Reportage
Entretien
Jeudi 2 septembre 2021
3 min

Des festivals d’été lassés par l’incertitude

Comment se sont déroulées les éditions 2021 des festivals d'été en plein air ? Pass sanitaire, jauges limitées, pluie et météo … C’est un reportage de Sofia Anastasio.

Des festivals d’été lassés par l’incertitude
Le Collectif de L' Autre Moitiée, © Radio France / Sofia Anastasio

Sur la scène du Parc Floral de Paris, le Collectif de l’Autre Moitié fait voyager son jeune public sur la route des Balkans. Le Festival Pestacles, qui fait partie des Festivals du Parc Floral, bat son plein. Emilie Houdebine est à sa tête, et nous lui avons demandé comment s’était passé cet été : «  Comme pour tous les festivals qui ont pu avoir lieu, c'était une édition un peu difficile à monter, avec un certain nombre de réadaptations. Ca n'a pas été très ensoleillé, donc il y a eu des jours avec moins de fréquentations, quand il y avait des annonces de pluie, mais dans l’ensemble on a plutôt un très bon taux de remplissage donc on est content ». 

En raison des normes sanitaires, à Royan, cette année encore le festival Un violon sur le sable n’a pas pu organiser ses grands concerts sur la plage. Il a donc fallu s’adapter, avec une version XXL de son festival off, Un violon sur la ville, et des concert plus intimistes dans des lieux différents pendant 23 jours. Une expérience très positive, nous déclare son directeur, Philippe Tranchet, qui ne cache cependant pas son regret : « On a appelé ça En attendant la plage, parce qu'on a une grosse nostalgie, entretenue par le public, de ces grands-messes qui se déroulaient autrefois sur la plage, et qu’on espère un jour retrouver ».

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Comme un architecte qui doit détruire sa maison

Après un an et demi de pandémie, et une édition 2020 déjà bouleversée ou annulée, la lassitude se fait sentir chez Emilie Houdebine comme pour Philippe Tranchet : « Moi je suis comme un architecte qui construit une maison, donc qui prend des employés pour la fabriquer, et à qui on dit ‘bah non, vous devez la détruire, et si vous voulez recommencer l’année prochaine, il faudra tout reconstruire’. Un violon sur le sable ça se prépare au moins un an à l’avance. Et là, j’avoue que c’est un peu difficile de se motiver avec l’incertitude, parce que personne ne peut nous dire évidemment que l’on pourra mettre 60 000 personnes sur une plage dans un an ».

L'édition 2022 ? Tous deux y réfléchissent ou y travaillent doucement. « On commence avec du retard », déclare Emilie Houdebine. « Toutes les heures je change d’avis », explique de son côté Philippe Tranchet, qui ajoute « peut–être vaut-il mieux attendre encore un peu ».

L'équipe de l'émission :