Reportage
Entretien
Mardi 7 décembre 2021
5 min

À Athènes, la remarquable vitalité des créations contemporaines

Ce samedi 11 et ce dimanche 12 novembre, la Philharmonie de Paris organise un weekend consacré à la Grèce, ses mythes, ses traditions, ses musiques. L’occasion de nous pencher sur la création grecque aujourd’hui. Comment se porte-t-elle ? Quelles sont ses influences ? Reportage à Athènes.

À Athènes, la remarquable vitalité des créations contemporaines
The Murderess de Giorgos Koumendakis à l'Opéra National Grec avec Mary-Ellen Nesi, © Valeria Isaeva

À l’image de la ville d’Athènes, en ce mois de décembre et de fêtes, l’Opéra National de Grèce, inauguré en 2017? se met à briller à la nuit tombée. Richement décoré, il accueille en ce moment plusieurs productions qui célèbrent le bicentenaire de l’indépendance du pays. Pour l’occasion, son directeur, Giorgos Koumendakis, a commandé plusieurs œuvres qui interrogent sur l’identité grecque. 

Depuis le début de son mandat, il accorde une grande place à la création. « En étant compositeur moi-même, je considère que la commande de nouvelles œuvres est un outil stratégique de la direction d'un théâtre lyrique. La musique, d'ailleurs, n'existerait pas sans la notion de continuité. Que serait l'opéra sans la création contemporaine? Un musée étouffé par la reprise systématique de certaines œuvres au nombre limité. La politique de notre théâtre est définitivement d'encourager la composition d'œuvres contemporaines. »

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« Quand on est soi-même compositeur, on peut ne jamais entendre jouer sa musique »

En quatre ans, Giorgos Koumendakis a passé 85 commandes d’œuvres. Un soutien précieux pour les compositeurs, et notamment la jeune génération, nous explique George Dousis. Son Opéra, The Magic Pillows, a été donné le weekend dernier, dans un pays où il n’est pas simple de vivre en écrivant de la musique. « C’est très difficile et je dois dire que je suis très heureux de voir que l’Opéra national de Grèce offre l’opportunité à de jeunes compositeurs d’écrire de la nouvelle musique pour le répertoire lyrique. Parce que c’est très compliqué, ça coute très cher, et c’est très difficile de voir ce genre de musique jouée. Quand on est soi-même compositeur, il est possible que l'on n'entendre jamais sa musique jouée. »

Dans La Meurtrière, opéra de Giorgos Koumendakis qui était présenté pour la première fois sur la scène de l’Opéra national le weekend dernier, les influences lyriques européennes se mêlent aux sonorités plus orientales, qui ne sont pas ici de simples ornements. Les récitatifs côtoient les berceuses traditionnelles. 

Un nouveau langage

Un nouveau langage, qui n’est pas facile à diriger, nous explique le chef d’orchestre Vassilis Christopoulos. « Pas seulement au niveau de l’équilibre sonore, mais même stylistiquement, on doit demander aux chanteuses populaires de réagir aux instructions du chef, elles ne sont pas habituées à chanter sous la direction d’un chef d’orchestre. Il faut aussi demander aux chanteurs d'opéra à certains moments de ne pas chanter comme des chanteurs traditionnels d’Opéra. Donc ce n’est pas évident que tous ces éléments se mélangent d’une façon harmonique. Il faut un peu travailler là-dessus. »

L’utilisation de ces sonorités traditionnelles permet également d’attirer un nouveau public, tout comme la présentation d’œuvres de jeunes compositeurs aux styles variés. Élargir le public et toucher la jeunesse font partie des objectifs de l’Opéra national depuis son ouverture.

La première mondiale de La Meurtrière sera diffusée sur Mezzo Live HD le dimanche 12 décembre, à 22h00 (heure grecque).

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