Reportage
Entretien
Mercredi 15 septembre 2021
3 min

Le Festival George Enescu à Bucarest, « C'est une folie que nous avons là »

En ce moment se tient à Bucarest l’un des plus importants festivals de musique classique au monde, le Festival George Enescu. Un mois de concerts, qui rassemble 4700 artistes, dont 3500 internationaux. Nous nous sommes rendu en Roumanie, assister à l’évènement qui célèbre les 140 ans du compositeur.

Le Festival George Enescu à Bucarest, « C'est une folie que nous avons là »
Le Philharmonia Orchestra à la Sala Palatului de Bucarest, © Andrada Pavel - George Enescu Festival

Ici, à la Sala Palatului, chaque concert est introduit par un petit film qui présente le Festival George Enescu, sur grand écran. La musique, le lieu, une salle de conférence construite en 1960 à l’ère communiste, tout ici est assez cinématographique. Et hors norme, nous explique son directeur, Mihai Constantinescu : « C’est une folie que nous avons ici. En voyant toutes les difficultés d’organisation je ne comprends pas pourquoi on fait ça, et je continue de me le demander (rires). Mais j’espère que tout se passera bien jusqu’au 26 septembre, que tout se déroulera dans de bonnes conditions, que tout le monde sera heureux de participer, et que les échos après le festival seront bons. »

Les difficultés dont fait part Mihai Constantinescu, se résument largement en un mot : le Covid. La crise sanitaire n’est pas simple à gérer lorsque l’on reçoit pendant 4 semaines plus de 3 500 artistes étrangers. Règnent donc Pass sanitaire, distances sociales, masque et jauge réduite. « Toutes ces conditions sont demandées par le Comité national, et aussi par les artistes. Chaque artiste qui est venu a des conditions spéciales de son pays mais aussi de notre pays. »

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Un feu d'artifice 

Ce soir-là, le London Philharmonic Orchestra était à l’affiche, et, dans le public, on pouvait apercevoir les musiciens, les chefs, programmés la veille ou le lendemain. C’était le cas du chef d’orchestre français Frédéric Chaslin : « Je crois qu’on n’a pas d’autre exemple dans le monde, un mois comme ça avec tous les jours un grand orchestre. Moi je suis là depuis une semaine, et j’ai vu tellement d’amis du Philharmonique de Munich, le London Philharmonia, il va y avoir le Concertgebouw d’Amsterdam. C’est un feu d’artifice. »

Le London Philharmonic Orchestra a terminé son concert avec en bis la Danse Hongroise numéro 5 de Brahms. Et visiblement très heureux, les spectateurs ont même battu la mesure avec leurs mains, pendant quelques secondes. Un enthousiasme qui n’étonne pas Ion Bogdan Ştefănescu, flutiste de l’Orchestre Philharmonique George Enescu. « En fait c’est assez représentatif de notre public. Les Roumains sont très chaleureux. Mais d’un autre côté, cela soulève une question, pourquoi sont-ils aussi enthousiastes ? Si les roumains attendent autant ce festival  c’est parce que pendant le reste de la saison, entre chaque festival, tous les deux ans, on n’a pas ce genre de concert. Parce qu’on ne peut pas se le permettre. Et ça c’est un problème ».

Ce feu d’artifice, qui se tient tous les deux ans, largement financé par le gouvernement, a un coût de 11 millions d'euros. Une somme, à l'échelle du budget annuel alloué à la culture qui était de 200 millions d’euros en 2018. Ce festival serait donc l'arbre qui cache la forêt, quant à la réalité de la vie musicale du pays. Être musicien classique en Roumanie, ce sera le deuxième volet de notre série de reportages.

L'équipe de l'émission :