Reportage
Entretien
Mardi 28 décembre 2021
3 min

Les ciné-concerts ont la cote, et élargissent le public des salles

De plus en plus de salles de spectacle programment des ciné-concerts. En parallèle, les orchestres étendent leurs répertoires aux bandes originales. Les spectacles, eux, trouvent toujours leur public. Exemple, à la Seine musicale, où se joue la BO du film multirécompensé The Artist.

Les ciné-concerts ont la cote, et élargissent le public des salles
L'orchestre Pasdeloup interprète la bande originale du film The Artist, avec le compositeur Ludovic Bource, au piano, et sous l'œil de Jean Dujardin, à l'écran., © Radio France / Clément Buzalka

Il y a 10 ans, sortait le film le plus récompensé de l'histoire du cinéma français : The Artist. Un film muet, en noir et blanc, réalisé par Michel Hazanavicius, et porté à l'écran par Jean Dujardin et Bérénice Béjo. Soutenu également par une bande originale elle aussi, récompensée partout dans le monde. Une musique qui fera vibrer le public de la Seine Musicale, à Boulogne Billancourt, ce mardi 28 décembre 2021, à l'occasion d'un ciné-concert exceptionnel. Un rendez-vous populaire, d'ores et déjà complet, qui vise à attirer un public plus large.

Car cette bande originale est ultra populaire. Ces notes classiques, jazz et variétés ont résonné dans les salles de cinéma du monde entier. Elles ont conquis le public et glané les plus prestigieuses récompenses. Mais depuis 2011, la BO de The Artist a aussi fait le tour des salles de concert du globe. Et que ce soit en Russie, en Angleterre, en Australie ou en Amérique, ces ciné-concerts ont toujours trouvé leur public. 

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Une mission de sensibilisation à la pratique orchestrale

« Le fait d’être à un concert et d’aller en même temps voir un film, forcément, cela touche des gens qui n’auront pas l’habitude d’aller écouter une œuvre du grand répertoire à l’Opéra de Paris par exemple, estime Ludovic Bource, compositeur de la musique du film The Artist. Quelque part, peut-être que cela peut sensibiliser le jeune public ou les non-initiés aux concerts et à la musique d’orchestre. »

Et on le voit dans les programmations des grandes salles, les ciné-concerts ont la côte, en France comme ailleurs. Plus que sur l'effet de mode, les producteurs misent sur ces spectacles comme des portes d'entrée vers la musique vivante. 

« Cela peut être un bon filon, mais ce n’est pas toujours le cas, confesse Mélissa Saint-Fort, directrice marketing et communication de la Seine Musicale. Il y a certains ciné-concerts qui fonctionnent toujours, comme les grandes marques type Star Wars, Le Seigneur des anneaux, ou encore les comédies musicales. Pour d’autres, cela peut être un peu plus compliqué. Le contexte sanitaire actuel nous a fait souffrir. Pour The Artist, on s’attendait à pouvoir faire plus de dates, mais ce n’est pas possible. »

Si la date affiche néanmoins complet, à l’occasion des dix ans du film, c’est le cas de la plupart des événements ciné-concerts à la Seine musicale. Les spectacles autour des BO du Grand bleu, La La Land, ou des Chaplin attirent toujours de nombreuses familles et des jeunes publics. « C’est une manière pour nous de donner accès à cette musique classique aux publics, sans leur faire peur avec le côté orchestre symphonique et concert d’orchestre, qui peut parfois effrayer », poursuit Mélissa Saint-Fort.

Décloisonner la musique classique

Et pour les orchestres aussi, ces spectacles sont autant de moyens de ne pas se reposer sur leurs lauriers et leurs répertoires classiques. Ils sont un passage obligé pour séduire de nouveaux publics. Obligé, mais pas contraignant, assure Marianne Rivière, présidente de l'Orchestre Pasdeloup. « On n’aime pas être cloisonnés dans une posture de style. On a joué beaucoup de comédies musicales au théâtre du Châtelet. On aime aussi le grand répertoire, ou le jazz. On a enregistré dernièrement du Mahler. Donc, le champ musical est aujourd’hui très large. Et les musiciens veulent tout jouer, pour partager au maximum avec le public leurs passions. »

Allier cinéma et concert, c'est sans doute la meilleure façon de donner un bon bol d'oxygène aux artistes. Car quelles que soient les salles, tous les spectacles ont souffert et souffrent de cette crise sanitaire. Mais comme Jean Dujardin, alias Georges Valentin dans le film The Artist, elles ne demeureront pas muettes.

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