Reportage
Entretien
Mardi 26 octobre 2021
3 min

Une rentrée mitigée pour les salles de spectacles, « les habitudes des gens ont changé »

Alors que la rentrée vient de s’achever et que toutes les institutions lyriques ont présenté leur production de début de saison, nous nous posons une question ce matin : les spectateurs ont-ils été au rendez-vous ? Les salles sont-elles remplies après le confinement et la pandémie ?

Une rentrée mitigée pour les salles de spectacles, « les habitudes des gens ont changé »
Les spectateurs ne se sont pas ruées dans les salles en cette rentrée, © Getty / MixMedia

L’Opéra de Marseille s’est mis en quatre pour pouvoir donner Guillaume Tell en ouverture de saison. Distance sociale oblige, il a fallu sortir l’orchestre de la fosse pour le faire déborder sur le parterre. Nous avons rencontré Maurice Xiberras, le directeur de l’institution. Il se disait fébrile pendant les répétitions, avec une certaine crainte concernant la venue des spectateurs : « On a eu des sueurs froides fin juin lorsque l’on a rouvert la location aux abonnés. Effectivement il y a une chute. En gros, 55% de chute par rapport à une saison normale. Les gens préfèrent acheter au coup par coup, et c’est vrai qu’ils ont perdu l’habitude. Il sont restés pendant plus d’un an chez eux, à regarder des captations. Il y en a certains qui refusent le Pass sanitaire, d’autres de porter le masque pendant toute la représentation. Et puis malheureusement nous avons des abonnés qui sont décédés, du Covid. Ca fait beaucoup de facteurs, effectivement, qui font que ça va être assez difficile de faire revenir le public. »

Cette baisse de fréquentation, nous l’avons constatée auprès de plusieurs interlocuteurs, ici-même par exemple, à Radio France : « Les habitudes des gens ont changé pendant le Covid. Par la disparition pure et simple d’activité de spectacles, et si certains ont eu une fringale pendant la réouverture, d’autres personnes ont redécouvert l’intérêt des soirées en famille, entre ami.e.s. Et puis la pénétration du numérique a été un accélérateur des usages », explique Michel Orier, Directeur de la musique et de la création.

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« Réinterroger la façon dont on parle au public »

A cela s’ajoute l’absence de visibilité au printemps dernier sur les programmes à venir, ainsi que celle des touristes étrangers. Pour attirer le public, des offres fleurissent un peu partout, notamment sur internet. A l’Opéra de Marseille par exemple, des places à 10 euros sont désormais proposées aux moins de 28 ans. Il faut « réinterroger la façon dont on parle à notre public », déclare Loïc Lachenal, à la tête de l’Opéra de Rouen : 

« Si on ne rentre pas par le programmation artistique, parce que les gens regardent un petit peu moins, on donne de nouveaux rendez-vous. A l’Opéra de Rouen, à partir de ce soir, on commence une nouvelle série de rencontres, de débats. Ça permet de voir le public de façon différente. Donc effectivement, tout ce qui concoure à une nouvelle activité ou à décloisonner le rapport avec les spectateurs par les jeux concours, les partenariats avec d’autres structures, tout ce qui peut permettre de parler de ce qu’on fait par des voies détournées, on va le rechercher. »

A partir du 7 novembre, l’Opéra de Rouen va donner La Vie Parisienne d'Offenbach. Pas de sueurs froides côté billetterie. Depuis la rentrée c’est souvent à la dernière minute que les spectateurs achètent leur places, nous ont dit les personnes que nous avons rencontrées. 

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