Samedi 21 février 2015
4h 28mn

Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart

Opéra diffusé en DIRECT du Metropolitan Opera (New York).

Don Giovanni K. 527, opéra en deux actes de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), sur un livret de Lorenzo da Ponte.
Créé à Prague le 29 octobre 1787.

Des trois opéras écrits avec Da Ponte, Don Giovanni est sans doute le plus noir, le plus désespéré. Autour du séducteur et avec lui, tous les personnages y sont hors d’haleine et hors d’eux-mêmes. Et Mozart leur a donné sa musique la plus ombrageuse, la plus haletante, la plus extrême, la plus parfaite aussi. Pierre Jean Jouve l’évoquait en ces termes : « En cet ouvrage inspiré, l’instinct est capable d’une telle Hystérie, au sens sacré du terme, d’une telle variété de comportements d’ivresse et de néant, de positif suprême et de négatif absolu, que nous devons (nous qui contenons les mêmes tendances à son image) rouler avec lui, de sphère en sphère, comme lui, sans connaître le repos. Nous poursuivons une aventure dans les éléments sombres de l’homme, sans jamais quitter le cadre infiniment doré de la parfaite beauté élucidée et devenue claire. »

Commandé par l’Opéra de Prague, Don Giovanni reprend le mythe du séducteur puni, que Tirso de Molina et Molière, entre autres, avaient déjà rendu célèbre. La particularité de Don Giovanni est de se situer à la charnière entre l’Ancien Régime et ce romantisme anti-rationaliste. Œuvre de transition (nous sommes à deux ans de la Révolution française), elle marque la fin d’un siècle et annonce celui à venir. Les romantiques ne s’y sont pas trompés, qui ont vu dans le libertinage du héros « la soif de l’infini dans la volupté » (Musset). Et jusqu’à nos jours, le mythe a donné lieu à toutes sortes d’interprétations. Sur le plan musical, cette transition est tout autant sensible : Mozart y récapitule les formules de l’opéra du passé et invente celles du drame musical moderne...
Texte issu de la présentation de l'oeuvre sur le site de l'Opéra de Paris.

SAO 150221 1
SAO 150221 1

►Distribution :
Peter Mattei, Don Giovanni
James Morris, le Commandeur
Luca Pisaroni, Leporello
Elza van den Heever, Donna Anna
Emma Bell, Donna Elvira
Dmitry Korchak, Don Ottavio
Kate Lindsey, Zerlina
Adam Plachetka, Masetto

Choeur et Orchestre du Metropolitan Opera de New York
Alan Gilbert
, direction

Une production de Michael Grandage
Décors et costumes de Christopher Oram
Lumières de Paule Constable
Chorégraphie de Ben Wright

© Julieta Cervantes
© Julieta Cervantes

Bibliographie :

  • FrédérickTristan, Don Juan le révolté, essai sur le mythe du Tenorio à Nietzsche, L'Archipel, coll. « Écritures », 2009.
    - Jean-Philippe Guye, « De Don Juan à Don Giovanni : mythe et transgression » in Analyse musicale n°40, septembre 2001.
  • Dictionnaire de Don Juan sous la direction de Pierre Brunel, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1999.
  • Don Juan : analyses et synthèses sur un thème littéraire, sous la direction de José-Manuel Losada-Goya et Pierre Brunel, 1993.
    - Jean Massin, Don Juan. Mythe littéraire et musical, Stock, coll. « Musique », 1979.
    - « Don Juan », numéro spécial de la revue Obliques, 1978.
  • JeanMassin et BrigitteMassin, Wolgang Amadeus Mozart, Paris, Fayard, 1970.

Un extrait du film Don Giovanni réalisé par Joseph Losey en 1979 :

Don Giovanni sous la direction de René Jacobs au festival d'Innsbrük :

Programmation musicale :
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Sonate n°42 en La majeur K526 pour violon et piano
Christian Ferras, violon
Pierre Barbizet, piano
Meloclassic MC2001

Wolfgang Amadeus Mozart
Rondo en La mineur K511 pour piano
Maria Joao Pires, piano
Denon C37-7388

Wolfgang Amadeus Mozart
Idomeneo, Re di Creta, acte III : « Padre, mio caro padre » à « Oh ciel pietoso ! »
Cecilia Bartoli, Idamante
Placido Domingo, Idomeneo
Heidi Grant Murphy, Ilia
Frank Lopardo, Gran Sacerdote
Carol Vaness, Elettra
Bryn Terfel, La Voce
Thomas Hampson, Arbace
The Metropolitan Opera Orchestra & Chorus
James Levine
, direction
Enr. 1994
Deutsche Grammophon 447 737 2

Wolfgang Amadeus Mozart
Le Nozze di Figaro, acte I et II : « Cosa sento ! tosto andate » à « Quanto duolmi, Susanna »
Thomas Hampson, Conte
Anthony Laciura, Basilio
Dawn Upshaw, Susanna
Anne Sofie Von Otter, Cherubino
Joyce Guyer et Stella Zambalis, Due contadine
Ferruccio Furlanetto, Figaro
Kiri Te Kanawa, Contessa
The Metropolitan Opera Orchestra & Chorus
James Levine
, direction
Enr. 1990
Deutsche Grammophon 431 619 2

L'équipe de l'émission :