Reportage
Entretien
Samedi 17 octobre 2020
5 min

L'Opéra de Rouen célèbre l'Amazonie en musique et en image

Ce samedi 17 octobre, la forêt Amazonienne est célébrée à l’Opéra de Rouen avec un concert qui mêle la musique de Villa-Lobos, interprétée par les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie et l’Orchestre Régional de Normandie, aux photographies de Sebastião Salgado .

L'Opéra de Rouen célèbre l'Amazonie en musique et en image
Vue aérienne de la Forêt amazonienne, © Getty / Ricardo Lima

Sur la scène de l’Opéra de Rouen, les musiciens et la soprano Camila Titinger font vivre la forêt amazonienne en interprétant A Floresta do Amazonas. Une partition en 11 mouvements de Villa-Lobos que la cheffe Simone Menezes affectionne particulièrement : « C’est une musique extraordinaire. Quand on imagine un compositeur latin, avec notre vision euro-centrée, on a l’impression qu’il s’agit toujours de musique joyeuse. Mais ce n'est pas le cas de Villa-Lobos, surtout dans cette musique qui est d’une mélancolie et d’une nostalgie très profonde. Et il utilise aussi les onomatopées, les bruits de la foret, des voix qui imitent les oiseaux et donc ça nous aide à entrer dans l’esprit de la foret »

Cette œuvre est en effet, une ode à la beauté, à la grandeur, à la puissance du poumon de la terre, patrimoine cher à la soprano brésilienne Camila Titinger : « C’est en quelque sorte notre trésor, mais même en tant que brésiliens nous ne connaissons pas tous les mystères de cette foret incroyable. Et je ressens vraiment ce que Villa-Lobos a voulu offrir au monde quand il a écrit cette œuvre. Je vois les animaux, j’entends les bruits. Si je ferme les yeux je ressens la vraie foret amazonienne que nous avons. »

Aux notes se mêlent les célèbres photographies en noir et blanc de l’artiste Sebastião Salgado qui sont projetées sur scène, au-dessus des musiciens. Paysages de la foret, visages, scènes de vie parmi les peuples indigènes du Brésil ; elles répondent parfaitement à la musique, explique Simone Menezes : « Ça nous aide à vraiment plonger dans l’univers de la foret.Sebastião Salgado a essayé de choisir les images qui conviennent avec la musique. Par exemple il y a un mouvement qui s’appelle L’Oiseau de la foret et il a décidé de mettre des images de femmes, après il y a un mouvement qui s’appelle Les Guerres entre les indigènes_, et il a mis des images de guerre. Donc on essaie de créer cette ambiance d’immersion par ce proje_t. »

Avec cette suite dont le premier mouvement s’appelle Le Feu dans la foret, difficile de ne pas penser aux graves dangers qui pèsent aujourd’hui sur ce patrimoine écologique menacé, qui abrite 10% de la biodiversité mondiale. « Ce que je ressens, ce que je désire, mon espoir en quelque sorte quand je chante cela, c’est que l’art puisse changer les mauvais comportements de l’être humain avec la nature », déclare Camila Titinger, qui ajoute, « Je pense que ça c’est le pouvoir de l’art et de la musique. Nous pouvons changer le monde, les gens. Je pense vraiment à ça lorsque j’entends cette musique et que je la chante ».

La première c’est le samedi 17 octobre à l’Opéra de Rouen  La représentation commence à 18h, elle peut se tenir malgré le couvre-feu qui s’applique dans la ville. L’opéra communiquera très prochainement l’adaptation de sa programmation face à ces nouvelles mesures annoncées par le président mercredi dernier. Puis, rendez-vous à la Philharmonie de Paris, le 10 avril 2021.

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