Reportage
Entretien
Jeudi 30 septembre 2021
3 min

Rigoletto, un humoriste qui fait son one man show à l'Opéra de Montpellier

Pour ouvrir sa saison lyrique, l’Opéra de Montpellier a décidé de présenter une nouvelle production assez inattendue de Rigoletto. Une version seul en scène de l’opéra de Verdi, où le bouffon, Rigoletto, est un humoriste, qui raconte et rejoue sa vie.

Rigoletto, un humoriste qui fait son one man show à l'Opéra de Montpellier
Rigoletto à l'Opéra de Montpellier, mise en scène Marie-Ève Signeyrole, © Marc Ginot

La salle Berlioz du Corum de Montpellier se remplie à grande vitesse ce lundi. La générale est ouverte à plusieurs classes d’élèves en prépa, qui pour beaucoup n’ont jamais été à l’opéra. Ils s’apprêtent à voir pour leur première fois une réécriture de Rigoletto, que nous présente sa metteuse en scène, Marie-Ève Signeyrole : « L’idée c’était que Rigoletto soit le personnage principal de l’œuvre, par lequel passe tous les autres personnages. Puisque Rigoletto est un bouffon, je me suis posée la question de ce qu’était un bouffon aujourd’hui et on est très vite venu à l’idée de l’humoriste. Rigoletto est pour nous un personnage de one man, qui écrit à partir de l’expérience de sa propre vie. Il assiste à l’émancipation de sa fille, qu’il n’accepte pas, et il décide de mettre en scène cette angoisse existentielle de père, en mettant en scène tous les personnages de sa vie ». 

« C’est pas de la poussière l’opéra c’est vivant »

Sur scène, Rigoletto, en smoking jaune, fait son one man show devant ses fans, interprétés par le chœur installé dans le public. Comme on est dans sa tête, il y a des chanteurs qu’on ne voit pas, pendant toute la durée du spectacle. Une prise de risque et une vision radicale de l’œuvre, que défend Valérie Chevalier, directrice de l’Opéra de Montpellier :« En fait c’est ça l’opéra, ça a toujours été ça. Quand les Noces de Figaro ont été créés, qu’ont dénoncé Mozart et Da Ponte ?  C’était des faits divers réels. Donc je pense que c’est notre rôle. Et puis il faut que ça parle aujourd’hui. Le bouffon c’est un terme que tous les jeunes utilisent, ça fait 20 ans qu’on parle de bouffons donc oui j’ai envie que les jeunes viennent à l’opéra et qu’ils arrivent à s’identifier et comprennent quelque chose.  C’est pas de la poussière l’opéra c’est vivant, donc il faut que ça leur parle aujourd’hui. »

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Valérie Chevalier nous l’a dit, elle le sait, ce choix peut faire grincer des dents, interpeller. Pour Oriana et ses amis, venus avec leur classe prépa scientifique ATS, adaptation technicien supérieur, ça n’a pas vraiment pris : « Je m’attendais pas du tout à ça. J’avais jamais vu d’opéra de ma vie mais on m’avait expliqué que c’était quelque chose de plus classique,  là ça sortait trop de l’ordinaire je trouve. Et on n’a plus vraiment le lien avec l’histoire en fait, on réfléchit trop donc on n’a plus le temps d’écouter les voix, l’orchestre. C’est dommage. »

Aucun doute cependant pour les jeunes concernant la performance des chanteurs, notamment le baryton Gëzim Myshketa, qui interprète Rigoletto et qui est sur scène pendant tout le spectacle. Pour le reste, c’est donc à vous de juger, jusqu’à dimanche à Montpellier.

L'équipe de l'émission :