Reportage
Entretien
Mercredi 19 mai 2021
2 min

Dans les coulisses de Werther à l'Opéra de Montpellier « ça court partout, le pas est léger »

C’est le grand jour. Comme beaucoup d’institutions, l’Opéra de Montpellier va retrouver le public dès ce soir. Ce sera avec le quatuor pour la fin du temps de Messiaen. Demain, c’est Werther de Massenet qui sera joué place de la Comédie. Reportage dans les coulisses de la production lyrique.

Dans les coulisses de Werther à l'Opéra de Montpellier « ça court partout, le pas est léger »
Quelques minutes avant la pré-générale de Werther à l'Opéra de Montpellier, © Radio France / Sofia Anastasio

Pinceaux, peignes, fer à friser. Face aux miroirs, les chanteurs et chanteuses se préparent pour la pré-générale, qui démarre dans une heure. Dans une semaine, ils pourront chanter Werther en public, ce qui réjouit la directrice de l’Opéra de Montpellier, Valérie Chevalier. Même si l’orchestre n’a jamais cessé de travailler pendant la crise sanitaire, avec une production lyrique c’est tout un monde qui réapparait entre les murs de l’institution. « J’entends des pas qui passent sans arrêt dans mon couloir, et quand je vais voir qui c'est, ce sont toutes les habilleuses qui sont de retour. Ça c’est génial, je sens que tout le monde est content. Ça court partout, le pas est léger, et les artistes vont être forcément très bichonnés. La moindre mèche de cheveux sera bouclée. Les équipes ont vraiment envie de montrer au public un bel objet. »

Après le maquillage, direction les loges pour s’échauffer la voix, et échanger des conseils avec Jose Dario Innella. Il est en charge de la mise en scène sur cette production créée par Bruno Ravella. Et son métier aussi retrouve un sens avec le retour du public et des artistes sur scène  : « Le métier de metteur en scène est assez étrange. Les chanteurs chantent, les musiciens jouent d’un instrument, les comédiens jouent tout court, et moi je joue avec les gens (rires), donc c’est très dur de faire ce métier tout seul. C’est dans la nature de notre profession, on a besoin d’être entouré de gens. Et je dis toujours que le théâtre est ma seule religion. Les temps ont été très durs, mais j’espère que cette situation arrive à sa fin ».

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«  Je capote un peu comme on dit en bon québécois »

Parmi les artistes que dirige Jose Dario Innella, il y a Marie-Nicole Lemieux. C’est une prise de rôle pour la chanteuse qui interprète Charlotte aux côtés de Mario Chang. « Je me sens ici à ma place, c’est le retour au métier », déclare la contralto qui ne s’est pas produite dans une production lyrique depuis 2019, à Bastille. Et elle appréhende le retour du public : « J’essaie de ne pas trop y penser, je capote un peu comme on dit en bon québécois ! Tout l’univers des critiques m’inquiète, et j'espère que le public ne sera pas déçu. Je vais me concentrer sur le fait que je sais qu’il y a des gens qui sont contents que je vienne chanter et sur la chance et l’honneur que j’ai de faire enfin cette partition. Je vais essayer juste de jouir de le faire à fond, et d’avoir des belles robes ». 

Alors le capotage, nous avons demandé à Marie-Nicole Lemieux, c’est un mélange d’inquiétude et d’appréhension. Nul doute que la chanteuse ravira le public, qui malgré la jauge réduite sera bien présent. Lors de l’ouverture de la billetterie, toutes les places ont été vendues en dix minutes nous a informé Valérie Chevalier.   

Werther de Massenet, avec l’Orchestre National de Montpellier dirigé par Jean-Marie Zeitouni, et mis en scène par Bruno Ravella, a également été capté par l'opéra, pour une diffusion ultérieure.

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