Reportage
Entretien
Mardi 31 août 2021
3 min

« Il n'y a plus d'espoir pour mon pays », rencontre avec le musicien afghan Humayoun Ibrahimi

Dès leur arrivée à Kaboul le 15 août dernier, les talibans ont réprimé avec violence, menacé, attaqué les musiciens. L’art est désormais interdit dans la capitale afghane. Rencontre avec Humayoun Ibrahimi, joueur de tabla, dont la famille de musiciens a pu être évacuée il y a deux semaines.

« Il n'y a plus d'espoir pour mon pays », rencontre avec le musicien afghan Humayoun Ibrahimi
Haroon et Humayoun Ibrahimi, © Radio France / Sofia Anastasio

Humayoun Ibrahimi et son frère Haroon Ibrahimi jouent la musique de leur pays, l’Afghanistan, qu’ils n’ont pas vu depuis trois ans. Exilés depuis trois ans, après avoir été menacés par les talibans, ils sont extrêmement inquiets depuis l’arrivée de ces derniers au pouvoir. Humayoun Ibrahimi nous fait part de sa peur : « Il n’y a pas d’espoir pour l’Afghanistan maintenant. Depuis une semaine et demi je ne mange plus, je ne dors plus, je suis toujours stressé. Je viens d’une grande famille de musiciens, ils sont toujours avec leurs instruments, et j’ai peur parce que les talibans ils vont chercher dans chaque maison, chaque personne. J’espère qu’on va trouver une solution pour eux. » Le musicien souhaite également remercier des personnes qu'il ne peut pas nommer, par sécurité, des ambassadeurs qui ont aidé ses proches.

Les talibans sont notamment partis à la recherche de leur père, Ibrahim Ibrahimi, musicien très célèbre en Afghanistan. Mais il a pu, avec une grande partie de la famille d'Humayoun Ibrahimi, être évacué du pays, où les artistes risquent désormais la mort. Ils sont aujourd’hui arrivés en France, en quarantaine, à cause du covid : « Je suis content que ma famille soit là, ils sont arrivés depuis 4 jours, 4 jours et demi, je ne sais plus, parce qu’on n’habite pas ensemble, ils sont en quarantaine. Et je remercie le Président Emmanuel Macron, le ministère des Affaires étrangères, particulièrement David Martinon son ambassadeur, tout ceux qui nous ont aidés, qui ont protégé mon père, ma famille. C’est grâce à eux et à Dieu que ma famille est là. »

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C'est grâce à une initiative lancée par Guilda Chahverdi, commissaire de l’exposition Kharmohra, l’Afghanistan au risque de l’art qui s’est tenue au Mucem l’année dernière, que plusieurs familles d'artistes ont été évacuées en France. De nombreuses institutions, parmi lesquelles l'Atelier des artistes en xxil, dont font partie Humayoun et Haroon, sont mobilisées. . On écoute, Judith Depaul, directrice de l’Atelier des artistes en exil : «  Nous on est arrivé pour coordonner les choses et apporter notre expertise, à savoir raconter comment ça se passait pour les questions d’asile, insister sur le fait que l’urgence c’est de faire sortir les personnes, et d’obtenir des visas. On fait en sorte de raconter ce qu’il faut faire et comment ça se passe ».

Une cagnotte a également mise en place  pour venir en aide, d’urgence, aux artistes très nombreux qui arrivent. Pour sauver des vies, des cultures et des voix dissidentes, qui, plus généralement dans le monde selon Judith Depaul sont de plus en plus menacées. 

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