Reportage
Entretien
Jeudi 3 décembre 2020
2 min

Etre jeune instrumentiste en 2020

Comment fait-on quand on a terminé ses études au conservatoire et qu’on se lance pleinement dans une carrière d’instrumentiste en 2020 ? En pleine crise sanitaire, les jeunes musiciens ont été privés de concert. Ont-ils gardé la motivation ? Réponse avec des élèves du violoncelliste Jérôme Pernoo.

Etre jeune instrumentiste en 2020
La violoncelliste Anastasia Kobekina, © Radio France / Capture d'écran Générations France Musique, le Live, enregistré le 13 avril 2019

Tout au long de l’année, dans son émission Génération France Musique, le live, Clément Rochefort met en avant et soutien les jeunes interprètes. L’émission est diffusée le samedi, en direct depuis le Théâtre de l’Alliance française à Paris. Samedi 28 novembre il recevait le violoncelliste Jérôme Pernoo accompagné de deux anciens élèves. Parmi eux, le violoncelliste américain Johannes Gray, qui était particulièrement heureux de pouvoir monter sur scène : « J’ai terminé mes études en juin et maintenant c’est un peu vide. En même temps, avec cette période, on voit l’importance de faire les choses nous même, il faut contacter les gens, faire des vidéos, les envoyer, il faut tout faire, encore plus qu’avant ! »

Cet été, le tout jeune diplômé de 23 ans devait notamment effectuer une grande tournée en Asie centrale, qui a été annulée, repoussée. Se lancer dans une période où les concerts sont quasiment inexistants c’est compliqué, mais la violoncelliste de 26 ans Anastasia Kobekina veut garder de l’espoir : « Je suis optimiste parce que je pense que les temps de crise c’est aussi des temps de possibilité. Cette crise nous a appris à être souple, flexible. On ne peut pas choisir, on ne peut pas aller vivre sur une autre planète donc il faut être positif sinon, c’est trop triste ! »

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« Des jeunes dont les ailes sont coupées au moment du lancement »

« Quand je les entends parler comme ça je réalise à quel point j’ai une responsabilité », répond à leurs côtés, le violoncelliste Jerôme Pernoo. C’est pour cela qu’il a crée le Centre de Musique de Chambre de Paris, qui a pour vocation l’insertion professionnelle des musiciens : « J’ai beaucoup de compassion pour ces jeunes dont les ailes sont coupées au moment du lancement, c’est vraiment très dur, psychologiquement, et puis de manière pragmatique, il faut refaire tout ce que l’on avait commencé ».

Une situation de crise que Jerôme Pernoo n’a pas connu lorsqu’il est sortait lui, du conservatoire. Mais outres la crise sanitaire, comme le racontait Johannes Gray, d’autres changements fondamentaux sont apparus ces dernières années  : « Aujourd’hui l’artiste lui-même est un centre qui propose différentes choses, qui fait sa propre communication sur les réseaux sociaux, qui produit lui-même ses spectacles ou ses enregistrements. Ça commençait à être le cas quand je sortais du conservatoire mais ça n'était pas encore comme ça. Et en même temps ça devient du coup extrêmement riche parce qu’on a beaucoup de projets très différents, avec des gens qui réfléchissent à comment transmettre ce qu’ils ont envie de transmettre ».

Jerôme Pernoo rappelle que si ces musiciens sont jeunes, cela fait déjà 20 ans qu’ils travaillent leur instrument, en ayant commencé à l’âge de 3 et 5 ans. « Ils connaissent le sujet et ce n’est pas une crise qui va les empêcher de jouer de la musique ».

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