Reportage
Entretien
Mercredi 21 avril 2021
2 min

Vous chantez faux ? Des scientifiques ont besoin de vous pour une étude sur la perception musicale

Le Centre de Recherches en Neurosciences de Lyon recrute des volontaires pour une étude rémunérée. Objectif : mieux comprendre le déficit de perception musicale, un trouble qui peut être très mal vécu par certains... et par leurs proches.

Vous chantez faux ? Des scientifiques ont besoin de vous pour une étude sur la perception musicale
Javotte, demi-sœur de Cendrillon à la voix particulière, aurait fait une candidate parfaite pour l'étude., © "Cendrillon", Disney

Vous trouvez que vous chantez magnifiquement bien, mais vos proches ne partagent pas cet avis ? Vous intéressez les scientifiques du Centre de recherches en neurosciences de Lyon. Agathe Pralus-Durand, post-doctorante, nous décrit les profils recherchés : "On s'intéresse aux personnes qui chantent faux, mais qui surtout ne s’en rendent pas compte. Celles qui vont avoir du mal à détecter une fausse note jouée lors d'un concert par exemple, ou qui peuvent aussi avoir du mal à reproduire des mélodies connues, comme chanter 'Joyeux anniversaire' ". Des personnes, en somme, atteintes de ce que l'on appelle un déficit de perception musicale.

Inégalité dès la naissance

Ce déficit, de naissance, trouverait son explication dans nos cerveaux. "Il faut observer en détail les régions fronto-temporales, c'est à dire celles situées entre le front et les tempes", indique Agathe Pralus-Durand : "La connexion entre ces deux régions n’est pas la même pour celles qui présentent le déficit que pour des personnes qui perçoivent très bien la musique."

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La plupart d’entre-nous pensent chanter faux, mais nous en sommes conscients. Les participants que l’on recherche chantent faux, mais surtout ne s’en rendent pas compte" - Agathe Pralus-Durand

Mais bonne nouvelle, rien d'irrémédiable. Pour "recâbler" ces régions "fronto-temporales", les volontaires - rémunérés 260 euros l'année - se livreront à de petits exercices simples, en apparence en tout cas. Par exemple, écouter deux mélodies à la suite, et dire si elles sont identiques ou différentes. Les réactions des auditeurs seront notamment scrutées grâce à une magnéto-encéphalographie. Caliani Hoarau, en master 2 de neuropsychologie, participe aux recherches et nous explique : "Il s'agit d'une grosse machine qui nous permet d'enregistrer l'activité électrique du cerveau en réponse à une stimulation. On va voir comment réagit leur cerveau quand, par exemple, ils écoutent deux mélodies différentes."

"Aider des personnes malentendantes"

Les volontaires disposeront aussi de tablettes tactiles, pour faire des exercices depuis chez eux. De cette manière, les scientifiques pourront évaluer leurs progrès et faire avancer la recherche, nous dit Agathe Pralus-Durand : "C’est un trouble qui est peu connu par la population, ce sont des gens qui peuvent se sentir incompris", explique-t-elle. "Et à plus large échelle, cela va nous permettre de mieux comprendre les mécanismes de l’audition, et d’aider des personnes malentendantes, par exemple, à mieux percevoir leur environnement." En revanche, peu d'espoir de transformer une voix de casserole en voix d'opéra. Pour cela, nous dit la chercheuse, rien ne vaut des cours de chant.

Si vous souhaitez participer à l'expérience, il faut au préalable réaliser un petit test en ligne - disponible en cliquant ici - afin de déterminer votre niveau de perception musicale. Si votre profil intéresse les chercheurs, ils vous recontacterons pour venir faire des tests au laboratoire, qui se situe à Lyon.

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