Reportage
Entretien
Mercredi 9 juin 2021
2 min

Impasse tranquille, bistrot célèbre : à Paris, sur les traces de Georges Brassens

La ville de Sète lance ce mercredi 9 juin les festivités du centenaire de la naissance de Georges Brassens. Le Sétois a passé une grande partie de sa vie à Paris, dont témoignent nombre de lieux de la capitale...

Impasse tranquille, bistrot célèbre : à Paris, sur les traces de Georges Brassens
Impasse Florimont, une plaque indique la maison où Brassens vécut de 1944 à 1966., © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Georges Brassens aurait eu 100 ans cette année. La ville de naissance du chanteur de légende, Sète, lance ce mercredi les festivités, maintes fois repoussées à cause de la crise sanitaire. Des concerts, des expositions prévues jusqu'en octobre, à Sète donc mais aussi... à Paris. Georges Brassens a en effet passé une grande partie de sa vie dans la capitale.

Derrière une station service somme toute banale, on pousse un portail en bois et on découvre une petite impasse, très tranquille : l'impasse Florimont, dans le 14e arrondissement de Paris. C'est là que Georges Brassens débarque en 1944. Il y écrit ses premières chansons : Le Fossoyeur, Brave Margot, Le Gorille... Yvan, qui réside dans l'impasse, y pense, parfois : "on est les voisins posthume. Notre petit jardin donne juste sur la fenêtre du bureau où il a écrit ses chansons, de 1944 à 1966", raconte-t-il. "On y voyait souvent Pierre, en train de s'afférer dans le bureau."

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L'impasse Florimont, derrière une banale station essence
L'impasse Florimont, derrière une banale station essence, © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Pierre, c'est Pierre Onténiente, le secrétaire, comptable, et ami de Brassens. Le chanteur lui a offert la maison à son départ et la fille de Pierre Onténiente, Françoise, vit toujours là. "Mon père a hérité de la maison, il l'a habité même avant la mort de Georges", explique celle qui a connu le chanteur : "Il est mort quand j'avais 25 ans. Je garde de lui l'image de quelqu'un qui était sympa, qui n'avait pas forcément un rapport simple avec les enfants : on était un peu des martiens, des petits hommes verts pour lui ! J'y pense car c'est quelqu'un qui a fait partie de mon enfance, de ma vie, de ma famille même je pourrais dire. Je pense qu'il a très mal vécu la célébrité, le fait qu'on le reconnaisse, qu'il ne puisse plu faire un pas tranquille."

On accède à l'impasse en poussant un petit portail en bois
On accède à l'impasse en poussant un petit portail en bois, © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Une célébrité qui le suit jusque dans la mort. Sabine, venue de Nice, prend en photo la plaque commémorative : "Il y a  un petit clin d’œil plus que particulier avec ses 100 ans. On devrait relire ses textes aussi. Car il y a le côté musique mais surtout le  contenu : la photographie d'une société passée mais qui est encore très présente."

Station de métro et bistrot de légende

En descendant la rue d'Alésia, on passe devant la station de métro "Plaisance". Un jour de 1947, c'est ici que Georges Brassens rencontre Joha Heiman, qui partagera sa vie. Il la surnomme "Püpchen", petite poupée, en allemand. C'est elle, la femme de la chanson Je me suis fait tout petit.

Plus bas encore, on arrive devant une institution : "Chez Walczak", le bistrot où Brassens avait ses habitudes. Le propriétaire, Jean-Louis Walczak, nous raconte l'histoire du lieu : "Mon père Yanek, champion d'Europe de boxe et numéro 3 mondial, a ouvert un restaurant au 75 rue Brancion. Brassens était voisin. Au début il venait boire un petit coup et après ils venaient tous : Brassens, Bourvil, Fernandel, Lino Ventura, Belmondo... Brassens, c'était un peu sa cantine", décrit-il. Brassens a même composé une chanson sur le lieu, intitulée Le Bistrot, qui évoque les parents de Jean-Louis : "Je pense qu'il était un peu amoureux de ma mère. Il la décrit comme une 'fée', la 'belle du bistrot'. Et mon père c'était le 'gros dégueulasse' !"

La devanture de "Chez Walczak"
La devanture de "Chez Walczak", © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Brassens vivra jusqu'à sa mort juste derrière, rue Santos-Dumont. Où depuis le départ de l'homme à la pipe, on n'entend plus que le chant... des oiseaux.

Les maisons de la rue Santos-Dumont dans le 15e arrondissement, où Brassens vécut jusqu'à sa mort
Les maisons de la rue Santos-Dumont dans le 15e arrondissement, où Brassens vécut jusqu'à sa mort, © Radio France / Louis-Valentin Lopez
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