Reportage
Entretien
Mercredi 7 octobre 2020
2 min

Les mesures sanitaires dans les salles de spectacle, un casse-tête pour les billetteries

Jauge réduite, distance entre les spectateurs, respect des gestes barrières. Si les salles de spectacle ont rouvert, c’est dans un cadre sanitaire bien précis qui demande toute une réorganisation côté billetterie et placement des spectateurs.

Les mesures sanitaires dans les salles de spectacle, un casse-tête pour les billetteries
Vérification des billets au Moscow International House of Music, sept 2020 , © Getty / Mikhail Tereshchenko .

« Ce soir nous avons le Concerto pour violon de Tchaikovsky, avec l’Orchestre National de France ». Nous sommes ici au briefing de l’équipe d’accueil de l’Auditorium de Radio France. Dans un peu plus d’une heure, l’Orchestre National de France donnera son concert devant une jauge réduite à 950 places au lieu de 1450 en raison des mesures contre la COVID 19, mesures qui sont rappelées à l’équipe ce soir ; un siège entre chaque spectateurs, et des groupes qui sont autorisés jusqu’à 4 personnes. 

Comment se gère cette situation côté billetterie ? Nous avons posé la question à Arnaud Marichez, adjoint au secrétaire général de la Direction de la musique : «  C’est automatisé pour les billets qu’on vend à partir de maintenant, c’est-à-dire que le logiciel sait bloquer des places à chaque fois qu’on réserve un siège dans la salle. Par contre, pour tous les billets qu’on avait déjà vendus, c’est à peu près 18 000 billets vendus jusqu’à la fin du mois de décembre, là c’est un travail manuel donc c’est un énorme boulot ». 

En tout, 64 concerts sont concernés, « pour chaque concert ce sont les équipes de la billetterie qui doivent au cas par cas regarder dossier par dossier et replacer les personnes dans la salle. » Et cela représente une somme conséquente de travail reconnait Arnaud Marichez, « ça prend énormément de temps, c’est un très gros boulot, on compte entre un et deux jours de travail pour chaque concert ». 

Avec des situations plus compliquées que d’autres « parfois on a des dispositions de scène avec des pianistes, des solistes, donc les personnes ont choisi un siège parce qu’ils voulaient voir par exemple les mains du pianiste, donc y’a des cas qui sont un peu plus délicats que d’autres. »

« On fait de la dentelle de Calais »

Le Théâtre des Champs Elysées dispose du même logiciel avec un module « distanciation physique » pour les places disponibles à la vente. Mais pour celles déjà vendues, il faut « refaire toutes les places, spectateur par spectateur » pour la distanciation physique et pour limiter à 1000 places, nous explique Valérie Turban, « on fait de la dentelle de Calais ». 

Et ce, avec le même soucis de garder les meilleures relations possibles avec le public « Pour le concert du 1er octobre de Philippe Jaroussky, on avait pratiquement plus de 200 places en trop. Le parti pris de l’équipe et de la direction c’est d’abord de dire ‘voilà le contexte actuel, où nous en sommes souhaitez-vous oui ou non renoncer à votre place’, plutôt que de prendre nous même une sélection et de dire ‘monsieur désolée vous ne pouvez pas venir’. » 

Et les retours sont « très positifs, vraiment des gens qui comprennent, donc on a pu faire une salle à mille places »

Entraide entre les salles

Il arrive cependant que des spectateurs soient contrariés, concèdent Valérie Turban et Arnaud Marichez. Tous deux se soutiennent, avec une entraide qui s’est installée entre les différentes salles parisiennes. « Comment ça va se passer pour toi ? Est-ce que les bars sont fermés ? Est-ce que les vestiaires sont fermés ?Est-ce que tu ouvres ou pas les caisses le soir ? On s’aide », raconte Valérie Turban, « on est tous dans le même bain donc on essaie de faire au mieux pour le public et que le spectacle reste vivant et soit là ». 

Le TCE a également mis en place cette année un avoir, valable sur toute la saison, et des représentations ont été ajoutées, comme pour le ballet royal de la nuit cette semaine. 

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