Samedi à l'opéra
Concerts
Samedi 12 juin 2021
2h 58mn

Duos étincelants : Pretty Yende avec Benjamin Bernheim et avec Juan Diego Flórez

Pretty Yende brille sur les scènes du monde entier, saluée pour son timbre d'ambre et sa force théâtrale. Ce soir, elle nous offre deux facettes de son talent : l'art du récital avec le fabuleux Benjamin Bernheim à Paris et celui du drame dans une Traviata en compagnie de Juan Diego Flórez à Vienne.

Duos étincelants : Pretty Yende avec Benjamin Bernheim et avec Juan Diego Flórez
Benjamin Bernheim, ténor et Pretty Yende, soprano, © Photos by Christoph Koestlin / Deutsche Grammophon, et by Dario Acosta

Pages célèbres d’opéras de Gounod, Donizetti, Mascagni et Verdi. 

Concert enregistré par France Musique le 19 mai 2021 au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris. Production Les Grandes Voix. 

L'Orchestre de Chambre de Paris et le chef d'orchestre Sascha Goetzel
L'Orchestre de Chambre de Paris et le chef d'orchestre Sascha Goetzel, © Photos by Jean-Baptiste Pellerin, et by Özge Balkan

Les artistes : 

Pretty Yende : Soprano
Benjamin Bernheim : Ténor
Orchestre de Chambre de Paris
Sascha Goetzel : Direction musicale 

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Au programme : 

Charles Gounod – Jules Barbier et Michel Carré / d’après Johann Wolfgang von Goethe, 

Faust :
- Marguerite « O Dieu, que de bijoux »
- Faust « Quel trouble Inconnu me pénètre ?… Salut ! demeure chaste et pure »
- Valse de Faust, pièce orchestrale 

Gaetano Donizetti – Felice Romani / d’après Eugène Scribe 

L’Elisir d’amore :
- Nemorino « Una furtiva lagrima »
(« une larme furtive » 

Gaetano Donizetti – Salvadore Cammarano / d’après Walter Scott, 

Lucia di Lammermoor :
- Lucia « Regnava nel silenzio... Quando rapito in estasi »
(« La nuit sombre règnait silencieuse… Quand transporté d’extase par ses ardeurs brûlantes »)
- Duo Edgardo et Lucia « Lucia perdona... Verranno a te sull’aure »
(« Pardonnez-moi, Lucie… Ah, sur la brise mes ardents soupirs te parviendront ») 

Pietro Mascagni, 

Cavalleria Rusticana :
- Intermezzo 

Giuseppe Verdi – Francesco Maria Piave / d’après Alexandre Dumas Fils, 

La Traviata :
- Violetta « È strano... Ah! fors’è lui... Sempre libera »
(« Etrange !… Peut-être est-ce celui… Toujours libre ») 

Charles Gounod – Jules Barbier et Michel Carré / d’après William Shakespeare, 

Roméo et Juliette :
- Roméo « L’amour... Ah ! Lève-toi, soleil...»
- Madrigal à 2 voix, Roméo et Juliette « De grâce, demeurez... Ange adorable » 

BIS : Giuseppe Verdi – Francesco Maria Piave / d’après Alexandre Dumas Fils, 

La Traviata :
- Duo Violetta et Alfredo « Libiamo ne’lieti calici »
(« Buvons dans ces joyeuses coupes ») 

Frédéric Chopin, 

Mazurka en do Majeur op 68 n°1

Arthur Rubinstein : Piano
RCA RED SEAL RD 85171 (disque commercialisé) 

Giuseppe Verdi – Francesco Maria Piave / d’après Alexandre Dumas Fils, 

La Traviata : Actes II et III 

Opéra en trois actes créé le 6 mars 1853 au Théâtre de La Fenice, à Venise 

Opéra offert dans le cadre des échanges avec l'Union Européenne de Radio et Télévision, enregistré le 7 mars 2021 à l’Opéra d’Etat de Vienne. Coproduction de l’Opéra national de Paris et de l’Opéra d’Etat de Vienne. 

Distribution : 

Giacomo Sagripanti  : Direction musicale
Martin Schebesta  : Chef des choeurs 

Pretty Yende : Violetta Valéry, Soprano
Margaret Plummer : Flora Bervoix, son amie, Mezzo-soprano
Donna Ellen : Annina, camériste de Violetta, Contralto
Juan Diego Flórez : Alfredo Germont, Ténor
Igor Golovatenko : Giorgio Germont, son père, Baryton
Robert Bartneck : Gastone, vicomte de Letorières, Ténor
Attila Mokus : Le baron Douphol, protecteur de Violetta, Baryton
Erik Van Heyningen : Le marquis d’Obigny, ami de Flora, Basse
Ilja Kazakov : Le docteur Grenvil, Basse
Thomas Köber  : Giuseppe, serviteur de Violetta, Ténor
Alejandro Pizarro-Enríquez  : Un commissionnaire, Basse
Wolfram Igor Derntl  : Un serviteur de Flora, Basse 

Choeur de l'Opéra d'État de Vienne
Orchestre de scène de l'Opéra d'Etat de Vienne
Orchestre de l'Opéra d'Etat de Vienne 

Simon Stone : Mise en scène 

Bob Cousins : Décors
Alice Babidge : Costumes
James Farncombe : Lumières
Zakk Hein : Vidéo
Simon Stone, Stephen Anthony Whiting, Robin Ormond : Répétition scénique 

Verdi, La Traviata – direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène Simon Stone : Pretty Yende (Violetta), Juan Diego Flórez (Alfredo), Thomas Köber (Giuseppe) Chœur de l’Opéra d’Etat de Vienne
Verdi, La Traviata – direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène Simon Stone : Pretty Yende (Violetta), Juan Diego Flórez (Alfredo), Thomas Köber (Giuseppe) Chœur de l’Opéra d’Etat de Vienne, © Wiener Staatsoper / Photo by Michael Pöhn
Verdi, La Traviata – direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène Simon Stone : Pretty Yende (Violetta Valéry), Igor Golovatenko (Giorgio Germont)
Verdi, La Traviata – direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène Simon Stone : Pretty Yende (Violetta Valéry), Igor Golovatenko (Giorgio Germont), © Wiener Staatsoper / Photo by Michael Pöhn
Verdi, La Traviata – direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène Simon Stone : Pretty Yende (Violetta Valéry), Juan Diego Flórez (Alfredo Germont)
Verdi, La Traviata – direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène Simon Stone : Pretty Yende (Violetta Valéry), Juan Diego Flórez (Alfredo Germont), © Wiener Staatsoper / Photo by Michael Pöhn

Argument : 

Par Alain Duault 

Acte I. Un grand salon richement décoré dans la maison de Violetta. Une fête y est donnée et les invités se pressent joyeusement, saluent Violetta qui les accueille, s’empressent autour d’elle. Gastone, présente alors à Violetta un jeune homme de ses amis, Alfredo Germont, dont il lui révèle qu’il ne pense qu’à elle, ce que la jeune femme affecter de prendre à la légère. La conversation se poursuit autour de la table où Violetta convie ses hôtes. Et, pour ouvrir la soirée, Gastone propose un toast, que porte Alfredo en hommage, bien sûr, à Violetta et à l’amour. Celle-ci répond à son tour par un hymne au plaisir que tous reprennent gaiement. 

Mais alors que les invités se dirigent vers le salon voisin pour danser, Violetta est prise d’un malaise. Alfredo reste avec elle et en profite pour dire son amour avec tout le feu de la passion qui l’embrase. Mais Violetta le met en garde contre elle-même, et le congédie en lui donnant une fleur, un camélia bien sûr, qu’elle enlève de son corsage, pour qu’il la lui rapporte « quand elle sera fanée ». Demain donc. 

Restée seule, Violetta est songeuse et s’avoue qu’elle est touchée par cet amour qu’Alfredo lui offre, cet amour qu’au fond d’elle-même elle reconnaît bien pour l’amour vrai, le seul qui pourrait peut-être lui donner le frémissement du bonheur. Mais elle ne peut pas s’abandonner à ce rêve. Dans ce Paris brillant où elle vit, elle ne peut que s’adonner aux plaisirs, en restant libre d’elle-même. La voix d’Alfredo au dehors lui ouvre encore un instant cette fenêtre sur un autre monde… comme si ce désir-là l’attirait irrésistiblement. 

Acte II. Scène 1. Un salon au rez-de-chaussée d’une maison de campagne près de Paris. Alfredo, seul, évoque le bonheur où il baigne depuis ces trois mois que Violetta a renoncé à son ancienne vie pour lui, pour venir avec lui partager l’amour. Mais voici Annina, la femme de chambre, qui revient de Paris et qui fait découvrir à Alfredo que Violetta, pour couvrir les dépenses de leur vie à la campagne, fait vendre peu à peu tous ses biens. Alfredo en est bouleversé et décide de partir sur le champ pour Paris afin de remédier à cette situation qui le consterne. 

A peine est-il parti qu’arrive Violetta qui s’amuse de lire une invitation de son ancienne amie Flora à une fête qu’elle donne ce soir. Mais Violetta a tiré un trait sur cette vie. Un visiteur est alors annoncé. Violetta le fait entrer, il se présente : c’est le père d’Alfredo. La jeune femme est bouleversée, inquiète aussi – et elle n’a pas tort : Georges Germont vient lui demander rien de moins que de renoncer à son amant. Pour toujours. Afin de mettre un terme au scandale qui jette l’opprobre sur Alfredo, sur leur famille et qui empêche la sœur d’Alfredo de se marier avec le jeune homme qu’elle aime. Violetta, déchirée de douleur, essaie de lutter avec les armes fragiles de l’amour contre la pesante logique de l’Ordre et de la Respectabilité. Mais c’est aussi une grande âme, une âme prête au don total : elle se résigne à être l’ange consolateur pour la belle et pure jeune fille et à se sacrifier en pensant à Alfredo, par amour, sachant pourtant qu’elle en mourra. 

Il ne lui reste plus qu’à écrire deux lettres, une première qui lui fait renouer le fil de son ancienne vie délétère, une seconde, à Alfredo. Il arrive justement au moment même où elle la cachète, se trouble alors, mais refuse de la lui donner tout de suite, ne voulant pour l’instant que lui répéter son amour jusqu’aux larmes et entendre Alfredo lui redire le sien. Puis, prétextant l’arrivée du père d’Alfredo, elle le laisse seul pour ne pas, dit-elle, assister à leur entretien : « Aime-moi, Alfredo, autant que moi je t’aime » lui lance-t-elle en partant, le cœur prêt à se rompre. Alfredo reste seul un moment, savourant encore l’illusion de son bonheur. 

On sonne à la porte : c’est une lettre de Violetta pour lui. Alfredo l’ouvre en tremblant, comme secoué par un terrible pressentiment, commence à lire, et pousse un cri de désespoir en comprenant. Il se retourne alors, hagard : son père est là, qui tente de le consoler en évoquant son enfance, mais Alfredo n’écoute même pas, tout à sa douleur à vif. Soudain se yeux tombent sur la lettre de Flora : il sait où retrouver dès ce soir sa maîtresse qui l’a abandonné. Le désir de vengeance vient souffler sur son désespoir. 

Scène 2. Une galerie richement meublée dans l’hôtel particulier de Flora. Les invités arrivent et commentent la nouvelle qui a fait le tour de ce petit grand monde comme une traînée de poudre : Violetta et Alfredo sont séparés. Mais Gastone et quelques amis, déguisés en matadors et picadors espagnols, suspendent les conversations en s’amusant à improviser un petit divertissement dansé au milieu des convives. La fête est brillante… mais soudain, à la stupéfaction générale, Alfredo paraît ; apparemment désinvolte ; et retrouvant ses anciens amis, il s’assied à la table de jeu. Arrive alors Violetta, au bras du baron Douphol, qui aperçoit aussitôt Alfredo, son rival. Celui-ci pourtant affecte d’abord de ne rien voir et continue à jouer, et à gagner : « Malheureux en amour, heureux au jeu » lance-t-il avec une fausse désinvolture et une vraie amertume, avant de faire des allusions compromettantes pour Violetta et pour le baron. Celui-ci lance alors à Alfredo un défi au jeu – et perd. La tension monte. Le dîner est servi au moment opportun. 

Mais alors que tous sont à la salle à manger, Violetta a fait appeler Alfredo pour le mettre en garde contre le baron. Mais lui, durci par une haine aussi brûlante que son amour dont elle est ‘envers, ne veut pas l’écouter, la moque avec mépris et finalement ameute tous les invités pour, insultant Violetta face à eux, lui jeter au visage l’argent qu’il a gagné. La malheureuse s’évanouit sous l’affront pendant que tous les invités, atterrés, stigmatisent la conduite d’Alfredo, dont le père arrivé à ce moment fait entendre le même courroux, la même noble indignation. Alfredo est effondré. Deux âmes faites pour l’éclat du bonheur se retrouvent ruinées, lacérées. 

Acte III. La chambre à coucher de Violetta, faiblement éclairée. La malheureuse Violetta, d’une voix épuisée, demande à Annina un peu d’eau, et la prie d’ouvrir les volets pour laisser entrer la lumière. Le docteur Grenvil arrive alors, lui prend le pouls, et essaie de plaisanter avec elle en lui parlant de sa guérison prochaine. Mais en partant il avoue à Annina que sa maîtresse n’en a plus que pour quelques heures. 

Violetta, seule, relit ensuite une lettre de Germont où il lui dit avoir révélé à Alfredo le sacrifice qu’elle a fait pour lui, et lui annonce que ce dernier va venir la retrouver pour chercher son pardon. Mais Violetta sait qu’il devra faire vite pour la revoir vivante, car elle sent en elle les progrès du mal qui la ronge. Au dehors, les masques du Carnaval fon entendre leurs chants joyeux, comme appartenant à un autre monde. Et soudain le miracle est là : Alfredo qui se précipite vers elle, qui tombe à ses pieds, secoué d’émotion et d’amour. Les deux amants se regardent et se touchent et s’embrassent et se parlent et s’enflamment et rêvent et s’embrassent encore ; un instant ils font comme si l’avenir était à nouveau possible. Violetta se lève alors pour sortir avec Alfredo. Mais la cruelle réalité de son corps défaillant lui rappelle son destin qui se hâte. Elle veut vivre pourtant comme elle ne l’a peut-être jamais tant désiré, mais elle sent pourtant la mort monter en elle. Le docteur arrive, avec Germont qui vient implorer le pardon de Violetta, comprenant quel gâchis il a fait en saccageant ces deux cœurs. Violetta sent alors en elle la vague qui l’étouffe ; elle adjure Alfredo de ne pas l’oublier, mais d’épouser, si elle se présente, une femme digne de lui. 

Son souffle devient court, ses poumons se déchirent, la toux la ravage. Et soudain, comme dans un suspens du destin, les spasmes de son mal cessent, elle se redresse, elle se reprend à vivre croit-elle un instant, transfigurée déjà. Et retombe. Morte. 

© Avant-Scène Opéra 

Ouvrage de référence : 

Avant-Scène Opéra : La Traviata de Verdi
n°51 – ISBN : 978-2-84385-305-0 

Avant-Scène Opéra n°51 : La Traviata de Verdi
Avant-Scène Opéra n°51 : La Traviata de Verdi
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