Reportage
Entretien
Jeudi 1 octobre 2020
2 min

Festival d'Ambronay, se réinventer pour exister

Jusqu’au dimanche 4 octobre se tient l’édition 2020 du Festival d’Ambronay. Une édition totalement repensée, pour pouvoir se maintenir en ces temps de crise sanitaire. Reportage.

Festival d'Ambronay, se réinventer pour exister
Concert Mariana Flores avec Leonardo Garcia Alarcon et la Cappella Mediterranea à Ambronay, © Bertrand Pichene - CCR Ambronay

Depuis le 18 septembre, la musique résonne entre les murs de l’Abbaye d’Ambronay. Mais si festival a bien lieu, son maintien n’était pas forcément évident explique Marina Roche Lecca, secrétaire générale au centre culturel de rencontre d’Ambronay : « Oui on a douté, forcément, comme tout le monde. On est passé par différents scénarios, on s’est organisé en groupes de travail pour travailler sur des thématiques différentes et trouver dans ces nouvelles formes l’occasion de vérifier certains désirs, certains questionnements qu’on avait depuis quelques années. On a essayé d’organiser surtout la convivialité autrement ».

« Pour plaire à tout ceux qui venaient l’écouter monsieur Couperin, dans son pieux ouvrage, de l’opéra français emprunte le langage ». Parmi les nouveautés du festival nées de la contrainte sanitaire : la mise en place de crieurs.  Avant chaque concert, comédiens et comédiennes de La Toute Petite compagnie présentent le programme de la soirée, comme Marie-Ange Gontara : « Comme les contraintes liées au Corona virus ont empêché le festival de procurer les programmes papiers habituels, ils ont sollicité des comédiens pour lire des textes qui ont été écrits par des étudiants en musicologie au Conservatoire de Lyon pour présenter ce que les gens vont écouter, avec une petite explication. Et on agrémente ça avec nos compétences, moi je chante, j’ai mon collègue là-bas qui danse, chacun apporte sa petite touche personnelle pour agrémenter la chose »

Un jour après l'autre

Il y avait également cette année un concert à la carte, un récital de la soprano Mariana Flores avec Leonardo Garcia Alarcon au clavecin et à la direction, avec la Cappella Mediterranea, dont public avait choisi préalablement le programme.

Et il n’y a pas que ce programme qui était à la carte dans cette édition, nous explique Pierre Bornachot, directeur adjoint et délégué artistique du Centre culturel de rencontre d’Ambronay : « Pour les tarifs on est parti sur des choses complètement inhabituelles pour Ambronay, puisqu’on a décidé de proposer un tarif libre, mais guidé. Par exemple dans l’Abbatial c’est 10 euros 20 euros ou 40 euros donc vous pouviez très bien cette année venir écouter Les Leçons de Ténèbres par les Arts Florissants et William Christie pour 10 euros, tout en étant placé aussi bien que si vous aviez payé 60 euros l’année d’avant ». 

Pour ces Leçons de Ténèbres, comme pour tous les concerts à l’Abbatiale, la durée du concert était réduite à 1h et la scène était déplacée en début de nef, pour avoir autant de public d’un côté que de l’autre. Des mesures préventives, qui n’effacent cependant pas toute craintes d'annulation face à la situation sanitaire dans le pays : « C’est un jour après l’autre, ou à chaque jour suffit sa peine. On profite de tous les moments qu’on vit. Au moment où je vous parle on est à la fin du deuxième weekend, ce qui est déjà bien, on est très heureux d’être arrivé jusque là, on a eu des moments fabuleux. On est confiant parce qu’on a mis tout en oeuvre pour que ça se fasse dans les meilleures conditions, on a réduit la jauge de 900 à 250 places, les gens sont distanciés, masqués. On avait vraiment tout prévu pour que cette épée Damoclès soit la moins présente, mais bien sur qu’elle est là ».

A la fin du festival, un bilan de ces nouvelles actions, sera dressé, pour voir si certaines de ces expérimentations peuvent se pérenniser. 

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