Reportage
Entretien
Mardi 4 mai 2021
2 min

La culture en Belgique, une journée à l'Opéra Royal de Wallonie

A l'occasion d'une captation Hamlet & le romantisme à la française à l'Opéra Royal de Wallonie (Liège), nous nous sommes penchés sur la situation des artistes en Belgique et sur cette institution, marquée par le décès de son directeur général et artistique en février 2021, Stefano Mazzonis.

La culture en Belgique, une journée à l'Opéra Royal de Wallonie
Enregistrement du programme Romantisme à la française , © Opéra Royal de Wallonie-Liège

Sur la scène de l’Opéra Royal, entre les micros dont nous avons désormais l’habitude, les musiciens enfilent leur masques noirs. Ils enregistrent aujourd’hui des airs de Hamlet d’Ambroise Thomas, mais aussi de Massenet et de Bizet. En Belgique, il n’y a pas encore de calendrier officiel pour la réouverture des salles de spectacle. Nous avons demandé à Pierre Fontenelle, violoncelliste soliste de l’orchestre depuis deux ans, comment s’était déroulé son année : « Ça a été un capharnaüm d’émotions assez considérable. Je pense que tout le monde a vécu cette situation de façon assez différente. Nous on est assez chanceux en tant que musiciens d’orchestre, on sait qu’après cette crise sanitaire, le métier pourra reprendre. Mais on a tous extrêmement peur pour nos collègues qui sont freelance et on voit la crise économique qui va arriver. On est en train de demander aux politiciens un soutien pour cela ». 

« Je suis solidaire avec mes collègues belges qui ont eu beaucoup de mal à vivre cette période »

Après de longs mois sans représentation, presque un an, les musiciens de l’orchestre ont repris avec des captations depuis le mois d’avril. Ils accompagnent deux chanteurs et une chanteuse belges, Marc Laho, Lionel Lhote, et Jodie Devos. Installée à Paris depuis deux ans, elle nous fait part des différences entre la Belgique et la France pour les chanteurs lyriques : « Je pense qu’on est tous logés à la même enseigne, on a la chance peut-être en France d’avoir beaucoup d’aides, ce qui n’a pas été le cas malheureusement en Belgique pour la culture, et ça je le regrette vraiment. Je suis solidaire avec mes collègues belges qui ont eu beaucoup de mal à vivre cette période. C’est très difficile de voir des petites compagnies qui sont complètement laissées à l’abandon et des chanteurs qui doivent compter le moindre sou. »

Jodie Devos n’a pas encore eu la chance de pouvoir se produire en public cette année. Elle est très heureuse d’être ici à Liège, dans cette maison où elle a fait ses débuts, avec une grande pensée pour Stefano Mazzonis, directeur général et artistique de l’Opéra, disparu brutalement en février dernier. Le bourgmestre de Liège, également président du Conseil d’Administration de l’institution, Willy Demeyer, revient sur cette disparition :  « Tout d’abord ça a été un choc parce que Stefano Mazzonis a caché son état. La grande majorité ignorait qu’il était malade à ce point. Et son décès a été soudain. Donc au-delà du traumatisme il a fallu rassembler les équipes, et c’est là que le conseil d’administration joue tout son rôle. Pour l’instant nous travaillons d’une manière collégiale ».

Une nouvelle procédure vient d’être lancée pour trouver un directeur ou une directrice générale qui pourrait succéder à Stefano Mazzonis d’ici la fin du mois de juin. Et fêter ainsi les 200 ans de l’institution, peut-être bientôt en public. En attendant des captations sont à retrouver sur le site de l’Opéra Royal de Wallonie. Le programme Hamlet et le romantisme à la française y sera disponible pendant huit jour à partir de jeudi prochain. 

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