Reportage
Entretien
Jeudi 10 décembre 2020
2 min

L'atelier des artistes en exil

Dans le 2e arrondissement de Paris, rue d’Aboukir, un grand bâtiment abrite l’Atelier des artistes en exil. Crée en 2017 par Judith Depaule et Ariel Cypel, il accueille et aide les créateurs exilés qui ont trouvé refuge en France. Visite.

L'atelier des artistes en exil
Cleve Nitoumbi à l'Atelier des artistes en exil, © Christophe Maout

C’est dans l’espace d’accueil, que tout commence. Une fois la porte de l’Atelier poussée, on a sur notre gauche un guichet, une cuisine aux discussions animées sur notre droite, et au milieu un espace de vie jonché de canapés. Nous sommes accompagnés par Ariel Cypel, co-fondateur de l’Atelier, dont il nous explique les activités : 

« D’abord on est un espace de travail, parce qu’un artiste qui ne peut pas travailler, de fait, il n’est plus artiste, donc l’Atelier des artistes en exil c’est d’abord des studios de travail pour les artistes en exil, de tout champs disciplinaires artistiques. La deuxième chose que l’on fait c’est de nous occuper de la structuration professionnelle des artistes, en organisant nous-mêmes des événements culturels, en présentant les artistes aux professionnels, en prenant soin de leur formation et de leur intégration professionnelle et en mettant au point la médiation artistique. »

De la salle de couture, en passant par la salle de français

En tout, plus de 200 artistes de 45 nationalités différentes côtoient ce lieu qui possède atelier de peinture, de couture, salle de post-production. Une salle de cours aussi, puisque l’Atelier propose des cours de français. Ici, le suivi est artistique mais aussi social, avec une permanence juridique hebdomadaire, des psychologues bénévoles et toute une équipe administrative qui s’occupe, entre autre, des demandes de logement social ou de la CAF : 

« On ne peut pas aider un artiste à se réaliser en tant qu’artiste, si on ne prend pas en compte la dimension sociale. Si vous dites à quelqu’un "voilà j’ai un espace pour toi, des pinceaux, un chevalet, et qu’ils vont répond oui mais moi j’habite dans la rue avec ma femme et mes enfants", il ne viendra pas peindre. Donc il faut essayer de régler globalement les difficultés pour pouvoir avancer. »

La rencontre de sensibilités différentes

Pendant notre visite, nous rencontrons Daniel Blanco, musicien et ingénieur du son vénézuélien, de 26 ans. Arrivé en 2018 en France, lors des manifestations dans son pays, il est aujourd’hui chargé du Pôle musique de l’Atelier :  « Je suis venu en France avec l’idée de rester ici, de ne plus rentrer. Ce que l’endroit m’a apporté ? Un espace de travail, un espace calme, avec l’équipe prête à me donner de l’aide soit avec les démarches juridiques, administratives … Et aussi, je n'arrête pas d’être en relation avec des visions et des sensibilités complètement différentes ». 

L’Atelier devait présenter en ce moment les œuvres de ces artistes avec la 4e édition de son festival Visions d’exil, D’un confinement à l’autre. Suspendue en raison de la crise sanitaire, elle est remplacée pour le moment par des vidéos à retrouver en streaming sur son site. En attendant, son ouverture prochaine, on l’espère au Pavillon carré de Baudoin, avec, parmi les œuvres, une installation sonore de Daniel Blanco. 

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