Reportage
Entretien
Jeudi 11 mars 2021
2 min

Quand la musique se mêle à l’archéologie

Depuis le début de la crise sanitaire, et la fermeture des lieux de spectacle, plusieurs artistes ont investi les musées, pour des représentations filmées. Au Musée d’Archéologie nationale, à Saint-Germain en Laye, c’est l’Ensemble Calliopée qui s’est produit, devant des caméras.

Quand la musique se mêle à l’archéologie
Deux musiciennes de l'Ensemble Calliopée au Musée d'Archéologie Nationale, © Karine Lethiec

C’est dans la salle d’archéologie comparée, une salle voûtée de brique, que l’on retrouve la soprano Coline Infante et la harpiste Delphine Benhnamou. Entre les vitrines et les amphores, elles interprètent un programme Musique et Muses, qui remonte aux origines de la musique. Il a été entièrement pensé avec le musée, raconte Karine Lethiec, directrice artistique de l’Ensemble Calliopée : « Tout le projet s’est fait en collaboration avec l’équipe et les conservateurs du musée, dans le sens où nous travaillons sur les collections. Lorsque dans ce projet Musique et Muses nous abordons l’Antiquité revisitée, que ce soit par Debussy, par Rave ou Fauré, nous nous appuyons sur des objets qui sont dans le musée. On peut retrouver un magnifique Apollon, des petites Cybèle, en hommage à l'opéra Atys qui termine le programme. J’espère que ce projet musico-archéo permet de découvrir des œuvres musicales, de les mettre en regard de l'histoire. » 

L’Ensemble Calliopée est en résidence depuis 2018 au Musée et y prépare 4 projets cette année. Une présence qui permet de jeter une autre lumière sur les collections, explique Daniel Roger, adjoint à la directrice du Musée d’Archéologie Nationale : « Notre souhait, c’est que les gens comprennent que même si on n’a pas particulièrement d’appétence pour l’archéologie, qui est une discipline scientifique qui parfois peut être un peu austère pour certaines personnes, il y a d’autres approches possibles, des approches plus esthétiques sur ces collections et qui sont tout aussi valables, et qui redonnent un intérêt nouveau aux collections ». 

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« Les collections sans visiteurs ce sont des objets qui dorment dans des vitrines »

Initialement ce concert devait être ouvert au public. Le musée et l’ensemble se sont adaptés à la situation, en le filmant, ce qui offre une autre expérience de concert, raconte Karine Lethiec. Et permet de faire vivre le musée aujourd’hui fermé, selon Daniel Roger  :  « Les collections sans visiteurs ce sont des objets qui dorment dans des vitrines, il faut vraiment les yeux des visiteurs pour les faire vivre. Donc là on a essayé de jouer sur ce film qui montre les objets, les espaces, les vitrines, mais aussi sur cette nouvelle ambiance que crée la musique, sur ces musiciens qui font d’un seul coup vibrer l’espace, les objets. C’est vraiment quelque chose qui permet de rattraper cette terrible frustration. »

Ces films permettent aussi de laisser des traces, comme ici dans ce programme une création de Graciane Finzi, à partir de l’un des plus anciens chants au monde, l’hymne hourrite à la Déesse Nikkal, gravé il y a plus de 3 000 ans au Proche Orient. C’est donc à découvrir sur le site du Musée. Trois autres projets sont ensuite à venir, dans la continuité du programme Musique et Muses, une visite musicale du musée, Une pierre raconte, autour d’une dalle ornée bretonne de l’âge de bronze avec une création de Benoit Menut, et CosmoSono, interrogation sur le ciel, depuis les grottes ornées préhistoriques jusqu'aux ondes gravitationnelles, avec une création de Kystof Maratka.

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