Reportage
Entretien
Mardi 25 mai 2021
2 min

Le Palais Garnier rouvre avec Le Soulier de Satin

Le Palais Garnier rouvrait vendredi 21 mai avec une création mondiale : la mise en musique de l’impressionnante pièce Le Soulier de Satin. L’œuvre de Paul Claudel jouée sur 12 heures au théâtre, a été compressée en 6 heures pour l’opéra.

Un "pari fou". Voici comment le compositeur Marc-André Dalbavie résume cette folle aventure de transposer à l'opéra Le Soulier de Satin, l'oeuvre théâtrale et complexe de Paul Claudel. En 1987, lorsqu'il découvre cette pièce publiée en 1929, conseillé par Pierre Boulez, Marc-André Dalbavie a ressenti "un choc". Plus de 30 ans plus tard, il orchestre la transposition en musique de cette "oeuvre monde": "Le danger qu'il pouvait y avoir, c'était d'homogénéiser l'oeuvre par la musique, j'ai essayé de ne pas tomber dans ce piège, c'est pour cela qu'il y a des parties de théâtre, du chanté parlé, ... J'ai voulu garder cette richesse et cette diversité, qu'il n'y ait pas un flux continu de musique", déclare-t'il. 

Pour les chanteurs, la partition se dévoile ambitieuse. Eve-Maud Hubeaux, qui tient le premier rôle, celui de Dona Prouhèze, s'est préparée au projet en se replongeant dans le "monument" de Paul Claudel. "Il n'y a pas de réécriture, on garde le sens et le verbe de Claudel, on a des phrases à rallonge, des phrases tarabiscotés, donc c'est un challenge supplémentaire pour un chanteur". 

Le marathon des 6 heures

La mezzo-soprano le concède, les six heures de spectacle sont un "marathon", mais un marathon nécéssaire. "Il y a besoin de ce temps car quand on arrive au fameux duo entre Rodrigue et Prouhèze, ce duo, il n'a de sens que parce qu'il y a eu toute cette tension créée pendant des heures. Claudel l'avait aussi pensé comme ça". La chanteuse insiste bien sur le terme "d'expérience" et non d'opéra classique. 

Sur scène, la mise en scène simple nous invite dans cette direction : les décors, de grands tableaux style Renaissance espagnole, défilent sobrement. Certains traits de mise en scène, comme la porosité du quatrième mur, cassent les codes pour laisser au spectateur, une immersion encore plus totale. Tout est pensé pour que le spectateur profite de la musique, une partition contemporaine qui convoque certains instruments rares comme la guitare baroque. 

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