Reportage
Entretien
Mercredi 23 juin 2021
2 min

Quelle politique culturelle musicale pour la ville de Reims au sortir du confinement ?

Comment Reims, orchestre-t-elle son réveil musical au sortir du confinement ? Alors que les Flâneries musicales, son célèbre festival de musique classique vient de reprendre, Marjorie Bertin s’est rendue dans la ville des Sacres, qui candidate pour être capitale européenne de la culture.

 Quelle politique culturelle musicale pour la ville de Reims au sortir du confinement ?
Flâneries musicales de Reims, © Maxppp / Christian Lantenois

Depuis dix ans, Jean-Philippe Collard est le directeur artistique des Flâneries musicales. Un évènement qui attire chaque année entre 40 et 50 000 auditeurs, nous explique ce dernier. « Je crois que la Ville de Reims est particulièrement fière de cette manifestation parce qu’elle met en lumière le cœur de la Cité. On investit le territoire et c’est la raison pour laquelle nous avons toujours travaillé en parfaite coordination. Nous avons été soutenus, un peu plus dans les années passées. Aujourd’hui on est capables quand même de réunir 43 concerts différents avec des artistes de très haut calibre. Les artistes eux-mêmes ont peut-être compris que pour certains d’entre eux, leurs cachets étaient un petit peu excessifs compte tenu du contexte socio-économique d’aujourd’hui. Donc on arrive à maintenir une qualité très haute. »

Les Flâneries sont financées à hauteur de 30% par le mécénat et 60% par les subventions publiques. La ville de Reims, qui consacre 15% de son budget a la culture, avait parié que la situation sanitaire s’arrangerait. C’est donc 150 concerts, de musique classique mais aussi de jazz, de hip hop de variété française, qui vont rythmer l’été. La plupart sont gratuit et en plein air. Pour le Maire de Reims, Arnaud Robinet, le confinement a été une période propice pour repenser la politique musicale de la ville.   

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« On a maintenu tous nos festivals et on en a créés. Derrière c’est surtout les acteurs du monde culturel. Le milieu associatif, mais également nos scènes nationales, nos maisons de quartier, toutes celles et ceux qui font vivre la culture au quotidien. Nous avons su travailler main dans la main et nous adapter. Cela nous a permis je dirais de transformer la gifle en caresse, de donner plus de possibilités à nos concitoyens quel que soit le quartier ou le secteur où ils habitent. C’est-à-dire faire sortir la culture de ses murs, que nos institutions culturelles, aillent à la rencontre d’un nouveau public. »

C’est aussi la volonté de Jean Delestrade. Il y a deux ans, son équipe et lui ont créé à Reims, Le Shed. Un tiers lieu chaleureux : à la fois club de jazz, brasserie, disquaire et restaurant. Tout l’été, outre les concerts au Shed, ils organisent Jazz au Boulingrin dans le quartier du marché. « C’est une programmation en plein air, gratuite. C’est une proposition intéressante parce qu’à la fois elle s’adresse aux amateurs de musique mais elle s’adresse aussi à une dynamique d’animation. On a évidemment tout le public des habitués qui investissent les chaises qui sont proposées très rapidement. Et puis tout autour, il y a des bars, des restaurants. Il y a énormément de gens qui viennent, qui se massent autour et qui viennent « prendre de la musique » dans le sens où parfois ils écoutent tout le concert, parfois ils restent deux morceaux, trois morceaux. C’est ça aussi qui nous intéresse dans cette opération, c’est de pouvoir toucher des publics très différents. »

Le confinement a aussi impulsé à Jean Delastrades l’envie de travailler avec d’autres structures. Près du Shed, se trouvent en effet la Cartonnerie, la scène des musiques actuelles et Césaré, un centre national de création musicale. Un quartier en pleine effervescence où s’ouvrira l’année prochaine une salle de concerts, pouvant accueillir 9000 personnes. 

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