Samedi à l'opéra
Concerts
Samedi 22 mai 2021
2h 58mn

Le Freischütz de Weber à l’Opéra d'Etat de Bavière

Le Freischütz s’inspire de la légende des "balles franches" détournées par le Diable. Max est amoureux d’Agathe, la fille de Kuno qui accordera sa main au vainqueur d’un concours de tir. Une interprétation idéalement incarnée par Pavel Černoch et Golda Schultz sous la baguette d’Antonello Manacorda.

Le Freischütz de Weber à l’Opéra d'Etat de Bavière
Weber, Le Freischütz – dir. Antonello Manacorda, m. en scène Dmitri Tcherniakov : Boris Prýgl (Ottokar), Pavel Černoch (Max), Golda Schultz (Agathe), Kyle Ketelsen (Kaspar), Bálint Szabó (Kuno), Chœur, © Photo by Wilfried Hösl / Bayerische Staatsoper – Munich 2021

Carl Maria von Weber – Johann Friedrich Kind d’après un conte populaire germanique, 

Der Freischütz 

Opéra romantique en trois actes créé le 18 juin 1821 au Königliches Schauspielhaus de Berlin. 

Opéra offert dans le cadre des échanges avec l'Union Européenne de Radio et Télévision, enregistré le 13 février 2021 au Théâtre National de Munich – Opéra d’Etat de Bavière. 

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Distribution : 

Antonello Manacorda : Direction musicale 

Boris Prýgl : Ottokar, Prince de Bohême, Baryton
Bálint Szabó : Kuno, forestier héréditaire du Prince, Basse
Golda Schultz : Agathe, la fille de Kuno, Soprano
Anna Prohaska : Ännchen (Annette), jeune cousine d’Agathe, Soprano
Kyle Ketelsen : Kaspar, un garde-chasse / Samiel, le chasseur noir, Baryton-basse
Pavel Černoch : Max, un garde-chasse, Ténor
Tareq Nazmi : Un Ermite, Basse
Milan Siljanov : Kilian, un riche paysan, Baryton-basse
Quatre demoiselles d’honneur :
Eliza Boom, Sarah Gilford, Daria Prosek, Yajie Zhang : Sopranos
Trois chasseurs du Prince (rôles parlés)
Chasseurs et suite du Prince
Paysans, ménétriers
Une serveuse, demoiselles d’honneur
Apparitions 

Chœur de l’Opéra d’Etat de Bavière
Stellario Fagone : Chef des chœurs
Orchestre de l’Etat de Bavière
Adrian Mustea : Alto solo
Emanuel Graf : Violoncelle solo 

Dmitri Tcherniakov : Mise en scène et décors 

Elena Zaitseva : Costumes
Gleb Filshtinsky : Lumières
Show Consulting Studio : Vidéo
Tatjana Wereschtschagina : collaboration à la Dramaturgie
Lukas Leipfinger : Dramaturgie 

Argument : 

Par Alain Duault 

Acte I. Sur une place, devant une auberge, à la lisière de la forêt, des paysans fêtent joyeusement la victoire que vient de remporter au concours de tir l’un d’eux, Kilian, aux dépens de Max, un des gardes-chasse du Prince. Ce dernier est affecté d’avoir été battu par un paysan et a du mal à supporter les railleries de Kilian et les moqueries des villageois. La tension monte et la querelle risque de dégénérer quand arrive Kuno, le chef des gardes-forestiers, qui rétablit l’ordre, mais qui manifeste son inquiétude au sujet de l’échec de Max, l’un de ses meilleurs hommes, que la malchance semble poursuivre depuis un mois. Kaspar, un autre forestier, évoque la possibilité que le fusil de Max ait été ensorcelé et suggère un recours aux puissances des ténèbres. Kuno le fait taire, mais rappelle à Max qu’un concours de tir doit avoir lieu le lendemain en présence du Prince Ottokar et que Max doit le gagner s’il veut épouser sa fille, Agathe, et accéder ensuite à la charge de garde-forestier en chef, ainsi que le veut la tradition établie depuis un lointain ancêtre de Kuno. Max se désespère ; Kaspar lui conseille de faire preuve d’audace ; tous, Killian lui-même, l’encouragent puis s’éloignent, le laissant seul avec ses sombres pensées. Max est perplexe ; il se croit abandonné du ciel et ne comprend pas ce qui a pu se passer en lui, qui était si bon tireur alors qu’il semble à présent comme ensorcelé. 

A ce moment, Kaspar revient vers lui, lui offre de boire à la santé de Kuno, d’Agathe et du Prince, lui tend un verre de vin dans lequel il a fait couler quelques gouttes de drogue… et lui propose son aide pour le concours de tir du lendemain. Il lui tend son fusil, lui désigne un oiseau à peine visible qui plane très haut au-dessus de leurs têtes et lui dit de tirer. Max tire… et voit, stupéfait, un grand aigle noir tomber mort à ses pieds ! Kaspar lui explique alors que le fusil était chargé avec une balle magique et que ces balles ne ratent jamais leur cible. Max pourra en obtenir lui aussi s’il vient le retrouver à minuit dans la Gorge-aux-Loups où ils fondront ensemble ces balles enchantées dont l’une lui permettra de vaincre. Max, désemparé, accepte. Resté seul, Kaspar exulte : il va pouvoir offrir au diable une âme nouvelle. 

Acte II. Scène 1. Dans la chambre d’Agathe, la fille de Kuno, sa cousine Annette est en train de planter un clou pour raccrocher le portrait de l’aïeul qui vient de tomber en heurtant le front d’Agathe. Annette est gaie et vive et cherche à distraire sa cousine des sombres pensées qui l’assaillent : elle est préoccupée par l’absence de Max et l’insouciance espiègle d’Annette ne parvient pas à éclairer son front. D’autant qu’une visite à un vieil Ermite le matin-même l’a inquiétée : il l’a prévenue d’un grave danger. De plus, l’étrange comportement de Max la trouble. Ne parvenant pas à trouver le sommeil, Agathe, restée seule un moment, s’avance sur son balcon et, dans la douceur de la nuit étoilée, implore la protection du Ciel. Mais voici qu’elle voit justement Max approcher. Sans oser parler de son échec au concours de tir, il raconte plutôt son coup heureux avec l’aigle – mais il s’effraye en apprenant que le tableau qui a blessé Agathe est tombé au moment où il tirait l’oiseau. Pourtant il ne peut rester : il déclare qu’il doit aller récupérer un grand cerf qu’il a aussi abattu et qui se trouve dans la Gorge-aux-Loups. A ce nom, les deux jeunes filles sont horrifiées, car ce lieu est maudit ; elles essaient de le dissuader de s’y rendre en pleine nuit mais Max affirme qu’il y est contraint par le devoir. Il les quitte tandis qu’Agathe tombe dans les bras de sa cousine, le cœur plein d’angoisse. 

Scène 2. Dans la Gorge-aux-Loups. Le décor est effrayant. Des esprits invisibles font entendre des bruits sinistres et chantent avec une sorte de jubilation terrible le destin fatal de leur future victime, la tendre fiancée… Kaspar, qui a disposé autour de lui, en cercle, les éléments du rituel infernal, appelle Samiel. Il sait qu’il a fait son temps sur terre mais implore le diable (puisque Samiel en est une incarnation) de lui accorder un sursis en échange de l’âme qu’il lui offre de son compagnon de chasse, Max. De plus, Kaspar propose que la septième des balles magiques qu’ils vont fondre cette nuit, et qui appartient au diable, soit dirigée contre Agathe, la fiancée de Max. Mais Samiel sait qu’il n’a pas de pouvoir sur elle ; il consent pourtant à accepter Max comme victime en échange du sursis qu’il accordera à Kaspar. 

Pendant ce temps, Max est arrivé à l’entrée de la Gorge. Kaspar le presse de le rejoindre, quand le spectre de sa mère qui lui apparaît soudain fait hésiter Max. Mais Kaspar, appelant Samiel à son aide, fait surgir une vision d’Agathe éperdue : Max ne se retient plus et descend précipitamment dans l’abîme. Les deux hommes commencent alors à fondre les sept balles, l’une après l’autre, chaque fonte étant accompagnée d’apparitions de plus en plus effrayantes, comme un délire, une folie gagnant toute la Gorge-aux-Loups : des oiseaux noirs volent en tous sens, un sanglier traverse la Gorge comme un météore, les arbres craquent, des étincelles éclaboussent l’espace, des roues de feu passent au milieu d’éclats terrifiants, toutes sortes d’animaux aux yeux injectés de braise tournent, hurlent, un orage éclate, des flammes surgissent de la terre, une tempête incroyable se déchaîne et, à la septième balle, c’est Samiel lui-même qui apparaît et tend sa main vers celle de Max – qui se signe. On entend sonner 1 heure. Le calme revient d’un coup. Max se redresse, hébété. 

Acte III. Scène 1. Dans la forêt, Max et Kaspar se retrouvent. Des sept balles magiques, il ne leur en reste plus qu’une à chacun, Max ayant tiré le matin même trois des quatre balles qu’il avait eues en partage, pour prouver son adresse, et Kaspar ayant abattu deux pies. Max demande à Kaspar de lui donner sa troisième balle, afin d’être plus sûr de lui. Mais Kaspar refuse et, sachant que la septième balle appartient à Samiel, tire sa dernière balle. Une seule reste donc, celle de Max, celle du diable. 

Scène 2. Dans sa chambre, Agathe, parée pour ses noces, exprime dans une prière fervente sa confiance dans la Providence qui la protège. Elle raconte à Annette qui vient de la rejoindre un rêve étrange qu’elle a fait cette nuit : elle était une colombe blanche, Max tirait sur elle, elle tombait, mais la colombe disparaissait, elle était de nouveau Agathe et un grand oiseau noir gisait à présent dans son sang. Mais Annette traite les rêves de balivernes, rattachant celui-ci au souvenir des derniers gestes qu’Agathe a fait avant de s’endormir et elle raconte l’histoire de sa tante qui croyait avoir vu en rêve un fantôme effrayant… qui n’était que son chien ! 

Mais voici les demoiselles d’honneur qui viennent chercher Agate et chantent autour d’elle. Mais quand Agathe ouvre le carton où doit se trouver sa couronne de mariée, elle découvre avec effroi une couronne mortuaire. Remplie de sombre pressentiments, elle demande alors qu’on lui tresse une couronne avec les roses blanches que l’Ermite lui a offertes la veille. 

Scène 3. Dans une vallée superbe, le Prince Ottokar et sa suite écoutent les chasseurs célébrer les charmes de la vie. Le Prince salue Kuno et lui dit qu’il approuve le choix de Max pour sa fille. Mais il faut procéder au tir d’épreuve comme l’exige la tradition. Le Prince rassure Max : s’il tire comme il l’a fait par trois fois ce matin, son bonheur est assuré. Il propose donc au jeune homme une colombe blanche perchée sur une branche. Mais au moment où il va tirer, Agathe en sortant d’entre les arbres, lui crie de n’en rien faire, car elle est la colombe… Trop tard ! Le coup est parti. Agathe s’effondre. Mais aussi Kaspar qui était caché dans un arbre. Tout le monde croit que Max a tiré sur sa fiancée, mais seul Kaspar est mortellement atteint ; Agathe n’est qu’évanouie, elle reprend ses esprits. Kaspar, qui a vu l’Ermite auprès d’elle, comprend qu’il a perdu : il voit venir Samiel vers lui et meurt en maudissant le Ciel. 

Le Prince ordonne qu’on jette son cadavre dans la Gorge-aux-Loups, mais, se tournant vers Max, il lui demande une explication. Le jeune homme avoue avoir coulé des balles magiques. Le Prince, courroucé, le condamne à un exil définitif malgré les supplications de tous. Mais l’Ermite s’approche à nouveau et intervient auprès du Prince pour qu’il accorde sa grâce à Max et lui permette d’épouser Agathe au bout d’un an d’épreuve. Le Prince acquiesce au souhait du saint homme ; tous se réjouissent et rendent grâces au Ciel. 

© L'Avant-Scène Opéra 

Carl Maria von Weber, Le Freischütz – direction musicale Antonello Manacorda, mise en scène Dmitri Tcherniakov : Pavel Černoch (Max), Bálint Szabó (Kuno)
Carl Maria von Weber, Le Freischütz – direction musicale Antonello Manacorda, mise en scène Dmitri Tcherniakov : Pavel Černoch (Max), Bálint Szabó (Kuno), © Photo by Wilfried Hösl / Bayerische Staatsoper – Munich 2021
Carl Maria von Weber, Le Freischütz – direction musicale Antonello Manacorda, mise en scène Dmitri Tcherniakov : Kyle Ketelsen (Kaspar)
Carl Maria von Weber, Le Freischütz – direction musicale Antonello Manacorda, mise en scène Dmitri Tcherniakov : Kyle Ketelsen (Kaspar), © Photo by Wilfried Hösl / Bayerische Staatsoper – Munich 2021
Carl Maria von Weber, Le Freischütz – direction musicale Antonello Manacorda, mise en scène Dmitri Tcherniakov : Anna Prohaska (Annette), Golda Schultz (Agathe)
Carl Maria von Weber, Le Freischütz – direction musicale Antonello Manacorda, mise en scène Dmitri Tcherniakov : Anna Prohaska (Annette), Golda Schultz (Agathe) , © Photo by Wilfried Hösl / Bayerische Staatsoper – Munich 2021
Weber, Le Freischütz : Anna Prohaska (Annette), Pavel Černoch (Max), Boris Prýgl (Ottokar), Golda Schultz (Agathe), Bálint Szabó (Kuno), Kyle Ketelsen (Kaspar, gisant), Chœur de l’Opéra de Bavière
Weber, Le Freischütz : Anna Prohaska (Annette), Pavel Černoch (Max), Boris Prýgl (Ottokar), Golda Schultz (Agathe), Bálint Szabó (Kuno), Kyle Ketelsen (Kaspar, gisant), Chœur de l’Opéra de Bavière, © Photo by Wilfried Hösl / Bayerische Staatsoper – Munich 2021

Ouvrage de référence : 

L’Avant-Scène Opéra : Le Freischütz de Weber
n°105-106 – ISBN : 978-2-84385-264-0 

L’Avant-Scène Opéra n°105-106 : Le Freischütz de Weber
L’Avant-Scène Opéra n°105-106 : Le Freischütz de Weber

Programmation musicale :

Carl Maria von Weber, 

Trio pour flûte, violoncelle et piano en sol mineur op 63, J 259 :
1er mouvement. Allegro moderato 

Michel Debost, flûte
Paul Boufil, violoncelle
Christian Ivaldi, piano
COLUMBIA SAXF 1 053 

Wolfgang Amadeus Mozart – Johann Gottlieb Stephanie (Le Jeune), 

L’Enlèvement au sérail :
Acte III (extrait) : « Was aller Welt unmöglich scheint... Bassa Selim lebe lange »
(« Et ce qui paraît impossilble à tous... Longue vie au Pacha Sélim ») 

Thomas Quasthoff : Sélim Pacha, Baryton-basse
Rolando Villazón : Belmonte, Ténor
Diana Damrau : Constance, Soprano
Anna Prohaska : Blonde, Soprano
Paul Schweinester : Pedrillo, Ténor
Franz-Josef Selig : Osmin, Basse
Ensemble Vocal Rastatt
Holger Speck : Chef des chœurs
Orchestre de Chambre d’Europe
Yannick Nézet-Séguin : Direction musicale
DEUTSCHE GRAMMOPHON 479 4064

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