Reportage
Entretien
Mardi 21 septembre 2021
3 min

Week-end hip hop à Ambronay : « renouveler les publics, ça ne se fait pas comme ça »

Le week-end dernier, le festival d’Ambronay, qui se tient jusqu’au 3 octobre, mettait le hip-hop à l’honneur. Pendant deux jours, avec Pôle en Scènes, le festival a proposé à son public diverses formes de spectacles, mêlant par exemple le beat box et le théorbe.

Week-end hip hop à Ambronay : « renouveler les publics, ça ne se fait pas comme ça »
Jérôme Oussou et le Concert de l'Hostel Dieu , © Bertrand Pichene - CCR Ambronay

Entre les spectateurs, ici, il y a des trottinettes et des ballons de foot qui se promènent. Nous sommes au bord de la route, devant le théâtre de Pôle en Scènes, à Bron, où le danseur hip hop Jérôme Oussou inaugure la Nuit Baroque Hip Hop, avec les musiciens du Concert de l’Hostel Dieu. Cette soirée de spectacle, qui s'achève par un bal baroque, a été imaginée par le conseiller artistique du lieu, le chorégraphe Mourad Merzouki. C’est une première, nous explique-t-il, et un pari : « Le défi, c'est de rapprocher des mondes éloignés. Quand on voit ces danseurs hip hop incroyables que sont Aymen et Jérôme, qui se confrontent à cet univers de la musique baroque, on réalise que ce défi est artistique, mais aussi humain. Ce ne sont pas des personnes qui ont l’habitude de se croiser au quotidien, ce ne sont pas les mêmes parcours, les mêmes écoles. Et c’est possible. Ce qu’on a vu ce soir, c’est qu’il y a un véritable croisement, un mélange, et on a l’impression qu’il est presque évident au final ».

La viole de gambe de Lucile Boulanger, les voix des Traversées baroques. Pendant toute la soirée, ces dernières ont accompagnées danseurs et danseuses Hip hop comme Jérôme Oussou, à qui les notes de Vivaldi ou Bach inspirent une certaine allégresse :  « Vu que je suis danseur hip hop, c’est vrai que je suis plus dans des trucs assez boum boum bam on va dire, mais là, cette musique m’inspire plus de légèreté, une écoute mutuelle avec les musiciens. Cela m’inspire de la fluidité dans le corps, c’est moins brut, et même au sol ça m’amène plus de légèreté. »

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

« Les publics vont là où ils ont envie d’aller »

Le lendemain, c’est à Ambronay que les choses se passaient. Le festival accueillait à son tour, dans la salle polyvalente du village, aménagée pour l’occasion, une journée de rencontre, de dialogue entre théorbe et beat box, par exemple. Ce qui réjouissait, Isabelle Battioni, directrice du Centre Culturel de rencontre d’Ambronay. « Nous, les organisateurs de concert de musique de patrimoine, on se dit ‘ok, il faut renouveler les public’. Mais renouveler les publics, ça ne se fait pas comme ça, et c’est incantatoire. Les publics vont là où ils ont envie d’aller. Et je trouve que partir de la culture de la jeunesse d’aujourd’hui, c’est extrêmement important, et le faire avec la musique sur instruments anciens, qui a une vivacité de timbre, qui a une vivacité de rythme, je trouve ça très jouissif ».

Et c’est les larmes aux yeux, de joie, que nous avons retrouvé Isabelle Battioni, après la performance de Jérôme Oussou et le Concert de l’Hostel Dieu. Performance qui s’est terminée en cours de danse géant. « Vous savez je suis une militante », déclare la directrice, heureuse de ce pari gagné. Et tous les spectateurs semblaient d’accord pour entrer en campagne avec elle, et revivre ce genre de weekend. 

L'équipe de l'émission :