Reportage
Entretien
Mardi 10 novembre 2020
2 min

Dominique A

Dominique A sort un disque, "Vie Étrange", écrit pendant et après le premier confinement. Cet album résulte de sa sensation d'isolement qui l'a beaucoup inspiré.

Dominique A
Dominique A et son nouveau disque "Vie étrange" , © Laetitia Begou

Adolescent, il se passionne pour la littérature et la musique, ses goûts s'orientent vers le courant punk, puis le romantisme ténébreux de la new wave. Après le baccalauréat, il étudie les lettres modernes pendant un an et, parallèlement, fait quelques petits boulots dont celui d'homme à tout faire dans une radio FM nantaise. Vers dix-sept ans, il monte un groupe avec quelques amis, baptisé John Merrick en référence au héros de Elephant Man, film culte de David Lynch qu'il apprécie tout particulièrement. Le quatuor donne quelques concerts dans la région nantaise. Il compose également quelques titres avec le chanteur Philippe Katerine, mais dans un registre très différent, beaucoup plus enlevé.

"Il n'y a de considération ni pour le psychologique, ni pour le spirituel, et moi ça me pose vraiment problème". Dominique A

"Une sorte de carnet de bord musical"

“La chose n’était pas prévue, mais qu’est-ce qui l’était cette année? Après avoir sorti deux albums en 2018, « Toute latitude » et « La fragilité », et tourné pendant un an, je m’étais imposé une présupposée longue période d’autarcie pour recharger les batteries créatives. En cours de route, virus oblige, fût décrétée en mars 2020 une autarcie généralisée. Autarcie sur autarcie, ça commençait à faire beaucoup…   Par contrecoup, je ressortis du bois, bien au-delà du kilomètre alors réglementaire, via les tuyaux numériques, avec une reprise d’un groupe cher à mon coeur, «L’éclaircie» de Marc Seberg, chanson dont le propos exhortant à la patience me semblait de circonstance. Cette reprise ayant été bien accueillie, j’embrayai avec un EP, « Le silence ou tout comme », quatre morceaux électroniques composés et enregistrés sur le vif, et chantés d’une voix rentrée. La machine était lancée, et alors, comment l’arrêter ?   

L’envie d’un chant un peu moins confiné(pas un hasard, nous étions entretemps ressortis de chez nous…), et de chansons plus mélodiques portées par des guitares me revint. J'enregistrais et mixais une nouvelle série de titres, dans les mêmes conditions domestiques que la reprise et les quatre titres, et avec des textes qui, comme pour le EP et contrairement à mes vieilles habitudes, ont été écrits dans la foulée sur la musique. J’avais le sentiment de tenir ainsi une sorte de carnet de bord musical de la période, et de la façon dont je la percevais, sans pour autant que les chansons y fassent systématiquement référence. Tout cela formant un tout, porté par une même méthode (improviser des chansons sur des structures mélodiques simples) et _imprégné des incertitudes de l’époque_. D’où« Vie étrange », _dont le désir de garder une trace tangible appelait une sortie en physique, fût-ce en tirage limité. Pas un « nouvel album », avec le branle-bas logistique que cela supposerait. Mais un disque, oui."  _Dominique A.

Un reportage de Yann Bertrand

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