Reportage
Entretien
Mercredi 24 novembre 2021
3 min

Les Orchestres Colonne et Lamoureux, se réinventer dans la tradition

L’Orchestre Colonne, l’Orchestre Lamoureux et l’Orchestre Pasdeloup ont un point commun, ces formations sont des Orchestres Associatifs Parisiens. Fondés tous les trois à la fin du XIXe siècle, ils continuent chacun de défendre leur histoire, tout en essayant de se réinventer.

Les Orchestres Colonne et Lamoureux, se réinventer dans la tradition
L'Orchestre Lamoureux à la Folle Journée de Nantes en 2013, © Maxppp / Franck Dubray

Lorsque l’on demande aux membres de l'Orchestre Lamoureux et de l'Orchestre Colonne de présenter leur ensemble, un mot revient immédiatement, « histoire ». Fondés respectivement en 1881 et 1873 par Charles Lamoureux et Edouard Colonne, ces orchestres associatifs sont fiers de leur longévité, nous explique Sébastien Escobar, timbalier, percussionniste à l’Orchestre Colonne, et président de l’ensemble : « Nous portons les valeurs d’Edouard Colonne, qui étaient de défendre son époque avec passion, et également les jeunes talents de son époque. Donc nous nous inscrivons pleinement dans cette direction et dans cette ligne artistique. Nous avons une énorme envie de nous retrouver, de donner, au plus profond de nous, tout ce que nous avons pour la musique. C’est peut être ça, un orchestre associatif. »

Fidèles à cette tradition, ils défendent la musique française, le grand répertoire et la création contemporaine. Leur activité est financée grâce aux subventions, aux concerts qu’ils vendent en accompagnant des artistes de musique actuelle, et à leur billetterie, ce qui les rend de fait tributaires du remplissage des salles. « Je pense que le maitre mot des orchestres associatifs c’est la réinvention. On a besoin en permanence de se réinventer, car malheureusement on n’a pas les mêmes moyens que les orchestres permanents », déclare Hugues Borsarello, violoniste et conseiller artistique de l’Orchestre Lamoureux. Cela nous oblige finalement à nous réinventer en permanence, à inventer de nouveaux types de concerts, à aller chercher de nouveaux publics. C’est ça qui est très intéressant. Et la plupart du temps, beaucoup des idées des orchestres associatifs intéressent par la suite les orchestres permanents. On est dans la réflexion permanente ».

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Apporter une énergie nouvelle

Parmi les idées qui intéressent beaucoup, il y a les bébé concerts, qui s’adressent au très jeune public, ou encore la rencontre avec d’autres univers, comme le concert qui célébrait les 15 ans du label électro Ed Banger. La transmission et la pluridisciplinarité sont également défendues par l’Orchestre Colonne qui vient tout juste de nommer un nouveau directeur musical, Marc Korovitch, âgé de 34 ans. Il souhaite s’inscrire lui aussi dans cette « tradition qui se modernise » : « Je pense que c’est très important d’apporter une énergie, une personnalité, tout en s’insérant dans une structure qui a déjà un fonctionnement qui est très fort parce que chaque musicien est détenteur d’une part de l’orchestre. Il y a un comité artistique, un violon solo, une administration, un président. Tout se fait de façon collégial et je pense qu’on est plus fort à plusieurs que tout seul. »

Et voici ce que répond Marc Korovitch à ceux qui qualifieraient ces ensembles de surannées : « Déjà il faudrait qu’ils viennent voir ce qu’il s’y passe, parce que je pense, et je sais que mes collègues de Lamoureux et Pasdeloup sont aussi dans cette dynamique, qu'il y a quelque chose qui se dégage des concerts, parce que ce sont des musiciens qui ont beaucoup d’expériences ailleurs, et quand ils viennent à Colonne c’est parce qu’ils ont envie de s’investir, de jouer ensemble. Et c’est tout sauf suranné. »

En ce début d’année difficile, ces ensembles n’échappent pas à la frilosité des spectateurs, moins nombreux. Sauf, pour les bébés concerts, « c’est un carton », déclare Hugues Borsallero de l’Orchestre Lamoureux. Avec les 0-5 ans, l’ensemble a décidemment trouvé un bon filon.   

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