Reportage
Entretien
Mardi 1 décembre 2020
2 min

Disquaires en confinement : « Le click and Collect a vraiment limité la casse »

Depuis samedi 28 novembre, les commerces dit « non essentiels » ont rouvert leurs portes et parmi eux, les disquaires. Comment-ont-ils vécu cette période ? A-t-elle modifié leur activité ? Reportage aux Balades sonores, disquaire indépendant situé dans le 9e arrondissement de Paris.

Disquaires en confinement : « Le click and Collect a vraiment limité la casse »
Les disquaires ont pu rouvrir leurs portes le samedi 28 novembre , © Getty / Ian Laker Photography

Les bacs de vinyle ont retrouvé les mains curieuses des clients. Samedi dernier, jour de la réouverture, difficile de voir les sourires sous le masque, « mais les yeux pétillaient », raconte Thomas Changeur, fondateur des _Balades Sonores_. Pendant un mois, pour ce disquaire indépendant, c’est sur internet que tout s’est passé avec le click and collect, service qui permet aux clients de commander en ligne avant de les retirer en boutique . « Le click and collect a vraiment limité la casse, on est très content d’avoir pu faire ça et surtout ravis que les clients aient suivi », déclare Thomas Changeur. « Bien sur on a beaucoup souffert, et on souffre, c’est difficile comme pour tous les commerces indépendants, mais entre le click and collect, le grand dispositif d’aide mis en place, la conscience collective qui évolue sur l’importance du produit culturel, les choses ne sont pas si catastrophiques et on reste confiant pour l’avenir. »

Cela fait trois ans que les Balades sonores ont lancé leur site internet, et depuis six mois, leur catalogue numérique est passé de 2 000 à 5 000 références. Mais si ce système a permis de réduire les dégâts, qu’en est-il de la relation virtuelle avec les clients lorsque l’on est disquaire ? « Grande différence, beaucoup de frustration », répond Thomas Changeur. « C’est très chronophage. En magasin, quand quelqu’un demande conseil, on a le plaisir de montrer immédiatement les disques, de faire écouter. Par mail, on peut aussi faire de la recommandation, mais les échanges ne sont pas immédiats, on n’a pas lancé de « chat balades sonores », de messenger interactif. Et puis ça peut créer des situations d’incompréhension, notamment pour les disques en rupture de stock, ou les disques en retard. Beaucoup de disques annoncés pour le 17 novembre ne sont arrivés que fin novembre ». 

« De la musique douce ou du rock très énervé pour décharger la colère »

Et qu'ont écouté les clients et les clientes confinés ? « Soit des projets de niche sur lesquels on pouvait s'exprimer sur les réseaux sociaux, nos coups de cœur, soit les locomotives, des choses qui se vendent toute seule. L'entre-deux était plus compliqué parce qu'on ne pouvait travailler en magasin. » Et musicalement des choses se sont dessinées, ajoute Thomas Changeur, « soit les gens voulaient du réconfort avec des musiques plus douces, des classiques jazz, de la musique électronique ambiante, ou à l’inverse des choses qui remettent du baume au cœur, qui réaniment. On a vendu plus de funk, plus de disco ou alors du rock très énervé pour décharger un petit peu la colère ».  

Les disquaires ont également bénéficié des aides du Fonds de solidarité et du Centre National de la musique. Ce dernier va accompagner un projet de plateforme, sorte de click and collect officiel pour les disquaires qui doit voir le jour, comme il en existe déjà pour les libraires. Et pour récupérer un peu ce mois de novembre, tout en faisait face aux jauges réduites dans les magasins en décembre, la boutique des Balades sonores sera ouverte 7 jours sur 7 avec des plages horaires agrandies le weekend. 

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