée du prince de Mantoue Le roi, le prince et Marinoni (ces deux derniers déguisés) surviennent. Cette première rencontre avec Elsbeth n’est pas une réussite, Marinoni ne se montrant pas à la hauteur de son nouveau rang, et le subterfuge organisé par le prince embrouillant passablement la situation. Resté seul, ce dernier est rongé par le doute. Mais il n’abandonnera pas et repart à l’assaut. Revenu dans les jardins, Fantasio va enfin croiser les pas d’Elsbeth. La princesse est d’abord offusquée par cet « écolier en bouffonnerie » qui ose revêtir la défroque de son pauvre Saint-Jean. Mais finalement Fantasio l’intrigue, puis l’amuse avec ses sornettes. Il va même arriver à l’émouvoir et à recueillir ses confidences.Avant de sortir, Fantasio promet à la princesse que son mariage de raison ne se fera pas. Survient Flamel qui apprend à Elsbeth que « le prince n’est pas le prince ». Mais déjà toute la Cour paraît. Pendant que Marinoni (déguisé en prince) fait son compliment à Elsbeth, soutenu par le prince (déguisé en aide de camp) et que la foule exulte, Fantasio a grimpé dans un arbre et, avec un bâton, fait voler dans les airs la perruque du faux prince. Le mariage est immédiatement compromis par un tel affront et Fantasio jeté en prison.

Acte III
Le premier tableau de l’acte III a pour décor la prison du palais. Fantasio y croupit, ravi d’avoir ruiné les plans de mariage du prince de Mantoue. Alors qu’il fait semblant de dormir, Elsbeth vient le voir dans sa cellule. Elle confie à Fantasio que son acte de bravoure a été inutile et qu’elle se mariera finalement avec le prince de Mantoue afin de maintenir la paix entre les deux royaumes. Fantasio enlève soudain son déguisement et chante sa sérénade du premier acte. Saisie, Elsbeth croit avoir compris qu’il s’agit en fait du vrai prince de Mantoue. Elle est prête à s’offrir à lui. Mais Fantasio de démentir et de révéler son identité : Fantasio, simple bourgeois de Munich, amoureux de surcroît. Elsbeth lui confie alors la clef de son jardin et l’aide à échapper à ses geôliers. En effet, les gardes suisses ont pour mission de tenir sous les verrous un horrible bouffon bossu, et non pas le charmant jeune homme qui sort librement de la prison en compagnie de la princesse.
Au second tableau, nous revoici dans les mêmes décors qu’au premier acte. Le prince, toujours fou de rage, s’apprête à pénétrer dans le palais royal afin d’aller dire son fait au roi de Bavière et, avant tout, à reprendre à Marinoni ses attributs princiers. Fantasio lui aussi a retrouvé ses habits (d’étudiant cette fois) et tente d’apaiser ses amis qui avaient la ferme intention de le faire sortir de la prison de gré ou de force.Pendant ce temps, le roi de Bavière et le prince de Mantoue se préparent à déclarer la guerre. Fantasio, nommé roi des fous par les étudiants, plaide pour la paix et provoque le prince en duel afin de régler immédiatement le conflit. Mais ce dernier recule, préférant renoncer au mariage avec Elsbeth et retourner à Mantoue. Fantasio, gracié par le roi, est fait prince pour avoir évité la guerre. Il propose à Elsbeth de lui rendre la clé qui ouvre les jardins du palais et qu’elle lui avait donnée en prison, mais celle-ci lui demande tendrement de la garder…

Jean-Christophe Keck

Omo Bello, Marianne Crebassa et Friedemann Layer (debout). Photographie © Marc Ginot.
Omo Bello, Marianne Crebassa et Friedemann Layer (debout). Photographie © Marc Ginot.

► Distribution

Friedemann Layer, direction

Marianne Crebassa, mezzo-soprano Fantasio
Jean-Sébastien Bou, baryton Le Prince de Mantoue
Omo Bello, soprano Elsbeth
Michal Partyka, baryton Sparck
Renaud Delaigue, basse Le Roi de Bavière
Loïc Félix, ténor Marinoni
Marie Lenormand, mezzo-soprano Flamel
Enguerrand de Hys, ténor Facio
Rémy Mathieu, ténor Max
Jean-Gabriel Saint-Martin, baryton Hartmann
Gundars Dzilums, basse Un Pénitent (Membre du Chœur de la Radio Lettone)
Hervé Martin, basse Le Monsieur qui passe (Membre du Chœur de l’Opéra de Montpellier)

Julie Depardieu, récitante

Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon
Chœur Opéra Montpellier Languedoc-Roussillon
Noëlle Gény, Chef de chœur
Chœur de la Radio Lettone
Sigvards Klava, Chef de chœur
Anne Pagès-Boisset, Chef de chant

► Bibliographie

  • L'Opérette en France de Benoît Duteurtre (Editions Fayard 2009)

► Programmation musicale

Jacques Offenbach : Fantasio
"Orgue limonaire 66 touches du Palace courraousel selon Faure Wilbert"
Label : REM

Louis Varney : Les mousquetaires au couvent, Pour faire un brave mousquetaire
André Jobin
Robert Valentino, piano & Robert Jais, orgue

Jacques Offenbach : La chanson de Fortunio
Maître Fortunio : I. Lovano - Madame Fortunio : L. Dachary - Valentin : M. Hamel - Friquet : R. Amade - Babet : F. Beetti
Chorale lyrique et orchestre lyrique de l'ORTF
Jean-Claude Hartemann, direction

Jacques Offenbach : Les fées du rhin
Orchestre nationale de Montpellier
Friedmann Layer, direction

Jacques Offenbach : Polonaise
Etienne Péclard & Roland Pidoux, violoncelles

Jacques Offenbach : Les Contes d'Hoffmann
Nicklausse - Ann Murray (mezzo-soprano)
Hoffmann - Neil Shicoff (ténor)
Crespel - Kurt Rydl (basse)
José van Dam, basse
Guilietta - Jessye Norman (soprano)
Orchestre Symphonique et Choeurs de l'Opéra National du Théâtre Royal de La Monnaie
Sylvain Cambreling, direction

L'équipe de l'émission :