Reportage
Entretien
Mardi 11 janvier 2022
3 min

Dans l’atelier de perruques du théâtre du Capitole, des artisans aux doigts de fée

Le Capitole de Toulouse est un des seuls théâtres en France à fabriquer ses perruques sur place, dans l’un de ses trois ateliers d’artisanat d’art. Reportage au 4e étage du théâtre, où une dizaine d’artisans fabriquent, coiffent et arrangent ces chevelures plus vraies que nature.

Dans l’atelier de perruques du théâtre du Capitole, des artisans aux doigts de fée
Dans les ateliers de perruque au 4e étage de l'Opéra de Toulouse, © Patrice Nin

Perchée au quatrième étage du Capitole à Toulouse, il est une pièce un peu curieuse. Ici, la chevelure est reine : diadème, tresses et bigoudis ornent des têtes en bois posées un peu partout sur les tables. Nous sommes dans l’atelier de perruques et de maquillage du théâtre et l’ambiance est studieuse. Une dizaine d’artisans s’affairent à préparer les perruques des prochaines productions, sous la houlette de Vanessa Marchione, cheffe perruquière de l’atelier, elle-même fille et petite-fille de perruquiers. 

Véritable cheffe d’entreprise, elle supervise la conception des perruques, en lien avec les metteurs en scène, et connaît l’atelier comme sa poche. Il faut dire que cela fait plus de 30 ans qu’elle y travaille. « C’est vraiment un miracle d’avoir, aujourd’hui, ce genre d’atelier. Il y en a très peu en France, se réjouit-elle. Seuls Bastille, l’Opéra de Rhin et Toulouse ont la chance d’en posséder un. » Une rareté qui participe à son succès. « Les autres théâtres nous demandent beaucoup nos perruques », assure Christophe Ghristi, directeur artistique du Capitole. 

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«  C’est vraiment un miracle d’avoir, aujourd’hui, ce genre d’atelier. Il y en a très peu en France,» Vanessa Marchione, cheffe perruquière
« C’est vraiment un miracle d’avoir, aujourd’hui, ce genre d’atelier. Il y en a très peu en France,» Vanessa Marchione, cheffe perruquière, © Patrice Nin

Au total, le théâtre possède trois ateliers d’artisanat d’art : les perruques, mais aussi les décors et les costumes. Une spécificité qui permet à l’Opéra de concevoir tous les pans de ses productions. « Nous pouvons tout réaliser nous-mêmes et c’est aussi pour cela que nous faisons beaucoup de co-productions avec d’autres opéras », explique le directeur artistique. Seules les chaussures ne sont pas fabriquées sur place. 

Je suis fou des ateliers. C’est une force aussi importante pour la maison que peuvent l’être le chœur, l’orchestre et le ballet. Il y a dans ses ateliers un savoir-faire et une tradition du savoir-faire qui sont extraordinaires.

Ce savoir-faire, le théâtre entend le développer et le transmettre aux futures générations. Durant chaque saison, quatre apprentis sont sélectionnés pour venir apprendre sur place les techniques de la perruque et du maquillage. Un volet formation qui a pesé dans la balance lors de l’obtention du label « Opéra national en région » obtenu en décembre dernier par l’Opéra

Cette formation, créée par les parents de Vanessa Marchione, permet aux stagiaires une immersion totale dans la vie professionnelle, nécessaire à l’acquisition de ce savoir-faire complexe. « En fait, nous avons plusieurs métiers, nous sommes perruquiers, posticheurs, coiffeurs, maquilleurs, etc. Nous faisons aussi les bijoux de tête pour les ballets, les prothèses, nous faisons beaucoup de choses, souligne la cheffe d’atelier. Je trouve important que l’on valorise un métier qui avait disparu depuis des années et qui maintenant est recherché partout ». Recherché partout, en France, et même à l’étranger. Puisqu’aujourd’hui, les anciens stagiaires de l’atelier travaillent aux quatre coins du monde. 

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