Reportage
Entretien
Jeudi 24 décembre 2020
2 min

Fous de Wagner

Les quatre volets de la Tétralogie seront diffusés sur France Musique entre le 26 décembre et le 2 janvier. L’occasion de vous proposer un reportage sur les passionnés de Wagner, l’engouement et la fascination que suscite la musique du compositeur allemand.

Fous de Wagner
Buste de Wagner à Bayreuth , © Maxppp / Daniel Karmann

Le 6 décembre dernier, à l’Auditorium de Radio France, l’Orchestre de l’Opéra de Paris achevait l’enregistrement de son intégrale du Ring, non pas avec Le Crépuscule des Dieux mais avec Siegfried. Et à peine sorti de scène, l’alto solo Laurent Verney, grand passionné de Wagner, également alto solo à Bayreuth, nous a fait part de son émotion :  « Pour moi c’est de la drogue dure. Quand je joue cette musique, le lendemain je suis un peu cassé, mais sur le moment ça me porte. C’est incroyable, c’est inexplicable, c’est une musique qui vous porte vers le haut ».

Dans le monde entier, les fervents amateurs de Wagner se réunissent dans des Cercles Wagner. Celui de Paris organise des conférences, des rencontres, des voyages autour de la vie du compositeur. Annie Benoit en est la présidente. Nous lui avons demandé, pourquoi cet engouement autour du compositeur qui divise aussi ? 

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« Wagner c’est un tout. On le sait, il a fait les livrets. Avec lui, on rentre dans un monde. Je pense à Proust aussi, c’est pareil, on aime Proust où on le déteste. Et les personnes qui écoutent Wagner, il y’en a beaucoup qui n’écoutent rien d’autre. Mais c’est vrai qu’il n’y a que ce compositeur qui fait qu’on est wagnérien, ou on ne l’est pas du tout ». 

Impossible de mentionner Wagner sans parler de Bayreuth, festival crée par et dédié à l’œuvre du compositeur allemand. Il se tient chaque été. « Les gens qui assistent au festival de Bayreuth sont des passionnées. Vous ne pouvez pas aller là-bas pour vous montrer et rester des heures sur des sièges inconfortables pour écouter Parsifal. Les gens se retrouvent à l’entracte et c’est là qu’il y a des discussions pas possible. J’en ai vu qui n'étaient pas contents, prêts à en venir aux mains. »

Des débats houleux sur les chanteurs, mais aussi sur les mises en scène, il y en a également lors des Congrès internationaux qui rassemblent chaque année tous les membres des Cercles Wagner dans le monde, allemands, autrichiens, italiens ou encore danois. Le Danemark est un pays particulièrement féru de Wagner. Une affection née des similitudes entre les sociétés bourgeoises des deux pays au 19e siècle. On écoute Philip Briggs Madsen, enseignant, spécialiste et grand passionné de la musique de Wagner : 

« C’était plus facile pour la société bourgeoise au Danemark de comprendre la musique de Wagner, parce que la langue allemande est proche du danois et parce qu’automatiquement il y a un intérêt partagé pour les mythes présents dans le Ring ; on peut directement comparer Wotan et Fricka, personnages de la Tétralogie, avec Odin et Freyja, dieu et déesse de la mythologie nordique. Cet héritage culturel nous rapproche plus de Wagner que des grands opéras romantiques italiens. »

C’est un air de La Walkyrie qu’interprète Philip Briggs Madsen, son œuvre favorite de Wagner. C’est également le Ring que cite Annie Benoit, quand on lui pose la question de son œuvre préférée. Tristan et Isolde pour l’altiste Laurent Verney. « Dans Tristan il y a tout », dit-il, « la passion, l’amour, la beauté. Sur une île déserte c’est l’opéra parfait ».

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